L’innovation enthousiasmante

Cet article de theheart.org revient sur les saignements survenus sous dabigatran (Pradaxa®) en Nouvelle-Zélande qui ont un peu secoué le début de carrière de ce produit.

L’analyse des saignements révèle des erreurs dans les prescriptions, dues peut-être à un peu trop d’enthousiasme.

Harper believes GPs were so enthusiastic to get their patients onto the drug that many did not fully consider issues like age and renal function. « There wasn’t enough education on these issues. And some patients were started on dabigatran before their warfarin had cleared. As a result, we saw a lot of bleeding. We had patients admitted to our hospital with major bleeds having taken dabigatran just for a few days, and because there is no reversal agent, we didn’t know how to manage them. If patients have poor renal function, it can take days for the drug to clear. One patient with a hip fracture who needed urgent surgery had to wait eight days for their coagulation to go back to normal before surgery could be performed. »

Ce n’est probablement pas un hasard si la Nouvelle-Zélande est un des deux seuls pays industrialisés (avec les E-U) à autoriser la publicité directe des produits pharmaceutiques au public.

On suscite l’enthousiasme des foules qui vont réclamer le produit à des médecins que l’on a aussi enthousiasmés.

Résultat, trop d’enthousiasme tue le patient.

Autre histoire d’enthousiasme pour le dabigatran, un peu douché par une méta-analyse… (merci @JohnO2Snow)

Ça fait beaucoup d’espoirs déçus, pour une même molécule, non?

Trop d’enthousiasme tue l’enthousiasme.

(J’ai déjà parlé du dabigatran ici)

Zoé lit

J’ai encore un mail sympa concernant un dossier de presse à vous faire partager.

Il s’agit cette fois d’une pilule contraceptive.

Je ne comprends strictement rien au sujet, ne commencez donc pas à vous écharper sur le rapport bénéfices/risques de cette pilule dans les commentaires. Ce n’est pas le produit en lui même qui m’intéresse.

L’agence de relations publiques qui l’a envoyé a très bien fait les choses. Elle propose un sujet clé en main avec un bon dossier de presse (où l’on peut faire ctrl C/ ctrl V à cœur joie), un joli livre en format PDF (pour attendrir et sensibiliser le journaliste lecteur) et une liste d’experts qui se feront une joie de dire du bien du produit.

Même pas besoin d’aller s’embêter à rechercher puis joindre un expert sur le sujet, on vous l’apporte sur un plateau d’argent.

Et un article (élogieux), quasi clé en main!

Le bonheur, pour un journaliste-santé tâcheron (pas de généralisation, il y a des journalistes-santé qui sont très professionnels), c’est simple comme un message électronique d’une agence de relations publiques!

Par charité, j’ai anonymisé le nom des experts médicaux et je ne citerai pas l’agence de relations publiques.

Si vous croisez dans quelques temps un article dans la presse grand public,  ou sur internet sur ce sujet, j’espère que vous penserez à moi ;-).

(à part le prénom, aucun rapport avec le sujet de la note, j’ai pris cette photo ce jour sur une aire d’autoroute.)

Pour mémoire, j’avais déjà évoqué les relations incestueuses entre industrie pharmaceutique (via les agences de relations publiques) avec certains journalistes spécialisés dans le domaine de la santé ici (Amgen/GSK), ici (Pfizer) et ici (point de vue un peu plus général).

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De : ***

Envoyé : ***

Objet : Journée de la femme 8 mars – Proposition de sujet et interview d’experts sur la pilule contraceptive

Importance : Haute

Bonjour,

A l’occasion de la journée de la femme du 8 mars, nous vous proposons de découvrir les témoignages de plusieurs générations de femmes – grand-mères, mères et filles – issues de cinq familles européennes, qui se sont confiées sur leurs vécus, leurs attentes, leurs confidences autour de la pilule.

Dans ces récits, on y découvre des moments de tendresse, de complicité et de partage entre ces trois générations qui témoignent sur leur rapport à la contraception, qu’elles ont vécu à des époques bien différentes.

Il est également question de l’évolution de leurs attentes au fil des générations, de la pilule symbole de libération sexuelle à la volonté de disposer aujourd’hui d’une contraception efficace, naturelle et simple d’utilisation.

  • Brigitte, Ile-de-France, 53 ans : « Avant, les femmes n’avaient pas la pleine maîtrise de leur sexualité. Avec la pilule, les femmes ont désormais le choix : elles peuvent décider quel est le meilleur moment d’avoir des enfants et, surtout, éviter le traumatisme d’un avortement. »

  • Marion, Ile-de-France, 21 ans : « Ma génération a totalement intégré la pilule comme un moyen efficace, simple et assez peu contraignant afin de choisir d’avoir des enfants et de se laisser le temps de mener à bien d’autres projets avant. »

C’est dans ce contexte que vient d’être lancée Zoely®, première et seule pilule monophasique à l’estrogène naturel.


« […] Depuis décembre 2011, nous vivons sans doute une nouvelle révolution de la contraception : une pilule à l’estradiol, neutre et simple  d’utilisation (schéma monophasique) est désormais commercialisée en Europe. », Dr ***, Gynécologue, Paris.

Seriez-vous intéressé(e) par une interview d’un expert – Dr ***, Dr ***, Dr ***, Dr ***, Dr *** – ou par une interview d’une femme ?

Vous trouverez en pièces jointes :

  • Le dossier de presse présentant Zoely®

  • Le livre « la contraception au fil des générations », photographies par G.Uféras

Nous nous tenons à votre disposition pour toute précision.

Cordialement,

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(Merci à celui qui se reconnaîtra)