L’INSEE et Doctolab pointent les multiples bénéfices de la prise de rendez-vous par internet.

L’INSEE et Doctolab ont croisé pour la première fois plusieurs types de données : le nombre de médecins généralistes par région utilisant les services de Doctolab, le taux de mortalité par suicide, la mortalité par maladies infectieuses et parasitaires, le salaire net moyen et le cheptel présent dans les exploitations agricoles par région.

Une nouvelle perspective sur la santé publique, permise par le numérique

D’un côté, les données de Doctolab permettent de présenter une nouvelle vision de la prise de rendez-vous par internet en fournissant des données précises sur le nombre de médecins généralistes utilisant ses services partout en France et région par région.

doctolabD’un autre côté, les données récoltées par l’INSEE dressent un nouveau portrait de l’état de santé de la population française. Cette nouvelle cartographie révèle également de fortes inégalités entre régions, catégorisées selon la prévalence des conditions étudiées de faibles, moyennes ou fortes.

L’intérêt de cette étude est d’identifier les régions dont l’état de santé et l’accès aux soins seraient tous deux en dessous de la moyenne nationale afin de pointer les bénéfices des régions où Doctolab est le plus implanté. L’étude s’est par ailleurs concentrée sur la médecine générale pour le rôle charnière que celle-ci joue dans la politique de santé publique. Or les régions dans lesquelles Doctolab est le plus implanté ont des données de santé publiques bien plus favorables par rapport à d’autres régions.

(cliquez pour agrandir)

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L’Alsace Champagne Ardennes Lorraine, parmi les régions à risque.

Cette région dispose d’un taux élevé de suicides indifféremment chez les hommes ou les femmes, ainsi que d’un taux de pénétration faible de Doctolab. Par rapport à l’Ile de France le nombre de médecins généralistes utilisant Doctolab est 18 fois moindre, et le taux de suicide observé est un peu plus que doublé chez les hommes.

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La région PACA affiche une mortalité par maladies infectieuses 30% plus élevée qu’en Ile de France avec 4.6 fois moins de médecins généralistes utilisant les services de Doctolab, gratuits pour le patient.

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Le salaire net moyen annuel de la population générale en PACA est supérieur à celui de la région Alsace Champagne Ardennes Lorraine de 1452 euros alors que le nombre de médecins généralistes bénéficiant des services de Doctolab est 4 fois plus élevé.

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La quantité de cheptel au sein d’une exploitation agricole, facteur notoirement responsable de zoonoses graves transmissibles à l’homme (grippe aviaire, maladie de la vache folle…) est moindre dans les régions où Doctolab est mieux implanté.

Des mesures insuffisantes face à l’ampleur des risques de santé publique.

Cette étude révèle donc de fortes inégalités entre les régions face aux risques posés par l’absence d’optimisation de la prise de rendez-vous médicaux proposée par Doctolab. Les zones qui ont potentiellement le plus besoin de soins manquent de généralistes affiliés.

Le dernier recensement de la population médicale montre que les mesures d’incitation pour attirer les jeunes médecins utilisant Doctolab dans les territoires déficitaires restent insuffisantes ; qu’il s’agisse de contrats d’engagement de service pour étudiants ou d’avantages financiers ou fiscaux.

Face à ce constat, des acteurs comme Doctolab et l’INSERM proposent des solutions qui peuvent permettre de pallier les risques du côté patient, en facilitant la prise de rendez-vous et en promouvant une meilleure hygiène de vie.

A propos de cette étude

Cette étude a été réalisée par l’INSEE et Doctolab. Les données des métriques de santé proviennent d’un échantillon représentatif de médecins généralistes. Toutes les données ont été agrégées et anonymisées pour éviter toute réidentification.

A propos de Doctolab

Doctolab (www.doctolab.pfff) est le leader français de la recherche et prise de rendez-vous médicaux en ligne chez les médecins généralistes âgés entre 60 et 67 ans, porteurs d’un CYP 1A1*8. Fondé en octobre 1973 (nous serons de toute façon à jamais les premiers) par des jeunes qui en veulent a pour objectif de se faire acheter par Google. La société qui emploie aujourd’hui 4 salariés et compte des collaborateurs dans 30 villes en France, est désormais présente en Albanie. Elle a levé 23M€ en 2 ans grâce à 3 tours de tables réalisés auprès d’entrepreneurs et fonds reconnus.

A propos de l’INSEE

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles en France : comptabilité nationale annuelle et trimestrielle, évaluation de la démographie nationale, du taux de chômage, etc. Il constitue une direction générale du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie (MINEFI). Il dispose d’une indépendance de fait vis-à-vis du gouvernement, désormais garantie en droit par la loi. Depuis mars 2012, son directeur est Jean-Luc Tavernier.

La lutte des classes

Cela fait un peu plus de 11 ans que je n’ai pas parlé de Martin Winckler/Marc Zaffran, c’était en 2005.

A l’époque j’avais été impressionné par son roman Les trois Médecins et sa description « sociale » d’une Fac de Médecine, avec ses Perses et ses Mèdes et le peu de cas que certains médecins font de leurs patients. Je l’ai toujours un peu gardé en marge de mon champ visuel: son émigration au Canada, ses coups de gueules qui froissent souvent les confrères.

Et puis ce matin, 5h39, je suis tombé sur cela:

classesmedLien vers l’article.

Et comme j’étais un peu incrédule, j’ai retrouvé dans ma mémoire le lien vers cet article de L’Huma.

Marc (tu me permets de t’appeler Marc?), penses-tu vraiment ce que tu écris?

La sélection des étudiants en médecine, en France, porte surtout sur des jeunes gens issus de milieux favorisés. Et ces étudiants s’apprêtent à soigner des patients de leur milieu social, pas du milieu ouvrier, ni des sous-prolétaires.

Nous ne pourrions correctement soigner, c’est à dire bien et sans maltraitance, que des patients de notre classe sociale? Et comme nous sommes majoritairement issus de familles socio-économiquement favorisées…

Toi-même, comme nous, tu en es issu:

La structure des grandes écoles françaises est une structure aristocratique. Mon père était médecin, donc, techniquement, nous étions des bourgeois. Mais sa mère faisait le ménage. Nous n’avons jamais oublié d’où nous venions. Et je n’avais pas une idéologie de gosse de riche quand j’ai commencé à faire médecine, mais une philosophie qui était : « Tu soignes tout le monde, un point c’est tout. »

Assume au moins d’être Clodius! Ne te cherche pas d’excuse « de classe ». Arrête de nous flageller et de t’auto-flageller en public, au milieu du parvis, parce que tu es médecin et fils de médecin. Cela ne sert à rien hormis flatter ton formidable ego.

Je suis issu d’une famille plutôt aisée, père chirurgien… Mais il y avait de la paille sur le sol de la cuisine familiale il y a 2-3 générations. J’ai tout bon? Ma filiation est assez prolétaire? Je mérite autre chose que ton dédain?

Je suis fier de ce que je suis, comme la plupart des confrères. Pas fier par rapport aux autres, car nous serions meilleurs qu’eux, mais fiers de ce que nous pourrions (je reste modeste) apporter à ceux que nous soignions. Pour te donner une idée de ce que je ressens quand j’essaye de faire mon métier, j’aime beaucoup la devise du Lycée Lacordaire:  Réussir pour servir.

Arrête de lire en boucle Germinal, formidable roman soit dit en passant, et passe à autre chose de plus actuel.

Voila comment je vois les choses, mais certainement ai-je tort.

Les médecins sont des humains, comme leurs patients. Ils ont leurs forces et leurs failles. Il y a des crapules, comme des êtres extraordinaires, et au milieu des milliers de médecins « banals ».

Nous sommes majoritairement issus de milieux aisés, souvent de familles de médecins, je l’observe depuis la fac, c’est loin d’être la trouvaille du siècle.

As-tu aussi remarqué que beaucoup de notaires sont filles/fils de notaire, pharmaciens filles/fils de pharmaciens, garagistes/garagistes, boulangers/boulangers, dockers/dockers, fleuristes/fleuristes, employés de pompes-funèbres/employés de pompes funèbres, maçons/maçons…

Mais je crois n’avoir jamais observé de défaut de soin du fait d’une pseudo supériorité de classe. Dans la vie privée, des médecins méprisants, voire odieux, certes, mais dans leur activité professionnelle, jamais. Je ne dis pas que cela n’existe pas, mais alors que je suis assez sensibilisé aux soins que l’on peut apporter aux patients (j’essaye de faire de mon mieux, même si je n’enseigne pas l’éthique), je n’ai jamais considéré ce point particulier comme étant un problème. L’avidité de certains, le mépris envers les patients (sans rapport avec une quelconque histoire de « classes »), les relations avec l’industrie pharmaceutique, les luttes de pouvoir, oui, mais ça, jamais.

Nous faisons majoritairement ce métier pour aider les autres, indépendamment de qui ils sont. J’essaye, comme la plupart, de soigner de mon mieux le riche, le pauvre, le noir le blanc, le jaune à pois verts, l’athée, le croyant, l’hétéro, l’homo, le trans, le francophone, l’allophone, indépendamment de ce qu’il est, et surtout indépendamment de ce que je suis.

Imagine la mortalité effroyable qui serait observée, ici à Marseille, si comme tu l’écris, nous ne soignerions bien que les patients « comme nous », alors que j’ai du mal à concevoir une cité plus diverse?

Tout interne de cardio que j’étais, mais néanmoins non sujet au mépris de classe du fait de l’origine paysanne de mes ascendants, mes meilleures années, je les ai passées à l’Hôpital Nord, qui comme son nom l’indique est au milieu des quartiers Nord de Marseille. Et je t’assure que je n’y suis pas allé pour « réconforter mes pauvres », comme le ferai une dame patronnesse de la rue Paradis, soucieuse de se réserver une place… au Paradis.

Tout humain est une merveille, et pas seulement le paysan dauphinois enrichi, tel est mon credo, et je te le dis, c’est aussi le credo de l’immense majorité des médecins qui m’entourent.

Pour (presque) terminer, une remarque sur le texte de l’excellent « Carnets de santé » que tu as cité. Je ne parlerais pas de l’explication « sociale » des déserts médicaux, car je n’ai pas de données bien nettes. Cela me semble néanmoins assez caricatural, et je vois mille autres raisons pour expliquer ce phénomène.

Je veux simplement revenir sur ce point:

Il cite également quelques uns des mécanismes non financiers de la sélection sociale, bien connus des sociologues de l’éducation, en particulier l’aptitude à connaître les « tuyaux » pour être bien orientés dès le lycée.

Wa-hoo…

Je vais faire un truc énorme qui va faire asseoir sur leurs fesses replètes les sociologues de l’éducation.

Je vais révéler publiquement les « tuyaux »,  les mots et les poignées de mains que nous nous transmettons dans le secret le plus sacré, de générations en générations de médecins, afin de favoriser, dès le lycée, notre descendance à la fac de Médecine:

  • Bosse comme un fou
  • Favorise les matières scientifiques
  • Aime les autres

 Permets-moi enfin de risquer une analyse sur les tiennes.

Tout ce que tu décris a été effroyablement vrai, ça l’est de moins en moins, ton analyse « de classe » l’a aussi été, ça l’est de moins en moins. Quand j’étais interne, c’était déjà largement du passé.

Les choses changent, sors du passé, Marc.

Utilise ta formidable capacité à nous faire réfléchir et à te révolter pour nous aider à nous battre contre autre chose que des fantômes du passé. Notre présent de médecin, sans même parler de l’avenir, recèle des milliers de luttes qui méritent que tu t’y intéresses.

Prendre en charge sa santé

Je suis tombé sur cet article intéressant dans le blog Well du NYT, qui décrit le fonctionnement d’un laboratoire US, proposant des analyses biologiques au « consommateur », sans passer par un médecin. Le DTC (Direct-to-consumer) en santé représente à la fois l’Eldorado pour ceux qui vendent ces services et le Shangri-La de l’Empowerment et du Patient-centered care pour ceux qui savent qu’ils en ont besoin.

Cela tombe finalement assez bien, les premiers savent parfaitement quoi dire aux seconds pour que ceux-ci accourent à eux les yeux brillants et les mains pleines d’euros (ou de dollars). Les labos US, dont Theranos, vendent donc du rêve et ont très bien développé leur marché qui est passé de 15 millions de US$ en 2010 à 131 l’an dernier.

Tant pis pour la pertinence clinique des examens, le théorème de Bayes, les comparaisons multiples et tout un tas d’autres considérations (ici et ici avec l’ami nephro) font bien piètre figure face aux Dieux Dollar et Ego.

L’article est intéressant car il pèse bien le pour et le contre de ce sytème, et raconte deux histoires de consommateurs/patients très satisfaits de ce système.

La première patiente se sentait fatiguée et est allée se faire faire une trentaine de tests biologiques, sans notion de consultation médicale préalable. Surprise, elle découvre un taux élevé de vitamine D. Elle arrête de prendre des suppléments qu’elle prenait (sur avis médical?) et tout est rentré dans l’ordre. Super histoire. Je fais n’importe quoi avec ma santé, car j’ai cédé à l’appel des marchands de compléments-alimentaires-low-carb-gluten-free-low-electromagnetic-hypervitaminés, en autoprescription et je refais n’importe quoi en m’auto-prescrivant une large batterie de tests plus ou moins pertinents. Heureusement pour elle, ça a marché. Cette fois.

Le second patient est plus intéressant. Les médecins consultés sont passés à côté d’un diagnostic de carence en testostérone (trauma cérébral en 2003) que le patient s’est auto-diagnostiqué en se prescrivant des analyses biologiques. Les analyses ont aussi montré une vitamine D trop basse et une B12 trop élevée (merci là aussi aux compléments alimentaires auto-prescrits). Dans ce cas, le patient a réellement participé activement à ses soins, rien à redire.

Je reste très dubitatif devant ce concept d’analyses DTC (pas de mauvais esprit…) dont l’absence de pertinence est un peu compensée par le nombre de tests faits à chaque prélèvement, mais qui reste statistiquement aberrant. Déjà, arrêtons de faire n’importe quoi en se gavant de trucs inutiles, au pire nuisibles, ça, c’est le véritable patient-centered-care.

Et en France, me direz-vous? Une start-up va t’elle enfin amener une innovation disruptive permettant de mettre à bas l’oppressant monopole médical des prescriptions biologiques et permettre de développer l’empowerment éclairé des consommateurs, pour leur plus grand bien, bien entendu?

Cette start-up existe depuis des années, il s’agit de votre laboratoire d’analyses médicales de quartier. Nul besoin de prescription pour se faire faire des batteries infinies de tests biologiques, à vos frais, bien sûr (sous réserve que le biologiste soit médecin, m’a dit sans certitude mon biologiste favori).

La Révolution de la E-santé, l’éternel matin du Grand Soir

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