Double sens

(via David Rothman)

Bayes, toujours d’actualité.

« Deep down, we’re all Bayesians, except sometimes when making mistakes ».


Il y a des éditos qui sont plus intéressants que les articles qu’ils décortiquent, et le « How Would the Reverend Bayes Interpret High-Sensitivity Troponin? » du Circulation de cette semaine fait partie à mon avis de ceux-là.

L’article de Januzzi s’intéresse à la valeur diagnostique de la troponine ultra-sensible (hs-TnT) dans le diagnostic des syndromes coronariens aigus (SCA).

Les auteurs comparent notamment cette hs-TnT avec la troponine conventionelle (c-TnT).

La hs-TnT gagne en sensibilité (62% contre 35%) au prix d’une perte de spécificité (89% contre 99%).

Cela a permis de dépister 11 SCA supplémentaires parmi les 37 de l’étude, au prix de 35 faux positifs parmi les 340 patients n’ayant in fine pas de SCA.

Toutefois, une partie de ces « faux » SCA étaient de vrais cardiaques, c’est à dire ayant une altération structurelle non coronaire, mais qui a toutefois été dépistée pas la hs-TnT.

Les auteurs de l’éditorial s’interrogent sur la performance finale du test, quand celui sera pratiqué dans des situations où les patients seront à bas risque.

On en revient toujours au théorème de Bayes, c’est à dire que la probabilité post test est dépendante de la probabilité pré test.

« Thus, even very high values of troponin do not establish a diagnosis of ACS with confidence if the pretest probability is low. Conversely, very low values do not reliably exclude the diagnosis of ACS if pretest probability is high. From a Bayesian perspective, therefore, troponins are no different from any other imperfect diagnostic test, and even putative « high-sensitivity » assays must obey the mathematical laws of probability. »



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How Would the Reverend Bayes Interpret High-Sensitivity Troponin? George A. Diamond and Sanjay Kaul. Circulation. 2010;121:1172-1175; published online before print March 1 2010, doi:10.1161/CIR.0b013e3181d839e8


High-Sensitivity Troponin T Concentrations in Acute Chest Pain Patients Evaluated With Cardiac Computed Tomography. James L. Januzzi, Jr, Fabian Bamberg, Hang Lee, Quynh A. Truong, John H. Nichols, Mahir Karakas, Asim A. Mohammed, Christopher L. Schlett, John T. Nagurney, Udo Hoffmann, and Wolfgang Koenig. Circulation. 2010;121:1227-1234; published online before print March 1 2010, doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.109.893826

Bring ‘Em Back Alive

En ce moment, l’ACC 2010 bat son plein, mais aucune info ne me fait assez rêver pour écrire une note dessus. Il y a quand même ACCORD qui met enfin un coup d’arrêt (temporaire) à l’exploration des basses tensions artérielles chez le diabétique (tant mieux).

Mais sinon, bofbof…

Par contre, ce matin, en me levant, je ne sais pas pourquoi, je me suis rappelé de cette série qui passait quand j’étais petit:


Je rentrais en transes chaque fois que j’entendais le générique…

Générique français pour une fois meilleur que l’original.

Pour vous remettre dans l’ambiance, c’est ici.

Two Japanese Wrestlers by a Sink.

Je poursuis la lecture du catalogue de l’exposition de Lucian Freud.

Et malheureusement, comme je m’y attendais, ça devient pompeux, chiant et légèrement incompréhensible.

Je me suis toujours demandé pourquoi les ouvrages sur l’art se faisaient souvent un devoir de l’être.

Il y a quand même de bons passages:

« En 1954, au moment où il expose à la Biennale de Venise avec Ben Nicholson et Francis Bacon, Freud a déclaré que le but de la peinture est d’ouvrir par la sensation à une « intensification de la réalité ». Les qualités intuitives de l’artiste l’emportent sur le savoir ou l’intelligence. Est véritablement peintre celui qui rend réel pour autrui ce qu’il sent devant un être ou une chose, au mépris de toute convenance ou convention. Au prix d’une distance émotionnelle et d’une observation implacable, la peinture doit acquérir pour elle-même une vie propre qui lui confère la possibilité de réfléchir la vie réelle. » (page 41)

Le documentaire de 26 minutes que Hector Obalk consacre à Lucian Freud est lui, ni pompeux ni chiant.

Vous pourrez en voir un extrait ici et l’acquérir ou le louer . Attention, à cause d’une histoire de DRM, ce documentaire de 297 Mo n’est visible que sur un lecteur Window Media Player à partir de la version 11.

L’extrait analyse le tableau suivant:


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Two Japanese Wrestlers by a Sink. Lucian Freud. 1983-1987