Patriotisme

Vous le savez, je suis toujours prêt à aider mon pays. J’y pense tous les matins quand je me rase.

J’ai découvert récemment avec émerveillement le nouveau portail public du médicament, MedicFrance.

A l’heure où j’écris cette note, ce site vient juste d’ouvrir, il est donc à un stade initial d’un développement qui s’annonce déjà fulgurant.

Mais une crainte m’a assailli hier au soir. Et si l’afflux des « cibles » (mot employé par le ministère pour désigner les différents types d’usagers, en bas de la page 10) venait à congestionner le serveur, et rendre l’accès au site impossible, comment ferions-nous pour continuer à soigner nos patients?

Cette éventualité grave ne m’a pas permis de trouver le sommeil. Mais au petit matin, la lumière s’est faite.

Il me suffit de créer un clone de cet admirable site sur Delicious, que nous pourrions utiliser en cas de défaillance du serveur original  !

Après mon labeur, je me suis reposé la septième minute.

J’ai donc la joie et la fierté de vous annoncer la naissance de « MedicFrance Delicious » qui reprend l’intégralité des fonctionnalités de MedicFrance (hormis le blabla sur le DGS, DSS et le DHOS, dont la défaillance n’entrainerait, je pense, aucune gène insupportable). Vous y trouverez même l’indispensable discours de notre Ministre (ici).

Vous devez vous dire que tout cela est bien inutile, et que les serveurs du ministère sont à même de supporter le tsunami de connexions attendu. Que nenni. Dès ce matin, la fonctionnalité « Analyse de prescription » du GIE SIPS répond obstinément à chaque requête que leur string est trop serré, ou quelque chose comme ça:

Photobucket

(c’est probablement un coup tordu de la BCB ou du Vidal 😉 )

La médecine à deux vitesses.

Un article du NYT publié récemment raconte les conditions effroyables dans lesquelles les femmes accouchent dans un hôpital de campagne en Tanzanie. La mortalité maternelle « officielle » dans ce pays est de 578/100000 (950/100000 selon l’OMS).

Pour donner une idée de comparaison, ce taux est de 1/100000 en Irlande, de 11/100000 aux EU et à l’autre bout de la chaine de la mort, à 2100/100000 en Sierra Leone. Les causes de cette catastrophe sanitaire et humaine quotidienne sont multiples: absence d’infrastructure hospitalière et routière, absence de personnel de santé compétent, extrême pauvreté…

Pour les internes qui vont commencer en novembre prochain, imaginez la situation dans laquelle travaille ce jeune médecin:« Even though it serves an area with about 200,000 people, the hospital in Berega has no obstetrician or pediatrician. It has only one fully trained doctor, Dr. Paschal Mdoe, 31, who became the medical director in August, fresh out of medical school. ».


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Where Life’s Start Is a Deadly Risk. By Denise Grady. Te New York Times. Published: May 24, 2009.

Cet article est le premier d’une série de trois.


Pas de veine

Via Medgadget, j’ai découvert ce système qui permet de visualiser le système veineux superficiel pour y faire des prélèvements ou y mettre une perfusion. Le principe en est l’absorption des infra-rouges par l’hémoglobine. Les vaisseaux apparaissent donc en négatif. Ils disent que ça marche chez tous les patients « difficiles », les obèses et les personnes âgées notamment et la vidéo est assez démonstrative.

Je serais curieux de voir ça….

Annuaire inversé

Une patiente dont le nom se termine par -ian est hospitalisée.

Son nom de jeune fille se termine aussi par -ian, tout comme le nom de son cardiologue. C’est assez courant d’observer ces regroupements dans la communauté arménienne (comme dans toutes les autres, d’ailleurs, j’en avais déjà parlé ici). La patiente a en fait été mal aiguillée, et j’appelle le médecin généraliste qui s’occupe du secteur qui serait plus adapté pour elle. C’est aussi un -ian. Quand il entre dans la chambre et qu’il donne son nom (le phénotype aurait déjà suffit par lui même), les visages de la patiente et de ses fils se sont éclairés, et les langues se sont déliées. J’adore le communautarisme vu sous cet angle là. Dommage, mon -ian n’a pas pu utiliser les quelques mots d’arménien dont il se souvient, ce qui aurait à coup sûr rendu l’atmosphère devenue détendue, franchement joviale.

On examine la patiente et on discute avec les deux fils. Bien sûr, les -ians, le mien et toute la famille commmencent à comparer leurs connaissances.

Harutunian? Connais!

Topalian? Connais!

Dilsizian? Connais!

Mélikian? Connais!

Boyajian? Connais!

Najarian? Connais!

En sortant de la chambre, on a éclaté de rire, car la communauté arménienne, ses petits défauts (ce sont en général de très bon vivants, c’est donc un gros facteur de risque cardio-vasculaire) et ses grandes qualités sont une source inépuisable de discussions et de rires avec mon -ian.

Et puis, on connait des tas de médicaments arméniens, eux aussi: Solian, Tercian… 

Nous avons alors eu une idée lumineuse; pourquoi ne pas faire un annuaire téléphonique  inversé avec le suffixe au début?