Voici un questionnaire, bisous

J’ai reçu un courrier de l’Assurance Maladie aujourd’hui, bref moment d’inquiétude, surtout en ce moment, pour découvrir que j’avais été tiré au sort pour répondre à un questionnaire visant à décrire le contenu des consultations réalisées en médecine de ville.

Pas de surprise, je ne suis jamais tiré au sort pour gagner des applications iPhone (pourtant je retweete tout ce que @Gameloft_France me dit de retweeter)  ou des cadeaux même dont je n’ai pas l’utilité, uniquement pour des conneries.

L’enquête repose sur le remplissage (dixit) des documents suivants:

  • un questionnaire Activité de deux pages concernant votre activité professionnelle.
  • un questionnaire Consultation de quatre pages pour chaque patient vu au cours de deux demi-journées d’activité en cabinet (les dates retenues vous seront précisées lors de l’envoi des documents). Le temps nécessaire pour remplir ce questionnaire est estimé en moyenne à 5 minutes par consultation.

Cette lettre sent la gène, voire le caritatif, elle en est presque touchante:

Cette participation est particulièrement importante et fortement attendue: elle permettra d’établir une description précise de l’activité clinique des médecins et de rendre compte des spécificités de votre activité.


Un nombre suffisamment élevé de répondants est indispensable à la qualité des résultats attendus par la profession. Compte-tenu du nombre important de médecins interrogés, et par conséquent, du coût élevé de l’enquête, la participation des médecins n’est pas rémunérée.

Le médecin qui reçoit ça appartient probablement à un des trois groupes suivants:

  • soit il a une haute considération de son métier, et il va trouver humiliant que l’Assurance Maladie regrette de ne pas pouvoir lui donner un biscuit à ronger. Direct poubelle
  • soit il a l’habitude de répondre à des questionnaires bien rémunérés (chèque, ou mieux, bons d’achats chez Amazon) et il a du hurler de rire devant le détail qui tue: l’étude coûte cher donc on ne peut pas vous rémunérer. Même résultat, direct poubelle (mais au moins, il s’est marré)
  • soit son conjoint travaille à la CNAM, et il va lire les 2+4x pages (x étant le nombre de patients vus sur 2 demi journées) et y répondre consciencieusement.

Comme le dit si bien Jaddo, bisous.

De toute évidence, celui qui a rédigé ce courrier vit dans un monde fort-fort lointain….

La dispute

Pfupfu

Restons-amis…

Le BMJ avait donné des conseils pour divorcer d’un patient, mais comment éconduire de façon diplomatique un patient dont on ne veut pas être le médecin pour tout un tas de raisons plus valables les unes que les autres?

En effet, la relation médecin-malade est particulièrement asymétrique dans ce cas particulier, car il suffit à un patient de ne pas aller voir, ou de ne plus retourner voir un médecin qu’il ne souhaite plus avoir comme partenaire, pour tout un tas de raisons plus valables les unes que les autres.

J’ai posé la question hier sur Twitter:

http://twitter.com/#!/grangeblanche/statuses/572948150751234

Les réponses des confrères montrent à quel point ce problème est épineux:

http://twitter.com/#!/Docteur_V/status/606595364950017
http://twitter.com/#!/soleildemarseil/status/604084692324355
http://twitter.com/#!/Dr_Stephane/status/574325182697472
http://twitter.com/#!/DrCouine/status/962042043310080
http://twitter.com/#!/DrCouine/status/962240668762112
http://twitter.com/#!/Jaddo_fr/status/965761434656768
http://twitter.com/#!/jdflaysakier/status/966959252381696
http://twitter.com/#!/mimiryudo/status/925011829334017

Même les patients souhaitent nous donner un coup de main:

http://twitter.com/#!/TiphaineMF/status/1188596996374529

 

Donc, il n’y a pas de recette miracle.

En général je m’en sors avec un « Oui mais… il faut vous trouver un cardiologue plus proche de chez vous…. »

On peut imaginer que le patient habite en face du cabinet.

« Oui, mais… il vaut mieux demander un contact à votre médecin généraliste, avec lequel il a l’habitude de travailler… »

Ou que le patient habite en face du cabinet et que son médecin généraliste est un correspondant.

« Oui, mais…non, le cabinet est plein, je vous préviendrai quand une place se libérera, ce qui ne saurait tarder…. »

En fait, il faut lui faire peur…