Poursuite de mon DIU de réadaptation à Tours

Quelques impressions glanées ça et là à Tours et en cours (désolé pour les rediffusions pour ceux qui me suivent sur twitter).

La Briocherie en face de la gare de Tours. Institution dont le décor n’a pas changé depuis pffff des lustres. Pas grave, au contraire, une bonne partie du charme de cette petite boutique vient de là. Sinon les brioches sont délicieuses. J’ai tweeté dessus ce matin en partant, et l’effet madeleine de Proust a joué à fond:

J’étais au départ du 4 foi-sans ce matin à St Gatien.

Promenade dans le vieux Tours.

Le monstre a des choses à dire…

La plaque du sixième centenaire dira que Jeanne d’Arc a été hébergée à ces coordonnées GPS. En 1929, ils voulaient vraiment associer la sainte et Tours.

Quetzalcóatl a lui aussi fait une halte à Tours. Tours, une Citée d’Or?

Des internes marchant d’un pas très caractéristique dans une coursive de Bretonneau. Comment définir le pas de l’interne? Difficile à dire mais quand je l’étais je marchais ainsi.

Le jardin des simples du superbe parc botanique de la ville. J’ai repéré quelques plantes sympas: millepertuis, colchique…

Le nom des 2 énormes amphis de PACES est étonnant. Quels meilleurs noms que ceux de deux dévoreurs pour une année qui dévore ses étudiants?

Les cours sont été très intéressants et variés cette première journée. On passe du pratique à des points beaucoup plus techniques.

Sujet capital pour les patients. Comme toujours dans les cas complexes, le bon sens prévaut. Un des messages à faire passer aux patients: l’activité sexuelle est une activité physique comme une autre. Un sédentaire qui n’a aucune activité physique ne peut que favoriser une situation d’échec.

Pour conclure, si vous vous intéressez à la réadaptation cardio-vasculaire, je vous conseille la lecture de ce BEH de décembre 2016. On y lit que la réadaptation, malgré toutes les recommandations est encore trop largement sous-utilisée en France, que la situation est très hétérogène selon les régions, et on voit enfin une claire montée en puissance de l’HDJ.

Carryology

J’aime beaucoup le terme anglais de carryology, que j’ai emprunté à un fabuleux site qui s’intéresse donc à la science du portage.

Je cherchais depuis quelques temps un moyen de porter mes affaires professionnelles et un Mac Book Air.

Mon sac à Dépêches est toujours aussi somptueux après 4 ans d’utilisation intensive, mais l’intérieur est beaucoup trop délicat pour transporter un ordinateur portable avec des tranches, des arrêtes et des coins. D’ailleurs, vivre avec un sac à dépêches nécessite tout un tas de petites habitudes ou rituels difficiles à suivre consciencieusement en voyage.

1En effet, pas question de le poser par terre ou même hors de vue. Au restaurant, par exemple, je le pose à plat sur une chaise, sinon entre mes mollets, reposant sur mes chaussures, ou entre le dossier et mon dos. Je dois toujours penser à ne pas le faire frotter contre une surface rugueuse quand je marche, je mets mes clefs et tout objet agressif dans des trousses… Bref, parfois, l’étiquette à la cour de mon cartable est un peu difficile à suivre.

2Ce sac à dépêches reste une merveille, un chef d’oeuvre intemporel, qui ne cesse de me plaire, malgré une utilisation continue depuis 4 ans et quelques servitudes quotidiennes. Avec l’âge, il a pris de l’embonpoint, comme moi, mais lui, il a vieilli magnifiquement.

Revenons à ma recherche du sac parfait pour mon utilisation.

Je me suis mis en quête d’un sac secondaire pouvant transporter sans inconvénient un ordinateur portable et mes affaires, solide, et peu exigeant. Enfin, ce n’est pas le plus important, si possible pas trop moche.

3J’aurais pu prendre n’importe quelle sacoche en nylon, mais je préfère largement les matières naturelles. J’avais aussi envie de sortir des sentiers battus en évitant les grandes marques. Et puis, qu’est-ce qui est plus excitant qu’une chasse à l’objet parfait? 

8 9(Le rabas à pression est très pratique lorsque l’on ne veut pas fermer constamment son sac avec la (très) grosse fermeture éclair.)

Après quelques clics, je suis tombé sur un fabricant comme Bleu de chauffe. J’ai été séduit par le « Fabriqué en France », mais l’artificialité de la marque et son absence d’histoire m’ont un peu rebuté. Je suis peut-être passé à côté de quelques chose, car les quelques revues sur leurs produits sont plutôt positives. Je cherchais un objet utile, avec si possible une légitimité et une histoire qui font que cet objet soit plus qu’un simple assemblage de matériaux. Or, pour toutes les marques, la fausse patine se voit rapidement et on ne peut pas s’inventer une histoire centenaire du jour au lendemain. Je me suis un peu plus arrêté sur Ruitertassen, puis sur Delvaux mais je ne cherchais pas un nouveau cartable.

Puis après quelques recherches supplémentaires, j’ai trouvé une marque américaine, Filson qui est encensée par tous ses utilisateurs qui forment même une petite communauté d’afficionados. Il s’échangent notamment leurs clichés de sacs qui restent superbes au bout de 20 ans d’utilisation qu’on imagine intense (ici 5 ans, et son propriétaire l’a ciré).

1472244346768(Celui-ci a 20 ans d’âge. Tous les américains qui parlent de leur Filson ont une larme à l’œil en précisant qu’ils sont fabriqués aux EU. Trump a su toucher juste.)

Filson existe depuis 1897, la société fournissait les mineurs des différentes ruées vers l’or, et s’est taillée une solide réputation dans la confection d’objets résistants, pratiques et rustiques. Tous leurs objets sont garantis à vie, et Filson possède un département réparation qui est tout à fait la négation de l’obsolescence programmée. (ici et ici)

filson-restoration(Les sacs hors d’âge, restaurés par Filson sont vendus le double du prix du neuf sur Ebay…)

Ils se sont beaucoup développés ces dernières années, grâce à la terrible mode Hipster, qui impose aux urbains de porter une barbe et de s’habiller en bucherons canadiens chasseurs d’ours, en plein cœur du Marais (uhuhu) ou de Wall Street. Ce développement a néanmoins un intérêt, c’est de pouvoir dorénavant acheter leurs articles sans avoir à aller à Londres, ou aux US.

7 10(Ce sac accueille largement un MacBook Air et ses accessoires. Le nombre de poches et de compartiments est largement suffisant pour mon utilisation)

En France, deux distributeurs dominent les recherches Google: WannAcess et RoyalCheese. Pour aller voir des sacs Filson « en vrai », j’ai fait un saut chez RoyalCheese. La qualité des sacs dépasse largement ce que laissaient imaginer les photos que j’avais vues sur la toile.

4Mais comme je ne voulais pas acheter un sac au prix du Marais, j’ai poursuivi mes recherches jusqu’à tomber sur la boutique en ligne de Franck Mourareau de Pyrene Bushcraft. C’est de toute évidence un passionné de nature  (d’Outdoor pour ceux qui ne sont pas des badgers), de contact très sympathique et pro, accessible aux questions, et pour ne rien gâcher, ses prix sont très raisonnables.

5(Le petit plus, un porte-clés intégré dans une poche extérieure, très pratique quand on utilise souvent ses clés)

6(Serge de coton très résistante et hydrofuge, développée par Filson)

Il est possible de commander des articles absents de son site à condition qu’ils soient présents sur le catalogue Filson Europe, qu’ils soient payés d’avance, et enfin les retours ne sont pas acceptés.

Comme son Original Briefcase me convenait parfaitement, je l’ai commandé et reçu sans souci 2 jours ouvrés plus tard. Donc service parfait.

Ce cartable Filson est aussi américain que mon sac à dépêches est français. Ils représentent chacun dans leur genre un certain aboutissement de la carryologie. Le premier est rustique, pratique, pragmatique, construit pour durer, une Jeep en somme, le second est somptueusement discret (et discrètement somptueux).

J’espère que cette petite revue vous a été utile et vous donnera envie de découvrir les produits Filson.

Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, j’ai payé intégralement mon sac au prix indiqué, et je n’ai aucune autre relation avec Filson ou les entreprises commerciales citées dans cette note.

 

Louxor, j’adore

Hier, un excellent déjeuner musical place Joseph Rau m’a conduit, de retour à la maison à parcourir les standards de la variété française dite « à texte » sur Youtube.

place-rau(pas de souci, je n’ai pris la sale habitude mettre des © de partout, mais je testais une nouvelle application photographique)

Trois heures plus tard, après avoir couvert les années 60-70 britanniques et américaines, j’ai découvert Philippe Katerine.

Juste avant, quand même, j’ai appris l’existence de Marly-Gomont (je dois être le dernier):

Je ne connaissais Philippe Katerine que par Louxor, j’adore:

Mais en fait, j’ai découvert un artiste complet qui joue sans cesse sur sa crédibilité. Il a même déstabilisé les chroniqueurs pourtant blasés de ONPC:

Il lui faut une émission totalement déjantée et quelque verres dans le nez pour perdre un peu pied:

Parfois, on regarde bouche bée, immobile, ne sachant pas comment prendre ce que l’on voit, qui est de prime abord d’une stupidité abyssale.

Après, un petit doute s’installe, est-ce qu’il n’y aurait pas autre chose? Est-ce que la production de Philippe Katerine ne serait pas comme un miroir?

Pour moi, l’art, notamment contemporain est un miroir tenu à bout de bras par l’artiste, et dans lequel nous nous reflétons, ce qui nous permet en retour de… réfléchir. Une œuvre va autant nous enrichir que nous l’enrichissons. Si il n’y a rien à refléter, et bien… on ne voit rien.

L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire.

Pierre Soulages

Philippe Katerine, c’est un peu comme de l’art contemporain… Réflexion profonde ou immense foutage de gueule, tout ne dépend que de celui qui se regarde dans le miroir.

art-contemporain

(Crédit inconnu)

J’ai enfin retenu de Katerine cette citation qui est finalement une réflexion sur la mort et le fait que les objets nous survivent.

vaisselle

« Ah ! j’adorerais être une assiette. Ça fait partie d’une vie, on la remplit de nourriture, et puis après elle est lavée, essuyée … On s’occupe tout le temps d’une assiette. On n’est jamais seule quand on est une assiette. Et puis on va passer le pain pour saucer … Pour une assiette, ça doit être dément. Sensualité max. »

P. Katerine.

Quoique…

Doromamire no Tora de Hayao Miyazaki

Je n’ai jamais lu de Manga, je n’accroche pas vraiment en fait, mais j’en ai découvert une qui m’a interpellé cet été.

Cet été, donc, entres hommes (mes 2 fils et moi), nous avons parcouru 4300km en voiture pour visiter 3 musées de chars: Munster, Bovington et Saumur. Pour résumer un peu rapidement, Munster est bien sans plus, la collection de Saumur est superbe mais la muséographie respire l’indigence par manque cruel de moyens, alors que la collection de Bovington et sa présentation hyper-pédagogique sont fabuleuses.

tigreiLe beau Tigre I de Munster.

ddUn très rare Sherman DD (ils ont presque tous coulé le jour du débarquement) avec sa jupe à Bovington.

thomasThomas en soldat du corps expéditionnaire britannique en Afghanistan (Bovington).

fireflyUn superbe Sherman Firefly avec son canon 17-pounder (un des rares chars alliés pouvant rivaliser avec les Tigres), et un Cromwell en arrière plan à Bovington

thomas1Thomas en officier britannique de la première guerre mondiale à Bovington

jagdtiger« LE » Jagdtiger de Bovington.

pantherLe très beau Panther recouvert de Zimmerit (ou plutôt de colle à carrelage après restauration) de Saumur. A droite, l’uniforme d’Otto Carius.

wittmannAu Cimetière militaire allemand de la Cambe, la tombe du pas très sympathique (mais très doué) Michael Wittmann et de son équipage. Vous remarquerez l’âge des combattants…

Bref, le thème de l’été était blindé. J’ai ainsi découvert Otto Carius, pharmacien de son état qui fut un redoutable tankiste allemand sur Tigre I et Jagdtiger.

cariusapothekeOtto Carius devant sa pharmacie en 2009 (Source)

J’ai trouvé ses mémoires, ici en anglais, qui décrivent le difficile quotidien des tankistes allemands lors de la seconde guerre mondiale.

tigri3N’allez pas comparer ce témoignage avec un récit de guerre comme À l’est rien de nouveau, (la guerre ne meurt jamais, n’est-ce pas…) mais vous en garderez des images saisissantes.

Living in a tank for weeks at a time wasn’t something to shout about. One needs a little bit of fantasy to be able to imagine it in real terms. The confinement and the grim cold took its toll after a while. Our health was under considerable attack, even though we didn’t want to admit it to ourselves. The results showed up later, however. Moisture from our breath and the petroleum lamp settled onto the inner walls of the tank. It soon froze and formed a thick, white coat of frost. If one of the crew nodded off and wound up with his hair on the wall of the tank, then it was actually frozen to it when he woke up. To a certain extent, we could only hunch down and shiver ourselves warm.

Tigers in the Mud. Otto Carius

Puis, par la grâce de Google, j’ai découvert que le grand Miyasaki avait publié une Manga tiré du récit d’Otto Carius en 1998, Doromamire no Tora.

miyazaki_cariusHayao Miyazaki et Otto Carius (Source)

J’ai eu un peu de mal à trouver cette Manga qui ne possède qu’une traduction pirate en anglais, faite par des fans absolus. Pour encore compliquer le tout, plusieurs fans ont fait plusieurs traductions partielles disséminées dans l’immensité du web (on dirait un pitch pour le futur Star Wars)…

tigri2 tigriBref, il faut vraiment vouloir lire cette manga pour y arriver. Mais ça vaut le coup pour les passionnés de chars et de Miyazaki (il doit bien en avoir?). La manga est très sympa et elle est remarquablement détaillée d’un point de vue technique.

(Première note co-écrite avec les petits Vailloud)