Merci, oui mais non…

Dans le cadre de mon activité à la SNCF, je vois des agents afin de déterminer si ils sont aptes d’un point de vue cardio-vasculaire à exercer certains emplois dits « de sécurité ».

Ce ne sont pas des patients, ou rarement, mais des agents apparemment en bonne santé. A moi de déterminer si ils ont une pathologie cardio-vasculaire rentrant dans le cadre strict de la loi les rendant inaptes.

Je suis donc plus dans un rôle d’expert/juge que de soignant.
L’exercice est intéressant car totalement différent d’une activité de soins.

Petit aparté, dans un monde de la santé qui globalement s’effondre sur lui même, le système de la SNCF me paraît miraculeusement préservé. Voyagez en paix, les agents sont remarquablement bien suivis et dépistés.

Bref, quand j’ai un doute sur une pathologie, j’ai l’examen paraclinique assez facile, étant donné l’enjeu pour l’agent.

Je vois donc un conducteur de 50-55 ans, ancien fumeur, asymptomatique, avec un bloc de branche droite et une extra-systole ventriculaire sur l’ECG. Je demande un bilan de cardiopathie ischémique avec un holter ECG. Il revient me voir en me remerciant, car si l’épreuve d’effort et l’échographie cardiaque sont normales, le holter a mis en évidence un bref passage en flutter atrial 2/1…

Découverte totalement fortuite qui le conduit illico presto à une ablation. On pourra discuter de ce point, mais bon, il est donc ablaté sans complication. Je lui demande si il se sent « mieux ». Et bien oui, les oppressions thoraciques qu’il mettait sur le compte de l’anxiété ont totalement disparu. Tant mieux pour lui, même si je n’exclus pas totalement un bel effet placebo.

Il me remercie donc, même si je lui précise que je ne m’attendais pas du tout à trouver ça.

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Je profite de cette note pour vous signaler ces deux beaux billets de Jaddo et de l’ami nephro. Pour rebondir notamment sur cette dernière note, notre métier est merveilleux aussi car il permet de jouer à Sherlock Holmes devant chaque patient afin de trouver le coupable de leurs maux. Conan Doyle, médecin de formation s’est inspiré d’un de ses maîtres, le Dr Joseph Bell pour façonner le personnage de Sherlock.

Auteur : Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

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