La droite la plus con du monde

Cette expression de le Luron qui fustigeait à l’époque l’incapacité de la droite à s’allier pour reprendre le pouvoir a pris depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée une dimension universelle.

Cette histoire de « J’y étais (à la chute du Mur) » est profondément pathétique.

Raconter sur Facebook qu’il y était est déjà pitoyable en soi, surtout quand on a comme prédécesseurs Mitterrand et Chirac.

Cette anecdote n’apporte rien au personnage, à ses convictions, elle n’induit absolument aucune admiration, aucune empathie, elle ne montre ni ne prouve strictement rien.

Cette anecdote écrite sur un média qui véhicule 99.9% de conneries est presque un reflet exact de ce qui pourrait être un néant à la fois intellectuel et politique.

Ce qui en soit même est une belle performance artistique, car représenter le néant n’est pas chose facile.

« Presque », car elle apporte toutefois une donnée, ou plutôt elle vient confirmer la volonté maladive d’un homme qui veut se faire plus grand qu’il n’est.

Cette anecdote confinait donc au néant jusqu’à ce que sa véracité soit mise en doute.

Et là, bien sûr, plus question de néant.

Si il s’avère en effet que l’anecdote est fausse, on touche au sublime du ridicule.

Trois cas.

  • Soit c’est une erreur de mémoire, et là, pas d’excuse étant donné que l’agenda des hommes politiques est parfaitement connu. Une simple vérification, un simple coup de fil aurait suffit pour vérifier la date en question avant de risquer d’écrire une bêtise insipide. Ne pas l’avoir fait témoigne d’une totale inconséquence, ou d’un manque notable d’intelligence (ou les deux).
  • Soit c’est pipeauté, et là bien entendu, pas d’excuse non plus, c’est dramatique.
  • Soit la date est correcte, et on revient au maladif et au néant.

Si l’anecdote est fausse, qui ne pourra pas ricaner aux prochaines déclarations de l’Élysée, d’Alain Juppé, de certains courtisans…

Sarkozy est le Ségolène Royal de la droite, toujours à se mettre dans des situations impossibles/ridicules là où il n’y a strictement aucun enjeu.

Cela n’aurait strictement aucune importance si nous étions accoudés au zinc d’un bar-PMU à écouter des affabulations d’ivrognes.

Mais ici, les gens dont il est question sont au pouvoir, ou ont/postulent des responsabilités au sein de la République.


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L’histoire racontée par un blog hébergé par Le Monde, et par une note sur Le Post. Le Figaro, lui,  est dubitatif (c’est dire…)

Le « doute » fait en tout cas les délices de la presse anglo-saxonne (NYT, BBC et WSJ).



Autobus à impériale

Via une note du WSJ’s Health blog, j’ai découvert la rubrique nécrologique du NYT sur Jeremy Noah Morris, décédé à l’âge de 99 ans et demi le 28 octobre dernier.

Cet illustre inconnu (pour moi, en tout cas) est l’un des premiers à avoir prouvé les bienfaits de l’exercice physique en remarquant que les contrôleurs des autobus à impériale de Londres avaient bien moins d’infarctus du myocarde que les conducteurs. Contrairement à ces derniers qui restaient toute la journée derrière leur volant, les contrôleurs montaient en effet environ 600 marches par jour.

Il a ensuite validé son hypothèse en la testant sur d’autres populations, et il a été un des précurseurs de la réadaptation cardo-vasculaire.

Un  grand monsieur méconnu, encore un.

 

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Jeremy Morris, Who Proved Exercise Is Heart-Healthy, Dies at 99½. By Dennis Hevesi. The New York Times. Published: November 8, 2009

 

Éclectisme

Ce soir dans la programmation musicale de Grange Blanche, je vous propose deux pièces très différentes.

La première est la ré-interprétation de « Poker Face » de Lady Gaga par Christopher Walken, qui fait un tabac sur la toile en ce moment:

La seconde est la superbe version de « Voices of Music » du Canon de Pachelbel que j’avais déjà évoqué ici.


Mettre la machine en branle

Hier, je suis tombé sur cette page de LCI, renommée « TF1 News » parce que l’anglais, ça fait quand même plus classe, plus professionnel et plus sérieux que « LCI, la chaîne de l’Information »:

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Je me suis dit, tiens, ils ont trouvé un vaccin per os contre le HIV, ou une prophylaxie anti-paludéenne efficace et bon marché.

En fait, comme vous l’avez constaté en cliquant sur le lien, bah non.

Hasard, le Prescrire du mois parle justement de la dapoxétine:

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L’article de Prescrire stigmatise la méthodologie discutable des essais cliniques (notamment en s’appuyant sur cet article) et conclut à une balance bénéfices-risques négative.

Pourtant, la dépêche de TF1 News cite une opinion selon laquelle « la dapoxetine devrait permettre de doubler le temps avant l’éjaculation. »

Doubler, c’est énorme!

Comme toujours, ce n’est pas faux mais on peut exprimer cette donnée différemment.

La lecture de Prescrire et de cet article de McMahon, non cité par la revue permet de changer la focale de son analyse et de se faire une idée plus juste de ce résultat mirifique.

Les hommes inclus dans les différentes protocoles étudiant l’efficacité de la dapoxétine avaient un IELT (intravaginal ejaculatory latency time, j’adore cet acronyme) de moins de 2 minutes. On passerait donc au mieux à 4 minutes.

L’article de McMahon précise ainsi que l’IELT moyen passe de 1.1 minute à 2.4 minutes sous placebo, 3.9 minutes sous 30 mg de dapoxétine et 4.2 minutes sous 60 mg de dapoxétine.

Et là, bien sûr, ça fait beaucoup moins rêver alors que la dapoxétine est pourtant appelée « médicament miracle »  dès la première phrase. Notez au passage qu’un simple placebo double le temps moyen de base.

J’aime bien aussi la citation du sondage chatoyant de l’AFU qui dit que 38% des hommes seraient prêts à prendre un médicament pour prolonger leur IELT qui est en moyenne à 5.4 minutes, c’est à dire a priori des hommes « sains« .

Demandez à n’importe quel pékin si il serait prêt à prendre un cachet pour augmenter ses capacités sexuelles, ou retrouver son poids juvénile, ne plus sentir mauvais de la bouche, devenir millionnaire, avoir  Eva Longoria dans son lit, etc, il vous dira probablement que oui. Ou comment transformer quelque chose de physiologique en pathologie pour laquelle il y a un médicament.

Je serais toutefois curieux de voir les résultats d’un tel sondage fait sur des patients atteints d’éjaculation précoce en citant le gain de temps effectif et les effets secondaires.