Courante

Agences de Santé et réseaux sociaux

J’ai trouvé très intéressante cette note d’Asclepieia qui remarque très justement la quasi absence des agences de santé sur les réseaux sociaux.

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Quel pourrait-être l’intérêt pour une agence de santé d’être présente sur des réseaux sociaux, hormis bien entendu de faire plaisir aux fanatiques de ces derniers et de pouvoir faire dire fièrement par un Caniard-like à un colloque santé 2.0 on y est aussi! (au lieu de: on n’y est pas, et on ne sait pas ce que c’est, mais ce que vous faîtes est formidable!)

Je pense que le principal intérêt des réseaux sociaux réside en la diffusion rapide d’informations pertinentes.

Twitter me semble être parfait pour répondre à cet objectif, sauf pour un point précis mais essentiel, l’audibilité du message.

Si l’on regarde au-delà des professionnels de santé 2.0 qui composent notre petite communauté, connaissez-vous beaucoup de médecins/IDE/kinés/patients… qui dans la vie courante utilisent couramment les réseaux sociaux? Encore plus difficile: combien d’entre ceux qui le font le feraient pour faire autre chose que glandouiller sur la toile?

Tout le problème est là.

Vu de notre communauté, surtout quand on en discute en ligne, tout le monde, notamment les patients et les professionnels de santé, utilise couramment la toile et les réseaux sociaux.

Mais essayez de causer Twitter/Facebook à un confrère/patient pris au hasard dans un couloir, et il y a de grandes chances qu’il vous regarde avec un reflet glauque dans l’œil droit. Il en aura peut-être même jamais entendu parler.

Un exemple concret pris totalement au hasard?

Voici le texte intégral d’un courrier médical apporté par une patiente hier:

Madame XXX

L’ETAT DE SANTE DE CE PATIENT NECESSITE LA CONSULTATION D’UN SPECIALISTE EN CARDIOLOGIE DANS LE CADRE DE LA SURVEILLANCE D’UN DIABETE SOUS AVANDAMET

La consœur, une correspondante habituelle qui a la cinquantaine (c’est l’âge moyen des médecins en activité), ne sait même pas qu’il existe une touche caps lock sur son clavier d’ordinateur. Alors Twitter ou les réseaux sociaux…

Bon, maintenant, ce n’est pas parce que la diffusion des réseaux sociaux est très restreinte parmi les professionnels de santé qu’il ne faut pas y aller. C’est un peu comme si une administration n’avait pas voulu prendre une ligne téléphonique à la fin du XIXème sous prétexte que peu de gens en avaient une.

Vous allez certainement aussi me dire que comme les agences brillent par leur absence dans les réseaux sociaux, les confrères ne sont pas motivés pour y aller pour rechercher des informations, ce qui ne motive pas les agences pour y aller…

C’est un peu le serpent qui se mord la queue, et c’est pourquoi les gens qui font vivre l’hcsmeu ne peuvent que faire avancer les choses.

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Toutefois, plusieurs agences utilisent déjà Twitter et encore une fois, je trouve ce mode de communication très pratique et élégant:

Je suis notamment un fan de la FDA qui a eu l’intelligence de créer plusieurs flux (matériovigilance, relations avec l’industrie, médicaments….) afin de permettre à l’utilisateur de ne pas être noyé sous le flux d’informations et de pouvoir trier celles qui l’intéressent.

Maintenant, on va regarder ce qui ce passe actuellement en terme de diffusion de l’information pour un exemple précis, l’Afssaps.

L’Afssaps diffuse d’abord de l’information par voie postale en demandant aux industriels de faire parvenir des alertes aux prescripteurs. Ce n’est pas très 2.0, mais le courrier marche pas mal.

Ensuite, l’agence a un site sur la toile.

Bon, c’est ergonomique et intuitif comme un tracteur soviétique, mais avec un peu d’habitude on trouve ce que l’on recherche.

Admettons maintenant, que vous voulez être informés chaque fois que l’agence publie une information importante. Parce que finalement, après l’étape du tri de l’information, via les moteurs de recherche, s’annonce l’ère où c’est une information de plus en plus triée et pertinente qui va venir à nous.

Il faut aller tout en haut de la page pour chercher le lien abonnement.

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Et là, il suffit de faire son marché.

On obtient ce type de messages dans son courrier électronique:

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Là aussi, ce n’est pas très 2.0, mais le courrier électronique marche bien et cette technologie est pas mal diffusée, même parmi les professionnels de santé.

Alors, Monsieur de l’Afssaps, tu pourrais nous faire plaisir, à moi et la petite communauté 2.0, en créant des comptes Twitter qui diffuseraient bien moins largement les mêmes informations qu’actuellement, mais qui seraient tellement plus 2.0? Si tu veux bien créer une page Facebook, je veux bien devenir ton ami.

Dans un proche avenir, on te le promet, tous les médecins/pharmaciens/IDE/patients auront un compte twitter et seront tes amis.

Et si tu pouvais en plus proposer à iTunes une application Afssaps, ce serait vraiment wiiiiiizzzzzzzzzzzz.




Firefox 4 beta 3

Depuis quelques jours, je navigue avec Firefox 4 beta 3 et c’est pas mal du tout.

Seul petit problème, les modules complémentaires que j’avais installés sur la version 3 ne fonctionnement pas sur la 4. Pas bien grave.

Surtout, les potentialités de Firefox 4 sont assez étonnantes:



La honte du doppler honteux

Ce matin un patient s’est présenté à la consultation avec une demande de doppler des artères péniennes pour un bilan de dysfonction érectile.

Bon, j’ai fait répondre par l’infirmier qu’on ne faisait pas ça ici. J’ai quand même appelé l’autre centre de doppler du CHU où je travaille pour vérifier si quelqu’un était spécialisé là-dedans. Personne.

On a donc répondu un vague « Allez dans le privé » au patient qui attendait, j’ai rapidement zieuté dans la salle d’attente, la queue basse, si j’ose dire, sur une chaise près de la porte de sortie.

J’étais quand même un peu gêné de répondre qu’on ne faisait pas ce type d’examen au CHU. Peut-être en radiologie?

Quand on m’a appris le doppler, on m’a fait comprendre que cela n’était pas du ressort d’un cardiologue qui se respecte (pléonasme).

Bon, bah tant mieux, ça ne me branche pas du tout de faire des dopplers des artères péniennes.

D’autant plus, figurez-vous, que c’est toute une affaire, puisqu’il faut faire l’examen au repos et à l’effort.

Enfin à l’effort, pas de quoi titiller quoi que ce soit avec des fantasmes d’IDE affriolantes nues sous leurs tenues (je n’en ai jamais rencontrées, ni des nues, ni des affriolantes), car il s’agit en fait d’une épreuve pharmacologique avec une injection intracaverneuse d’alprostadil (rien que d’y penser, mon épreuve serait négative, laissez mes cavernes tranquilles…).

Ceux qui en font trouvent que c’est génial, même si ça ne débouche sur rien de bien fabuleux d’un point de vue thérapeutique (ça doit bien se dilater, non?) et que les artères honteuses sont une espèce de fenêtre sur la maladie athéromateuse et pourraient la prédire.

Je dédaigne de lire dans les artères honteuses, les chiens ou les poissons (même d’une fraîcheur impeccable), et préfère largement les artères carotides.

Pour approfondir le sujet, je vous propose de regarder cette présentation de 2009 qui est très bien faite. Comme je suis un peu taquin, je vous suggère aussi de regarder cette autre présentation, du même auteur, faite en 2006. Ces deux présentations, malgré les 3 ans qui les séparent sont rigoureusement les mêmes. L’auteur a même oublié de corriger la date de la diapo 39 en 2009.

Je crois pouvoir être en mesure de vous dire pourquoi le pharmaco-doppler pénien restera encore souvent souhaitable en 2011.