Bonnes fêtes de fin d’année

2014 n’a pas été une année bien simple.

Cette période de fêtes est une bonne occasion pour s’arrêter et prendre le temps de regarder en arrière, sans regret, ni colère, ni haine. Le fondamental de tout cela ne changera jamais.

Regarder en arrière pour aller de l’avant pour soi et les autres.

J’espère que 2015 sera une année de reconstruction sereine. Néanmoins je ne connais pas de chantier où il n’y ait pas de bruit ou de fracas, et qui ne soit pas plus court que ce que l’on imaginait. Je ne connais pas non plus de chantier pour lequel il soit facile de prendre du recul…

Autre sujet, ce blog a bien failli ne pas passer 2014…

J’espère que 2015 verra la sortie d’un nouveau médicament miracle des Laboratoires Servier pour pouvoir écrire quelques notes rigolotes dessus. Ils m’ont un peu déçu sur la promotion du Natrixam®… En parlant de ça, j’ai vu passer hier une « Lettre aux prescripteurs » de l’ANSM, concernant l’ivabradine. J’imagine très bien leur future publicité, format affiche de cinéma:

PROCORALANSinon, j’espère pouvoir parler d’équitation (j’en suis toujours resté à mon premier cours…) et statistiques (un MOOC qui paraît pas mal va débuter en janvier)…

2015 reste donc à écrire.

Paix sur Terre et dans les cœurs.

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Pensez à cette pub quand vous ferez vos appels de fin d’année:

C’est ta mère… 😉

Le Dieu des Ondes

Le ciel était un camaïeu tourmenté de gris qui annonce habituellement la descente de la divinité dans les vieux films américains. Plus prosaïquement, la douce pluie quasi continuelle qui lave ce petit bout de côte normande allait se muer en gros orage dans la nuit.

Un homme habillé tout de noir, détonnant un peu parmi les touristes en bermudas bigarrés et dépareillés, semblait prier, collé devant le mur d’un bâtiment, plus précisément une fenêtre.

Prier ou pisser, telle était la question, car s’il était légèrement penché en avant, il n’était animé d’aucun mouvement oratoire. Argument mictionnel supplémentaire, il jetait régulièrement de petits regards par dessus son épaule. Mais comme des familles passaient devant lui pour leur promenade digestive le long du front de mer sans s’en offusquer, il ne devait probablement pas pisser.

Priait-il donc, en définitive?

Dans un sens, oui.

Il priait, comme tous les jours depuis le début de ses congés, pour avoir accès au nuage.

Un minime changement de point de vue aurait en effet montré qu’il tapotait frénétiquement du bout des doigts sur un tout petit ordinateur portable posé sur le rebord de la fenêtre de l’office du tourisme, fermé à cette heure tardive.

Un panneau affiché sur la porte vitrée de l’entrée explique aux heures d’ouverture ce mystère loin d’être religieux: Free Wi-Fi.

Tu apprends

J’ai retrouvé dans ma bibliothèque iTunes tout un tas de vieilleries que j’ai usées jusqu’à la portée à force de les écouter. Ré-écouter les succès d’Alanis Morissette m’a replongé avant mon assistanat.

C’était le temps un peu effrayant des possibles.

J’ai toujours eu la chance de rencontrer des gens, qui à des moments précis et cruciaux, m’ont permis de faire de pas trop mauvais choix professionnels. Et ce n’était pas gagné, car à cette époque, et jusqu’il y a très peu, j’avais un fort tropisme pour l’attentisme. J’étais le contraire du pilote résolu luttant contre les éléments. Je me laissais plutôt dériver paisiblement. Cela aurait pu être une horreur de voyage immobile, mais les vents ne m’ont pas été trop défavorables et des phares bienveillants m’ont toujours guidé.

En prenant un peu d’âge, je suis devenu plus calculateur, et je construis mes actions comme un mouvement aux échecs ou sur un champ de bataille. Les potentialités s’épuisent bien naturellement, les enjeux sont plus importants et se laisser dériver devient insupportablement trop hasardeux. Et encore, même là, je n’entrevois que rarement l’ampleur d’un mouvement avant qu’il ne soit bien amorcé, et pour tout dire, il faut souvent que ce soit un tiers qui me le révèle. Je compense un lourde myopie qui n’est pas que visuelle par un bon instinct et beaucoup de chance.  J’aurais fait un bien piètre militaire…

Je me revois sur mon matelas dans ma chambre de bonne à Clichy (je fais un peu pathos pour faire pleurer dans les chaumières, mais pas trop car j’ai toujours bien vécu) et maintenant et je me demande si il y a des leçons de tout cela à tirer pour dire que c’est quand même un peu plus que de la chance.

Je crois qu’il est temps pour moi d’enfiler les clichés comme des perles:

  • Toujours considérer l’humain comme primordial

  • Deux lectures très utiles, apparemment très paradoxales pour un humaniste qui se laisse dériver, mais j’aime bien les paradoxes: Le Prince de Machiavel et l’Art de la guerre de Sun Tzu. Ce dernier ouvrage est la tarte à la crème des écoles de commerce, ça le déprécie un peu, mais les premiers chapitres sont saisissants de bon sens.

  • Don’t be evil! Never.

  • Ne pas considérer un échec comme autre chose qu’un contre-temps ou un tremplin pour autre chose, de meilleur.

  • Ne jamais se prendre au sérieux, ni se croire supérieur aux autres.

  • Ne pas hésiter à se laisser guider par son instinct, et ne rien faire contre, ou à contre-cœur.

  • Idéalement, il ne faut jamais rien demander à personne, mais le susciter. (c’est pas facile).

  • Encore plus difficile: avoir un plan B, une alternative. Par exemple avoir plusieurs activités professionnelles.

  • Mon blog a totalement changé ma vie en m’ouvrant sur les autres et en me faisant rencontrer des gens fabuleux. Quand j’ai commencé à l’écrire en 2005, je n’aurais jamais pensé à tout ce qu’il allait m’apporter sur un plan personnel ou professionnel. N’hésitez pas à prendre le clavier!

  • Je crois à la supériorité de la vision stéréoscopique pour analyser méthodiquement l’environnement. J’essaye toujours de me mettre à la place des autres pour voir quelles sont leurs options, craintes, buts, espoirs, et les comparer aux miens… Le mieux est bien évidemment d’avoir une personne de confiance, un alter ego qui se situe à l’opposé du terrain et dont la vision  apporte le relief. Là, j’ai une chance inouïe.

  • En cas d’adversité, c’est heureusement rare, laisser l’autre se prendre tout seul les pieds dans le tapis, ou l’aider un tout petit peu en orientant son énergie vers la poussière du sol. Une fois qu’il s’est bien ramassé  (et pas avant!) lui tendre la main, une seule fois (gentil, mais pas benêt).

  • Ne pas hésiter, ni avoir honte d’avoir l’air un peu benêt, justement. Les mouvements s’effectuent alors plus rapidement, souvent à contre-temps. Après, on peut prendre un sourire carnassier à la Jack Nicholson (mais pas trop longtemps, il ne faut pas en abuser non plus).

  • Malheureusement, pour ne pas trop se manquer, il faut travailler comme un damné. Je suis un flemmard viscéral qui bosse tout le temps sans compter mes heures.

Divers et variés

Je commence enfin à toucher terre.

Ce n’est pas tellement que j’ai apprivoisé mes fonctions de coordinateur de la clinique, je crois que je n’y arriverai pas avant longtemps, mais j’équilibre un peu mieux les pressions entre elles.

La semaine dernière, des patients un peu âgés, que je connais depuis des années m’ont raconté qu’ils étaient venus à la clinique visiter un membre de leur famille. Ils ont vu mon nom tout en haut et m’ont dit qu’ils étaient très fiers de moi. Ça m’a beaucoup touché qu’on puisse être fier de son médecin, comme on pourrait l’être d’un membre de sa famille. Je me souviendrai toujours de leurs yeux brillants.

Je me suis remis à lire un  peu, même si je reste englué dans Le passage de la nuit. Par contre, je ne lis plus rien de médical, et ça, c’est pas bien, car le cerveau se rouille vite. J’envie les revues hebdomadaires de l’ami néphro.

J’ai fini les missions principales GTA V. Les trois personnages sont multi-millionnaires, ils profitent de la vie, et je commence à m’y ennuyer un peu. A ne pas mettre entre toutes les mains, mais quel jeu fabuleux…. Au début j’aimais bien Michael, mais comme mes enfants (avec qui je prends garde de bien sélectionner les missions) j’ai vite préféré Trevor, le grand psychopathe totalement instable. Quand à Franklin, il est tellement fadasse que je ne sais pas trop ce qu’il vient faire dans ce jeu (hormis d’être un alibi ethnique?). Se balader en hélico en regardant le soleil se coucher sur le Mont Chiliad reste un grand moment de jeu vidéo. 

Je me suis mis à me ré-intéresser aux statistiques et à R. J’ai trouvé quelques MOOC pour me permettre de réviser, et aussi d’approfondir, car le paysage des MOOC change rapidement. Il y a un an, on ne trouvait que des cours d’initiation, ce qui me convenait parfaitement pour les statistiques. Puis, assez naturellement, les MOOC se sont structurés et offrent maintenant des possibilités d’approfondir le sujet. John Hopkins offre par exemple un cursus assez complet sur la gestion des données. Bien évidement, il y a aussi de plus en plus de MOOC payants, mais cela me paraît inévitable.

Pour s’initier aux biostatistiques et à R:

Pour finir l’histoire, j’ai calé au cours du MOOC Fondamentaux en Statistiques de la plateforme FUN. C’était bien trop fondamental pour moi…

J’ai découvert récemment l’univers Mac en m’achetant un MacBook Air. Et bien, si le système me paraît plus lisse que sur PC, l’utilité que j’en ai pour l’instant ne m’a pas transformé en fanatique de Mac. La gestion des photos et de la vidéo est fabuleuse, mais la difficulté pour faire tourner R sur Mac m’a laissé dubitatif. Et au final, pour des calculs un peu longs, mon PC qui doit bien avoir 5 ans a mis KO un Mac affuté et flambant neuf. Par contre, et là il n’y a pas photo, le MacBook Air est une merveille d’ergonomie.

La semaine prochaine, saut en région parisienne pour un séminaire obligatoire…dans les locaux du siège social d’un géant de l’industrie pharmaceutique. Quoiqu’on fasse, on n’échappe pas à Big Pharma, ils sont incontournables, c’est ça leur force.

Dans la même veine, j’ai reçu cette semaine la visite d’une consœur de la CNAM pour me parler des NACO (que l’on doit dorénavant appeler AOD pour Anticoagulants Oraux Directs). Encore une fois, j’ai palpé, grâce à elle l’absence quasi totale de contre-pouvoir à la communication de l’industrie pharmaceutique. La Revue Prescrire ou le néant, en gros. La CNAM s’y essaye un peu et pourrait avoir un rôle important, mais en tant que financeur, elle est juge et partie. Elle est tiraillée entre volonté politique/promotion de l’économie en Santé/science et perd beaucoup de lisibilité, par exemple dans sa communication sur IEC/sartan ou sur les statines (« tout sauf Crestor® »). Un autre sujet délicat, dans le genre manque de lisibilité et action déconcertante, je ne suis pas certain que le dispositif de la ROSP mette sur le devant de la scène les meilleurs d’entre nous…

Dominique Dupagne a parlé de Grange Blanche à l’antenne de la Tête au Carré sur France Inter. C’est très gentil mais tellement peu mérité, étant donné que je n’écris plus rien de médical depuis des mois. Il va falloir que je m’y remette un de ces jours…

Le hasard est parfois taquin. Je cherchais depuis quelques temps une solution pour crypter ma clé USB qui contient des données de patients. J’avais tâté TrueCrypt il y a quelques semaines, mais j’avais trouvé ce système compliqué. Je me suis demandé ce que ça donnait sur Mac le 28 avril, le jour exact où TrueCrypt s’est très mystérieusement sabordé… J’ai quand même téléchargé la dernière version qui semble donner satisfaction à presque tout le monde.

Deux expos me tentent bien avant la fin de l’année: Jeff Koons et Hokusai.