Bientôt seconds.

En 2010, la mortalité liée au cancer devrait dépasser celle liée aux maladies cardio-vasculaires, et prendre la première place que nous occupions depuis des décennies.

En tout cas, c’est ce que pensent les experts de l’IARC (International Agency for Research on Cancer), une émanation de l’OMS.

Comme d’habitude, ce sont les pays en voie de développement qui vont payer le plus lourd tribut au cancer, du fait de l’occidentalisation de leurs mode de vie. Bien évidemment, ils n’auront pas à des structures sanitaires adéquates, à l’occidentale. Rien qu’en Inde, les biddis, petites cigarettes locales devraient provoquer 1 million de morts par ans à partir de 2010.

Mais que les indiens se rassurent, ils auront aussi le privilège insigne de mourir à cause de leurs artères, puisqu’en 2030, 85% des morts par pathologies cardiovasculaires du monde seront l’apanage des pays peu ou moyennement développés. D’un côté c’est logique, les biddis, ça bouche aussi les artères.

J’ai beaucoup aimé la remarque du cardiologue : »We are not jealous about our position in terms of heart disease being the number-one killer; it’s a distinction none of us want to have« .

Hypocrite, va !

Tu es comme moi, cardiologue, et tu aimes bien être toujours devant les autres médecins, quelque soit l’objet du classement ! Le simple fait que tu aies émis cette remarque finalement peu constructive le prouve. Les linguistes diraient que c’est une antiphrase (merci Wikipedia !).

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Source: Wikipedia

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Lisa Nainggolan and Nick Mulcahy. Cancer set to overtake heart disease as top global killer . theheart.org.[Clinical Conditions > Clinical cardiology > Clinical cardiology]; Dec 11, 2008.

30 ans de lutte contre le cancer sur l’ancien Grange Blanche.

Iconographie

Un patient arrive hier pour une ischémie critique des deux membres inférieurs. Il est diabétique et a déjà bénéficié d’une angioplastie avec pose d’endoprothèses sur les deux iliaques communes.
Le service de vasculaire demande un doppler et une artériographie en urgence.
Je tombe d’emblée sur une image curieuse dans la lumière de l’aorte abdominale. Cette calcification traverse la lumière, et divise le flux artériel en doppler couleur. A priori, une énorme plaque ulcérée.

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Il faudra que les radiologues fassent attention quand ils monteront la queue de cochon (c’est le nom de la sonde qui permet d’injecter l’iode) pour faire leur aortographie.

Comme souvent, les iliaques sont difficiles à analyser. Je parie quand même sur une sténose juste à la bifurcation iliaque interne/iliaque externe gauche.

Pour l’instant, toutefois, rien qui explique l’ischémie bilatérale.

Mais je tombe rapidement sur le problème.

A gauche, une occlusion de l’artère fémorale superficielle peu après sa naissance.

Et à droite, cette belle sténose:

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J’avoue que l’image est moyenne, il y a bien trop de bruit, et je n’ai pas réussi à bien dérouler l’amont de la sténose (qui est à gauche).

En doppler pulsé, c’est déjà plus parlant:

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La flèche simple montre la vitesse systolique en aval de la sténose (un peu moins de  1m/s), la double, juste après, là où la vitesse est maximale. (un peu plus de 6 m/s). Ce qui nous fait un rapport systolique tout à fait respectable, supérieur à 6. Vous remarquerez aussi la vitesse diastolique qui atteint presque 2 m/s.

Les conséquences sur les flux d’aval sont majeures:

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Le flux artériel, totalement démodulé est au dessus de la ligne de base, le flux veineux en dessous. Il n’y a vraiment pas grand’chose qui passe.