Le monde merveilleux de Cardiologie Pratique

Le dernier numéro de Cardiologie Pratique fait le résumé du congrès ESC qui s’est déroulé dernièrement à Amsterdam.

Vous allez voir, il n’y a que du bon.

Les innovations thérapeutiques sont innovantes et représentent un progrès décisif pour nos patients.

Petite revue sélective.

IMG_4834D’abord les gliptines, qu’il faut prescrire car elles ne sont pas plus toxiques chez le diabétique, d’un point de vue cardio-vasculaire, qu’un placebo dans une étude de non-infériorité.

Par contre la pleine page de publicité, non loin, est particulièrement hideuse.

IMG_4836Surréaliste, c’est presque aussi hideux qu’une couverture de La Revue Prescrire (presque).

IMG_4845On parle encore et encore de SHifT et de l’ivabradine, comme à chaque congrès ESC depuis la publication de cet essai en 2010.

IMG_4837Dans la prochaine analyse post-hoc en sous-groupes, qui sera présentée à l’ESC 2014, l’ivabradine montrera qu’elle est encore incroyablement efficace pour éviter la survenue d’ESV pairées chez les habitants de Montauban de 45 à 57 ans, porteurs d’un psoriasis, dont la fréquence cardiaque est comprise entre 75 et 77, si ils possèdent un berger des Pyrénées femelle castrée.

Dans chaque congrès, il y a un buzz. Dans celui-ci, c’est l’edoxaban qui a réussi l’incroyable tour de force d’être non-inférieur à du poison à rats. (c’est ce que un autre labo dit et ce que les médias répètent).

Respect.

IMG_4838 L’edoxaban n’a pas été le seul NAC à être à l’honneur:

IMG_4835Les firmes qui commercialisent les NAC recommandent fermement leur utilisation, via l’ESC.

Et voici mon moment favori de ce numéro de Cardiologie Pratique.

La science y côtoie le rêve, la poésie, le surréaliste, l’inconscient.

Il s’agit d’un symposium Daiichi-Sankyo sur le contrôle de l’HTA.

tripesDaiichi est l’heureux laboratoire qui commercialise l’olmesartan, un anti-HTA.

On en a un peu parlé, et, vous pouvez l’imaginer, pas en mal:

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Pourtant, pourtant, on y a parlé de « tripes »!

Et ça, c’est totalement onirique, poétique, surréaliste dans un symposium de l’industrie pharmaceutique, en particulier celui-ci.

Car c’est justement pour ses effets secondaires sur les tripes, (cas sévères d’entéropathies), que l’EMA/ANSM et la FDA avaient publié un avertissement sur l’olmesartan en juillet 2013.

Étonnant, l’inconscient? Non?

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Sinon, pour rire, vous avez aussi Le Gorafi (Pratique).

R for fun

Ce matin, c’était le Midterm Exam du MOOC de Princeton sur les statistiques. Pas de pression, le nombre de tentatives était illimité, et de toute façon, ce MOOC n’est pas sanctionné par un certificat.

En le faisant un peu en dilettante, j’ai eu 15/20 au premier essai. Si j’avais été plus attentif, j’aurais pu faire mieux. Mais c’est dire comme le niveau n’est pas trop élevé, car je suis loin d’être satisfait de mon niveau en statistiques.

Reste qu’au fil des semaines, je commence à apprécier ce satané R.

Hier je me suis amusé à faire une petite régression linéaire, simplement par plaisir.

J’ai repris les 12 auteurs de la recommandation sur la fibrillation auriculaire du sujet âgé et je me suis demandé si le nombre de liens d’intérêts était corrélé à la productivité scientifique de ces experts.

On dit bien que l’industrie n’engage que les meilleurs, et donc que les meilleurs ne peuvent qu’avoir des liens d’intérêts. Sous-entendu, ceux qui n’ont pas de liens d’intérêt ne sont pas bons.   

J’ai donc compté le nombre de liens d’intérêts des 12 experts et regardé sur PubMed le nombre d’articles dans lesquels ils apparaissent comme auteurs.

Je voulais voir si les deux étaient corrélés.

Comme je suis une bille, j’ai recueilli mes données sur Excel, et je les ai enregistrées en format texte avec séparation des champs par tabulation:

data J’ai ouvert RStudio et téléchargé mon fichier texte (nommé COI).

Les lignes de commande sont en bleu.

D’abord quelques statistiques descriptives:

describeLe nombre moyen de liens d’intérêts est de 6 (5.67) par auteur, le nombre moyen d’articles publiés est de 163 (163.33).

Et si on faisait maintenant une petite régression linéaire?

lm1Le coefficient de régression est de 12.245. Mais ce modèle n’est pas statistiquement significatif (p=0.166). Le nombre de liens n’explique que 18.28% de la variance du nombre de publications.

On peut aussi rechercher l’intervalle de confiance du coefficient de régression:

lm3Il englobe 0 (-6 à 30), ce qui est attendu, étant donné l’absence de significativité du modèle.

Qu’est-ce ça donne en graphique?

Avec son intervalle de confiance?

(woohoooo!):

lm2

lmgraphJoli, non?

On peut aussi normaliser et centrer la régression (scores z):

lm4Le coefficient de régression est maintenant de 0.4275.

Et, si on demandait à R de calculer le coefficient de corrélation?

corrIl est de…0.427.

CQFD

Dans une régression linéaire simple, le coefficient de corrélation est égal au coefficient de régression normalisé.

Mouhahahahahahaha, je fais le singe savant!

C’est grave Docteur?

Vivent les MOOC!

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J’ai fait la même chose avec les quelques 60 auteurs de la recommandation de l’ESC 2013 sur l’HTA.

On ne peut pas trouver plus de liens d’intérêts que chez les hypertensiologues, non?

COIMalgré cela, là aussi, aucune corrélation entre le nombre de liens d’intérêts et le nombres de publications…

(Comme j’ai été assez stupide pour balancer mes données et que j’ai aucune envie de recommencer, il va falloir que vous me fassiez confiance…)

Baltimore’s Fireflies

Le m-patient

Depuis quelques temps, je lis pas mal de choses sur l’évolution de la relation médecin/patient qui s’aventure sur le chemin de la télémédecine.

Je n’ai pas d’avis bien tranché sur la question, je ne sais pas si ce type de relation est positive ou négative mais j’ai un exemple qui me semble intéressant.

Le patient en question a la petite cinquantaine, un poste à responsabilités (c’est un euphémisme) dans une banque privée. Son expertise fait que sa vie est une succession de trajets, de réunions, de rendez-vous. Il n’a pas le temps de se soigner, et il faut bien dire qu’il est un peu négligent sur sa santé.

Depuis des années, donc, il néglige une HTA et depuis peu un diabète.

Je l’ai rencontré vers mars 2013.

Sa puissance de travail, sa détermination, son exigence et son professionnalisme m’ont impressionné d’emblée. Je pense qu’au travail, il doit être du genre « tueur ». Il se met en quatre pour ses clients, et il vaut probablement pas se mettre entre lui et ses objectifs.

Je me suis demandé comment l’aider à  gérer son problème d’HTA…

Je l’ai d’abord fait hospitaliser dans un service spécialisé au CHU. Ça a été un drame. Mon tueur (je l’appelle comme ça, mais il est tout ce qu’il y a d’agréable, par ailleurs) a fait la connaissance du CHU marseillais, son bordel épique, son personnel parfois haut en couleurs…

Bref, une boucherie.

Il est quand même sorti (en claquant la porte) avec un traitement.

Et je me suis à nouveau demandé comment l’aider…

Puis nous avons adopté le SMS, naturellement, sans le préméditer.

Il est donc  venu me voir en mars, puis en mai et consulte (pas assez régulièrement) son médecin généraliste .

Voici quelques SMS d’un échange qui dure depuis début avril 2013.

Parfois plusieurs semaines séparent les SMS. L’initiative de contacter l’autre est partagée. Quand je n’ai pas de nouvelles depuis trop longtemps, je lui envoie un SMS pour savoir comment il va.  Les trois derniers SMS datent d’aujourd’hui.

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