Je le veux, je le veux!

Je viens de découvrir que j’ai besoin du nouvel iPad.

En fait pas vraiment, mais un peu quand même.

J’ai hâte de déposer mon offrande aux pieds du Dieu Steve pour me procurer sa nouvelle création.


A la sortie du 1, je n’avais pas trop vu l’intérêt par rapport à un iPhone. J’hésitais aussi avec un Mac Book Air dont je n’ai aucune utilité.

Hésiter entre 2 trucs inutiles, n’est-ce pas le résumé parfait de notre société?

Pour me refaire une dernière idée, je suis allé voir les iPad1  et les Mac Book Air à la FNAC hier (et non, je n’ai pas acheté le livre sur les fesses).


J’ai donc effectué un dernier test afin de justifier un minimum l’achat d’un objet inutile, visualiser un article médical en PDF.

Ben oui, ça paraît bête, mais à la maison je croule sous les articles médicaux imprimés: cours de DU, articles glanés ça et là en passant, articles et relevés d’avis pour les dossiers de l’Agence…

Et lire un article sur un iPhone relève d’une abnégation que je n’ai pas.


Et si je n’imprimais plus?

Ben, me direz-vous, pourquoi ne pas le faire déjà et lire ces articles sur l’écran du PC?

Ben, primo car je n’y arrive pas et je décroche au bout de quelques minutes, et secundo, difficile d’emporter ma tour dans le TGV  ou à la clinique…

Pour revenir à mon test de lecture, l’ipad1 gagne haut la main sur le Mac Book Air. Naviguer au doigt dans un PDF est un plaisir redoutable. C’est certain qu’écrire une longue prose sur un iPad me paraît un peu difficile sans clavier physique. Mais ça ne me manquera pas trop, je n’ai guère besoin d’autre chose qu’un traitement de texte, et je ne fais qu’annoter quand je lis, surtout quand je me déplace. Et un travail de fond prolongé ne peut se faire qu’environné du confort de son bureau.

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Appeal of iPad 2 Is a Matter of Emotions. By David Pogue. Published: March 9, 2011. The New York Times.

iPad 2 review. By Joshua Topolsky posted Mar 9th 2011 9:01PM. Engadget.

Porque te vas

Les Maristes de la Verpillière organisaient des sorties cinéma dans la salle du quartier.

Évidemment, on ne nous emmenait pas voir les derniers films à succès, ce n’était pas le genre de la maison, mais plutôt des films d’auteurs, comme on dit, comme si les autres n’en avaient pas.

Un seul de ces films m’a particulièrement marqué, Cria Cuervos de Carlos Saura.

Je me souviens d’un film noir, étouffant, oppressant.

L’univers est enfantin, mais ce point de vue ne rend que plus effrayantes les ombres de cette maisonnée.

21 ou 22 ans après, j’en frémis encore, peut-être à tort, puisque mon point de vue ne peut qu’avoir changé depuis.

Pourtant ce soir, en regardant de nouveau ces images, j’ai ressenti ce que j’avais éprouvé à l’époque.

Nous y étions allés sous la surveillance du prof de math qui était particulièrement craint avec sa barbe broussailleuse et ses grosses lunettes fumées qui achevaient de cacher son visage. Plutôt un bon prof de maths (j’ai eu une bonne note au bac en étant particulièrement médiocre dans cette matière) mais un personnage vaguement inquiétant à la diction très particulière.

Quand Porque te vas a retenti dans la salle, tous les élèves se sont sentis libérés de l’atmosphère étouffante de ce film et ont frappé la mesure avec leurs pieds à la grande fureur de notre accompagnateur.

Ce film me rappelle aussi un souvenir bien plus ancien, les cris de souffrance d’une dame âgée rongée par son cancer. Ses cris transperçaient les murs épais d’une maisonnée, elle aussi pleine d’ombres. J’y avais accompagné un soir ma mère appelée pour lui injecter des calmants.

Ce Porque te vas restera toujours dans mon esprit comme un rayon de lumière dans les ténèbres.


Röstigraben

Merci à la franco-helvète qui m’a fait connaître ce comique et ce sketch:


Pour en « savoir » plus sur les Bourbines, c’est ici.

J’en profite pour saluer tous les helvètes qui passent par ici.

Les Buddenbrooks (3)

Dans cette note, et celle-ci, je vous avais donné un aperçu de la vie des ancêtres de ma merveilleuse épouse.

En furetant un peu dans Gallica, j’ai retrouvé quelques fragments manquants de l’histoire de sa famille qui s’est dissoute dans une ruine aussi absolue et brutale qu’inexplicable.

Le Duc Félix de la Salle de Rochemaure, l’arrière-grand-père de mon épouse, était « camérier secret de cape et d’épée » auprès des papes Léon XIII et Pie X. Conte en France, il avait été fait Duc pontifical par Léon XIII le 14 septembre 1899.

Il narre sa rencontre avec Pie X dans cet article en une du Figaro du 29 mai 1906 (en haut et à gauche), en plein dans la tempête qui a suivi la Loi sur la séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905.

Le Duc était alors probablement au faîte de sa gloire.

Mais du Capitole à la roche Tarpéienne, il n’y a qu’un pas.

Quelques mois avant cette audience, Marc, un de ses trois fils (les autres sont Robert et Gérald, mon épouse étant la petite-fille de ce dernier) avait rencontré en Grèce une belle hellène, Marika, qu’il avait épousée, on le verra plus tard, dans des conditions particulièrement rocambolesques. De cette union est née en 1906 à Athènes une petite fille, Francesca Maria Félicita Giovanna Battista Emilia Romana (on va la prénommer plus simplement Romana).

Le Duc a d’abord voulu faire annuler ce mariage par l’Église, mais cette dernière a confirmé sa validité.

Le Duc, a alors porté l’affaire devant les tribunaux français fin 1909-début 1910.

Ce procès est relaté dans cet article. Ce texte est assez extraordinaire, car il raconte le déroulement totalement loufoque de ce mariage et… du procès.

Il nous apprend, en effet, que l’Église ne digérant probablement pas cette acte d’insoumission avait alors excommunié le Duc…

Le Duc est l’homme au fières bacchantes qui se tient juste derrière l’hôte d’honneur, probablement un nonce apostolique. Date supposée: 1897

Incroyable d’excommunier un Duc pontifical, non?

Ce dernier s’est donc retiré de ce procès pour essayer de regagner les faveurs du Vatican, et a laissé son fils Marc le mener.

Bon, vous devez vous demander à ce point de l’histoire pourquoi Marc, à la suite de son père le Duc, a voulu lui aussi casser son propre mariage.

Ben, moi aussi, car personne dans la famille n’en a la moindre petite idée…

Marc et la belle Marika ont divorcé en 1911.

Marika a ensuite mené la grande vie grâce à la pension alimentaire de Marc, jusqu’à la ruine de la famille de la Salle de Rochemaure dans les années 30. Elle s’est alors retirée dans les Alpes avec sa fille.

Mais l’histoire publique de Marika de la Salle de Rochemaure ne s’arrête pas là.

Grâce à Google, j’ai retrouvé sa trace, et quelle trace en 1925!

Marika a servi de modèle pour ce Portrait de la Duchesse de la Salle par Tamara  de Lempicka. Il semble que Tamara et Marika aient été assez intimes.

Ce tableau a été vendu par Sotheby’s le 21 avril 2009 pour 4450500 US$.

Dommage, il aurait été très bien dans notre tout petit salon!

😉

La fille de Marika, Romana, a eu aussi l’honneur d’être un modèle de Tamara de Lempicka en 1928:

Marika est décédée en 1973, mais nous n’avons aucune idée de ce qu’est devenue Romana et ses éventuels descendants.