Comment Wikio a changé ma vie.

Wikio a changé ma vie de blogueur, maintenant que je suis étiqueté « influent » grâce à ma troisième place en août et quatrième en septembre.

D’abord, je me suis trouvé un objectif exaltant, détrôner Antoine Flahault de « ma » place. Je sais rester modeste, les deux premiers sont intouchables, au sens propre comme au sens figuré.

En conséquent, à partir d’aujourd’hui, Grange Blanche aura une section « scoops médicaux sur les pipoles », « professionnelles de santé nues » (ce sera participatif, envoyez vos photos!), et un formulaire en ligne pour commander des génériques de v.ag.a et de C.al.s pour « Grow YourPenis 3-inches longer & thicker, girl will love you  » comme le précise suavement un spam récemment reçu et dont je me suis largement inspiré. Sauf que moi, je les propose 30% encore moins chers!!

J’ai élaboré une vraie stratégie, car les profits que j’espère bien tirer de cette dernière activité me permettront peut-être, je dis bien peut-être de me payer les services du meilleur créateur de sites internet du monde, l’immense André Hajez (ici et ici sur Le Post, chez l’excellent Martin Vidberg).

Avec l’aide de cet Yves Saint Laurent de la programmation, j’espère encore améliorer mon influence.

Pourquoi donc changer ainsi radicalement de stratégie, alors que pour l’instant, j’avais adpoté un profil plutôt bas et discret?

Parce que, comme je l’ai dit, Wikio a changé ma vie.

Depuis que Grange Blanche est au firmament de Wikio, je reçois des propositions toutes plus grandioses les unes que les autres.

Cela me fait toucher du doigt ce que c’est d’être « influent » (jusqu’à ce jour, je n’avais toujours pas compris ce que c’était)

Bon, en fait, primo je ne suis pas au firmament, et secundo j’en ai reçu que deux, mais elles sont énormes (surtout une).

La première, d’une agence de presse (pas l’AFP, quand même) est de relayer sur ce blog des informations ou communiqués concernant le domaine médical. Ce qui m’a fait sourire, ce n’est pas la proposition en elle-même, mais que mon interlocutrice ait supposé que je pouvais déjà avoir un partenariat exclusif avec une autre agence. J’aurais bien aimé répondre que je ne savais pas, que j’en parlerais à mon impresario, mon attachée de presse et mon avocat. Je me suis contenté de décliner poliment.

La seconde est donc énorme. On m’a proposé rien de moins que de visiter une usine de frites. Si si, je savais que j’allais vous faire rêver. Cela, afin que je puisse constater l’action volontariste de l’industriel et ses « ambitions en matière nutritionnelle et environnementale« . J’aurais aimé répondre que je ne pouvais pas car cela tombait juste le jour de ma visite d’un site de production de préservatifs avec essais des produits maison. Mais je me suis contenté de décliner poliment.

J’attends la prochaine invitation/proposition avec une impatience trépignante.

Restez sur Grange Blanche, dans quelques temps, vous allez apprendre le  nom de l’immense vedette française qui vient d’apprendre qu’elle a à la fois un cancer du col de l’utérus (parce qu’elle ne s’est pas faite vacciner avec G.rd.s.l, 30% moins cher et sans ordonnance ici) et du testicule droit.

Aspirine, clopidogrel et geste invasif…

Comme tous les cardiologues et anesthésistes du monde, je me suis retrouvé récemment devant un patient sous aspirine et clopidogrel, moins de 12 mois après implantation d’une endoprothèse coronaire active et devant bénéficier d’un geste invasif réglé, mais devant être fait assez rapidement.

La demande m’a déjà fait sourire.

On me demandait une « trace écrite » (sic) sur la conduite à tenir vis à vis des antiagrégants plaquettaires.

Uhmm, il me semble qu’on est bien loin des recommandations de la SFAR 2006:  » une discussion pluridisciplinaire médicochirurgicale est obligatoire pour guider la prise en charge et la gestion périopératoire des AAP chez ce type de patients. Elle doit inclure le cardiologue, le spécialiste de l’hémostase, le chirurgien ou le médecin réalisant l’acte invasif (endoscopie, par exemple) et l’anesthésiste–réanimateur. »

Là, ce n’est pas une discussion dont il est question, mais d’une « trace écrite ». Serait-ce pour dédouaner l’anesthésiste en cas de problème médico-légal, ce qu’on appelle vulgairement « ouvrir le parapluie »?

Pardon d’avance pour les anesthésistes qui me lisent (notamment dans la Loire), mais si c’est le cas, il faut vite arrêter l’anesthésie et faire autre chose, par exemple vendre des parapluies.

Je laisse néanmoins le bénéfice du doute à l’anesthésiste qui n’a pas daigné écrire lui même le courrier, mais l’a sous-traité à une gentille interne de neurologie qui ne connaissait pas le patient, ni le problème, mais l’hébergeait néanmoins dans ses lits.

Encore une belle discussion pluridisciplinaire gâchée par un regrettable malentendu.

Ce qui est « drôle », dans cette histoire qui se passe au CHU et pas dans une clinique de sixième catégorie, c’est que le patient est venu avec un dossier cardiologique complet et notamment un courrier de son cardiologue traitant indiquant une conduite à tenir précise pour l’arrêt des antiagrégants pour l’intervention prévue.

Maintenant, il faut deux avis cardiologiques concordants pour gérer ce problème, un peu comme pour l’hospitalisation d’office?

Bref, je sais que je suis de mauvaise foi et que mon attitude n’est pas très constructive, car dans le fond j’aime bien mes confrères anesthésistes qui m’ont hébergé 6 mois en réanimation de chirurgie cardiaque, mais ne pourrait-on pas rendre un peu plus productives ces pseudos discussion pluridisciplinaires?

Ah oui, dernier petit détail qui m’a aussi fait désespérer de l’hôpital. J’ai examiné le patient dans la salle d’attente, c’est à dire dans le couloir des consultations car il était en lit médicalisé, et que ces lits ne rentrent dans aucune pièce de consultation. Je me suis alors demandé pourquoi aucun cardiologue ne s’était déplacé dans le service de neurologie pour aller le voir dans de meilleures conditions humaines et techniques.

Je n’ai pas osé poser la question à l’interne de neuro, ne voulant pas entendre la réponse.

Je n’ai aucune inquiétude vis à vis de la prise en charge de ce patient, qui sera in fine soigné au mieux. Mais pourquoi ce processus devient de plus en plus laborieux, pesant, rugueux, épuisant pour les médecins et les patients au fil des années?


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Newsome LT, Weller RS, Gerancher JC, Kutcher MA, Royster RL. Coronary artery stents: II. Perioperative considerations and management. Anesth Analg. 2008 Aug;107(2):362-4.


Le Collège Français des Anesthésistes Réanimateurs propose cette synthèse qui date malheureusement de 2007 (les recommandations de la SFAR datent de 2006, une éternité).


Metzler H, Huber K, Kozek-Langenecker S. Anaesthesia in patients with drug-eluting stents. Curr Opin Anaesthesiol. 2008 Feb;21(1):55-9.

John W. Riddell, Laurence Chiche, Benoît Plaud, and Martial Hamon. Coronary Stents and Noncardiac Surgery.Circulation. 2007;116:e378-e382.

Il n’y a pas de hasard

J’ai reçu le coup de fil d’une déléguée médicale de Sanofi-Aventis pour m’inviter à suivre une session de cas cliniques cardiologiques sur la toile.

J’ai trouvé cela curieux, car hormis une exception, je ne reçois plus la visite médicale (pas de mauvais esprit, ce n’est pas une blonde à jupe courte et forte personnalité, mais un visiteur que je connais et apprécie depuis des années).

J’avoue que j’ai écouté d’une oreille très distraite, car ce coup de fil était le troisième à me déranger durant un doppler un peu délicat. Par ailleurs, j’avais décliné la prise de cet appel à ma secrétaire quelques secondes plus tôt

J’ai quand même capté que cette initiative était une initiative de cardiologue, et que Sanofi n’apportait qu’un soutien « amical ».

La session suivante portera sur les syndromes coronariens aigus.

J’ai décliné le plus poliment possible étant donné que je tenais la sonde de la main droite, le téléphone de l’oreille gauche et que j’avais deux expressos dans le plasma.

Ce matin, j’ai compris.

Je suis allé sur le site en tapant plusieurs mots-clé sur Google, je n’avais décidément rien écouté.

Le site annonce la couleur: « Le programme XXX a été conçu à l’initiative des laboratoires sanofi-aventis et Bristol-Myers Squibb impliqués dans la cardiologie.« .

On ne parle plus des cardiologues censés être à l’initiative de ce programme, c’est bien dommage.

Sanofi+BMS= Plavix (clopidogrel)!.

Euréka!

Les deux labos sont morts de trouille devant l’arrivée du prasugrel et du ticagrelor, d’où une campagne intensive pour rappeler le clopidogrel aux bons soins des cardiologues.

L’automne va être chaud, là aussi!

Une rose, des épines (2)

Je n’ai pas eu à patienter longtemps sur mon banc pour assister au résultat de l’arrivée de la belle plante dans le petit jardin apparemment paisible.

Apparemment, car comme je l’ai déjà dit, deux grandes forces telluriques s’y affrontent de toute leur puissance, ce qui fait que la résultante est nulle, ou quasi.

Les espèces locales sont soutenues par l’une ou l’autre de ces deux forces.

Donc, du côté flore, rien ne bouge non plus.

J’attendais donc avec impatience la suite des évènements.

Je n’ai pas été déçu.

La rose est arrivée comme en terrain conquis et s’est vite attirée la solide et rude inimitié du petit peuple des jardins.

Et vous savez comme cette inimitié se répandre rapidement dans toutes les directions.

La rose a aussi réussi l’exploit remarquable de créer une convergence d’intérêts entre forces telluriques et flore locale.

Je n’ai pas résisté à la tentation de participer à la Comédie Humaine Universitaire.

Là aussi, je n’ai pas été déçu du résultat.

J’ai hâte de voir la suite.

Je regagne donc mon banc après avoir semé mon petit grain de sel.


Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et, rose, elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.