Un glorieux passé militaire…

Oulàà, je n’aimerais pas me retrouver droit dans les bottes de ce démocrate qui depuis des années fait croire qu’il a fait le Vietnam, notamment bien sûr au cours des discours prononcés devant des vétérans…

Comme le plus souvent dans ce fabuleux journal, le NYT lui règle son compte en 3 pages, sans bavure ni effet de manche.

Cette histoire m’a rappelé les 3 dispenses que j’ai reçues quasiment la même semaine, à l’issue de plusieurs mois de procédures pour éviter ces très inutiles (pour les médecins, en tout cas) 12 mois de service national.

Presque tous mes confrères, notamment cardiologues, ont des histoires biscornues de maladies rythmiques graves et difficiles à dépister, qui auraient rendu leur incorporation dangereuse.

J’avais à l’époque opté pour jouer la montre (on était très proche de la fin officiel du service national) mais avec une pathologie simple. Comme je suis un peu atopique, j’ai parié sur un asthme. J’ai surtout eu de la chance, car je présume que durant les derniers mois, le Service de Santé des Armées était moins avide de jeunes recrues internes.

Néanmoins, à la fin, j’avais presque développé un asthme allergique, et je faisais de véritables (et très pénibles) crises que je n’ai jamais plus eues depuis. D’ailleurs le test à la métacholine était resté désespérément négatif….

Cette exemple personnel m’a édifié définitivement sur la puissance du psychisme.

 

°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°

 

Candidate’s Words on Vietnam Service Differ From History. By Raymond Hernandez. The New York Times. Published: May 17, 2010.

Down The Drain

Merci à celle qui se reconnaitra.

(Blog en vacances, en ce moment, je ne peux plus voir en peinture une note médicale.)

A fond dans la Yaris!

Je roule à tombeau ouvert vers l’hôpital avec les Doors à fond, tout en relisant des passages du Philip Roth…

(Pas facile de garder la page avec le souffle de la vitesse)

Le baroud ultime

Il faisait de son mieux pour dissimuler son anxiété – son envie folle de toucher, le désir poignant que lui inspirait un corps comme celui-là, la vanité de toute l’affaire, et sa propre insignifiance – et il faut croire qu’il y parvint car, lorsqu’il sortit un papier de son portefeuille pour lui écrire son numéro de téléphone, au lieu de faire la moue et de s’enfuir en se moquant de lui, elle le prit avec un mignon sourire de chat, qu’on aurait bien vu s’accompagner d’un ronronnement. «Vous savez où je vis », dit-il tout en se sentant bander dans son pantalon, à une vitesse magique, incroyable, comme s’il avait quinze ans. Tout en ressentant aussi cette impression aiguë d’individualisation, de singularité sublime, qu’offre une nouvelle aventure sexuelle, ou une histoire d’amour, contrairement à la maladie grave, qui vous dépersonnalise en vous neutralisant. Elle le dévisageait de ses grands yeux bleus expressifs. « Vous avez quelque chose d’original, lui dit-elle, pensive. – Eh oui, lui répondit-il en riant, je suis né en 1933. – Vous m’avez l’air en pleine forme. – Et vous aussi, vous m’avez l’air en pleine forme. Vous savez où me trouver », répéta-t-il. En un geste charmant, elle agita le papier comme une clochette, et il la vit avec délices le fourrer dans son débardeur trempé de sueur, avant de reprendre sa course le long de la jetée.


Un homme (p 115)

Philip Roth

Traduction Josée Kamoun.

Eds. Gallimard