Tout est perdu fors les honoraires

J’en ai déjà parlé sur Twitter, mais j’ai été très surpris par ce billet d’humeur(s), écrit par un confrère dans le Journal des Médecins Libéraux PACA.

honorairesJe n’ai pas d’avis bien tranché sur le conflit actuel entre les médecins libéraux et le ministère. Je suis un libéral à temps très partiel qui utilise déjà majoritairement le tiers-payant depuis des années, sans inconvénient particulier. Donc la mesure phare tant honnie  du projet de loi  ne me touche pas vraiment. Après, je comprends les craintes des confrères sur l’augmentation de la charge administrative, la course aux remboursements… La bataille contre l’étatisation de la Médecine me paraît par ailleurs être un faux problème.

Mais cette tribune qui ressort du fin fond des siècles (et du Littré) l’étymologie, certes honorable, du mot honoraires me semble terriblement datée … du XIXième qui ne fut pas qu’un siècle des lumières pour notre profession.

Je suis surtout persuadé qu’elle dessert les convictions qu’elle espère soutenir.

Je n’ai certainement pas fait Médecine pour être honoré par des patients qui déposeraient sur mon autel des honoraires en fin de consultation, tel un dieu de l’Antiquité dans son sanctuaire.

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais dans le contexte actuel de l’avenir de la cardiologie.

J’ai répondu que quand je considère mon métier, qui est de soigner, je suis optimiste. Par contre, quand je compare les postures des représentants de nos syndicats, je suis particulièrement pessimiste.

Et c’était avant de lire ce texte…

Je suis moche

Juste une petite note pour prévenir les abonnés de la Revue Prescrire (LRP).

Le numéro de février est très particulier puisque sa couverture n’est pas moche.

Le débat fait rage sur Twitter, certains disent « moche mais pas horrible », ce qui me semble aussi assez pertinent.

https://twitter.com/Dr_Stephane/status/561614941980229632

Bref, si comme moi vous repérez de loin les couvertures moches et horribles de LRP à travers leur emballage translucide, ne jetez pas ce numéro par mégarde:

IMG_7971Deux hypothèses:

  • LRP s’est enfin décidé à payer ses dessinateurs.
  • Il n’y a plus de LSD périmé dans la pharmacie de la rédaction, car ils sont enfin arrivés à la fin de leurs gros stocks personnels, millésime 1968.

Sinon, dans ce numéro, un dessin moche (quand même!) et la liste des traitements à éviter en cardiologie:

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Le Quotidien du Médecin 1979-2014

Une consœur lectrice de ce blog m’a fait parvenir un exemplaire du numéro 2000 du Quotidien du Médecin daté du 7 novembre 1979. Je la remercie de nouveau pour ce fabuleux cadeau.

Ce numéro spécial imaginait ce que la santé et notre profession allaient être en 2000.

Le numéro est touffu, je n’ai donc pas encore eu le temps de tout lire, mais j’ai déjà été assez impressionné par la liste des signataires: Joël de Rosnay, Jean de Kervasdoué, Jean-Louis Funck Brentano et l’immense André Cournand.

Les textes sont bien écrits et si le recul des années fait sourire des craintes et aspirations des confrères de l’époque, certaines anticipations se sont révélées très pertinentes.

Les confrères ont mal anticipé le développement des flux d’informations. Ils imaginaient un réseau moins vaste, plus national que global, réservé aux professionnels, mais permettant de faire beaucoup plus de choses que ce que l’on peut faire actuellement. Ainsi ils imaginaient une libre circulation du dossier médical des patients entre chaque médecin (huhuhu).

IMG_7960J’ai fait quelques clichés d’articles pour vous donner la tonalité de ce numéro.

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IMG_7954Pour alimenter le débat qui a lieu actuellement sur Twitter sur enseignment et CHU (débat pas nouveau…). @PUautomne, @Docteur_V et @Matt_Calafiore.IMG_7950

Et hop, un sondage! IMG_7958IMG_7956IMG_7957IMG_7955

Un article remarquable que j’ai numérisé ici:IMG_7949En l’an 2014, dans le QduM, les articles de fond auront enfin laissé place à la publicité pharmaceutique.
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En 1979, le QduM publiait dans ses colonnes une fiction médicale de Ray Bradbury (pas un homonyme, « LE » Ray Bradbury), en 2014, deux  histoires courtes sur l’efficacité de l’ezetimibe.

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Réévaluation des AOD par la HAS

La HAS vient de publier un communiqué de presse résumant la réévaluation qu’elle a faite des AOD (ex NACOs) dans le traitement préventif du risque thrombo-embolique de la fibrillation atriale.

Par rapport à sa dernière évaluation, une chose ne change pas: les AOD doivent être prescrits en seconde intention, les AVK restant la référence. 

Concrètement, les NACO sont à réserver aux situations suivantes :

– les patients sous AVK pour lesquels le maintien de l’INR (International Normalized Ratio) désiré dans la zone cible n’est pas assuré malgré une observance correcte;

– les patients pour lesquels les AVK sont contre-indiqués ou mal tolérés ou qui acceptent mal les contraintes liées à la surveillance de l’INR.

Ce qui change, c’est que la HAS a classé les AOD selon leur efficacité.

Le SMR de l’apixaban, et du rivaroxaban est important, celui du dabigatran est  modéré.

L’ASMR de l’apixaban est mineure par rapport aux AVK, il est nul pour le rivaroxaban et le dabigatran.

Bon, donc rien de bien neuf quand même…

Les AOD sont de moins en moins la merveilleuse panacée qu’on a bien voulu nous faire prescrire.

Pour les nostalgiques, je vous conseille de nouveau  TAqFA, qui est une mine d’or incomparable pour tous ceux qui s’intéressent à la fabuleuse machine à vendre du rêve en graphiques colorés qui a entouré le lancement et entoure encore la vente des AOD.

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 mort aux rats

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La HAS a revu sa copie à l’égard du service médical rendu des NACO. Vincent Bargoin. Medscape.fr. 26 janvier 2015