Comme c’est étrange…

Dans le PLoS One d’il y a deux jours, on trouve un papier qui montre que depuis que le JAMA exige une analyse statistique indépendante pour les articles financés par l’industrie, ce dernier en publie moins. Alors que dans le même temps, le Lancet et le NEJM en publient plus.

Les auteurs ne vont malheureusement pas bien plus loin, car ils ne connaissent ni l’évolution du nombre d’articles financés par l’industrie, soumis au JAMA, ni même leur taux d’acceptation.

Mais la constatation est intéressante.

L’industrie serait-elle allergique à l’analyse statistique indépendante, ou est-ce  que cette dernière diminue indifféremment le taux d’acceptation des articles?

Le mystère reste entier.

Regardons toutefois cette vidéo qui éclaire singulièrement ce problème délicat:

Décryptage façon Arrêt sur Images: le chanteur à la gueule de truand, c’est le Lancet, les filles, l’industrie, le type un peu simplet et à l’air honnête sur la banquette arrière qui disparaît définitivement au bout de 30 secondes et ne ramène rien, c’est le JAMA. Moralité: l’honnêteté ne paie pas.

Alternative: le simplet honnête, c’est un statisticien indépendant que le Lancet a eu initialement l’intention d’amener avec lui en virée. La première fille, de l’industrie, lui glisse dans l’oreille de se débarrasser fissa de ce boulet, sinon, ce sera soirée Sudoku chez mamie, sans ses copines. Le Lancet a tenu exactement 30 secondes avant d’éjecter à grands coups de pompes le statisticien dans le fossé et de prendre à la place une statisticienne non-indépendante beaucoup plus bonnarde et qui a tout compris (la brune avec le petit haut noir et la jupe léopard). Moralité: idem.

(RIP Pauly Fuemana)

Pour rester sur le même sujet, les cours de mon DU d’interprétation des essais thérapeutiques a débuté en début de semaine, et le premier article qui nous a été soumis est l’étude HOT, financée par l’industrie et publiée dans le Lancet en 1998.

Avec les cours d’un côté et quelques questions pour nous guider, on réalise vite que les conclusions ne reposent sur rien, ou presque, en tout cas pas sur le niveau de preuve annoncé par les auteurs.

Ça me paraît stupéfiant que ce papier ait été accepté et publié tel quel dans le Lancet.

Même les relecteurs d’Impact Médecine auraient tiqué.

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Wager E, Mhaskar R, Warburton S, Djulbegovic B (2010) JAMA Published Fewer Industry-Funded Studies after Introducing a Requirement for Independent Statistical Analysis. PLoS ONE 5(10): e13591. doi:10.1371/journal.pone.0013591

Ah, je crois que j’ai loupé le concert du siècle…

Rousseland

Comme le temps passe, et que ma honte diminue, je vais vous raconter ma dernière, qui date d’il y a une semaine.

Au préalable, je voudrais préciser que vie privée et exercice de la médecine sont incompatibles dans mon esprit. Coucher avec une patiente ou la famille d’une patiente, je ne parle bien évidemment pas du personnel, est pour moi un interdit ultime.

Bon ceci étant, je suis marié, avec une infirmière, d’où ma remarque dans le paragraphe précédent, donc la question ne se pose même pas, que ce soit au boulot ou ailleurs.

A ce point, vous devez vous demander où je vais vous conduire, mais vous allez être déçus, pas bien loin.

Je reçois une dame âgée, et sa petite fille est une splendide rousse, à peu-près mon âge, tout comme j’aime.

Je rentre ce satané PMSI, puis je me rends dans la chambre de la dame où je retrouve assises sur le lit la petite-fille, et un membre féminin du personnel qui est…rousse. (et que je n’avais jamais remarquée avant)

Et là, je ne sais pas, le soleil couchant irisant leurs chevelures, la fatigue de la fin de semaine, une hypoglycémie vespérale furieuse, enfin bref, j’ai sorti une phrase du genre « Mon Dieu, deux rousses dans un lit, quel rêve (ou que c’est beau) »…

Elles ont pouffé, et la grand-mère m’a regardé avec un œil sombre (mais en fait, après j’ai compris qu’elle était presque totalement sourde).

J’ai cherché un trou où me terrer, ce qui est pas très courant dans une chambre d’hospitalisation, je me suis donc replié rapidement vers le bureau des infirmières.

Après le départ de la paramédicale qui était écroulée de rire, j’ai bien dû retourner faire l’interrogatoire.

La petite-fille m’attendait au même endroit, devant sa grand-mère à l’œil sévère.

Bon, il n’y a pas eu d’interrogatoire.

On n’a fait que parler du bonheur/malheur d’être rousse/roux avec la petite fille qui était visiblement amusée par ma gène, de nos enfants respectifs, des moyens de lutte contre le soleil, des légendes urbaines (l’hyperalgie n’en est pas une). Je me suis excusé encore 10 fois, elle a été diplomate en répondant que c’était plutôt flatteur car les hommes qui aiment les rousses sont rares.

Bref, on a parlé de tout, sauf de la grand-mère.

Conclusion de tout ça, ne jamais mélanger vie privée et médecine 😉

Roots

Retour à la maison familiale par cette belle journée d’automne.

J’emmène mon aîné sur les chemins que j’ai parcourus en long et en large en vélo dans mon enfance, et les couleurs sont splendides.

Dans la descente suivante, je me suis pris des tas de gadins magistraux en faisant des courses folles avec ma voisine, aucun des deux ne voulant s’avouer vaincu (tu te souviens, Carine?):

A l’époque, ce n’était pas une impasse et elle n’avait pas de nom:Sur les 4 Cottin en question, l’une était mon arrière-grand-mère, et une autre mon arrière-grand-tante, les deux autres, je ne sais pas trop. Elles se sont dissoutes dans le temps. Dans une génération, plus personne ne se souviendra qui elles étaient, encore moins des courses haletantes qui se sont déroulées sur ce chemin.

Carpe Diem.