La bataille pour le Lovenox

Cet article de Pharmalot décrit un des moyens utilisés par Sanofi pour tenter de retarder la mise sur le marché aux États-Unis du générique d’un de ses produits phare, le Lovenox®.

Sanofi a suscité l’envoi spontané et indépendant de courriers à la FDA par deux organisations professionnelles médicales et un KOL (Key Opinion Leader) afin d’influencer la décision des autorités de régulation.

Les documents issus du dossier sénatorial sont très intéressants car ils montrent sans fard le retour sur investissement que les laboratoires pharmaceutiques espèrent en échange de la manne financière désintéressée qu’ils déversent sur les sociétés savantes, organisations médicales professionnelles, individus…

Ils montrent aussi que Sanofi a eu peur de griller ses leviers d’influence sur la FDA en les mettant trop en avant et en en faisant un peu trop. 

Il n’existe pas de partenariat désintéressé, contrairement à ce que répètent sans cesse ceux qui donnent et surtout ceux qui reçoivent et s’en félicitent.

Cela n’empêche pas ces derniers d’avoir aussi quelques petits scrupules:

J’adore la citation (Aléatoire? Consciente? Inconsciente?) qui apporte un sens énorme à ce texte

Toute société savante qui reçoit des dons de l’industrie est potentiellement une boite de relations publiques qui va servir les intérêts des donateurs avant ceux de la science et des patients.

Même remarque que supra.

Et finalement, avons-nous entendu parler de problèmes de sécurité liés à l’utilisation des génériques du Lovenox® aux États-Unis ?

De mon côté, je n’ai rien vu passer…

Un dernier point important, parce que rien n’est tout noir ou tout blanc.

Dans cette histoire pas reluisante du tout, ni pour Sanofi, ni pour ceux qui ont essayé d’influencer la FDA, j’ai beaucoup apprécié ce passage d’un message électronique adressé par une cadre de Sanofi à un responsable d’une des deux sociétés savantes (p 93 du PDF):

C’est le patient qui prime (même sur un fructueux partenariat). Je ne vois aucun cynisme dans cet extrait, elle en est persuadée. Que sa vision sur les différences objectives entre génériques et princeps soit probablement biaisée par son environnement n’enlève rien à cela.