Moro-Songs for Grandma

Un coronarographiste peut en cacher un autre…

Car certains ont quand même largement dépassé le stade du simple réflexe occulo-sténotique 😉

Un copain m’a ainsi fait récemment découvrir une autre facette de son talent puisqu’il a enregistré un album de Folk Music.

Cet extrait s’appelle Money & Glory, car ça reste quand même un cardiologue…

Son groupe s’appelle Moro, et pour les découvrir, c’est ici.

Les Bienveillantes

J’ai lu une nouvelle il y a bien longtemps.

Un homme douloureusement seul s’achetait des cadeaux somptueux qu’il emballait et remisait durant des années dans une pièce de son immense maison. Une fois qu’il avait oublié ce que les paquets renfermaient, c’est à dire des années plus tard, ils en ouvrait un pour son Noël, ou pour son anniversaire. Et à chaque fois, il poussait des cris de ravissement, puisque chaque paquet renfermait ce qu’il avait désiré un jour, ainsi qu’une parcelle de ce jour. J’ai vécu un peu la même sensation en exhumant de ses cartons ma petite bibliothèque.

Ces livres m’ont touché jusqu’à ce que je les ramène chez moi, puis je les ai lus, parfois aimés, puis je les ai oubliés durant des années, 11 ans pour certains.

J’ai même retrouvé un livre dont je ne me souvenais pas le moins du monde. Pourtant, en le relisant, je me suis rendu compte que j’arrivais à deviner ce qui allait se passer… La précognition n’étant pas mon fort, j’en ai déduit que je l’avais lu. C’était un bouquin pas très bon, une espèce de Da Vinci Code écrit par un auteur grec. Dans 3 mois, si cela se trouve je l’aurais de nouveau oublié et je regarderai de nouveau sa couverture avec perplexité.

J’ai aussi redécouvert et relu Les Bienveillantes de Jonathan Littell.

J’en avais parlé sur mon ancien blog ici, ici et ici, et ce que j’en avais écrit confirme un souvenir assez mitigé.

En caressant puis en ouvrant sa vénérable couverture nrf, je ne comptais que lire le premier chapitre Toccata, qui m’avait tant impressionné.

BienveillantesJe suis tombé nez à nez avec un marque-page bien singulier, une relève de garde de réanimation de chirurgie cardiaque. J’avais oublié que j’essayais de lire le plus souvent possible durant ces nuits toujours si particulières.

RelèveJe me suis demandé ce que ces patients étaient devenus, 8 ans après, notamment celui de la plastie mitrale+PAC avec mauvais VG qui était encore en réa à j9. J’espère qu’il s’en est sorti et que ma remémoration n’a pas dérangé ses mânes. J’ai souri à la remarque famille médecins que j’avais inscrite en face du nom du second patient. C’est tellement ça.

Je me souviens aussi de la longue conversation que j’avais eue avec un infirmier de réa sur ce livre.

Car, si je me suis demandé ce que j’avais trouvé de si fabuleux dans Toccata, je dévore depuis bientôt 13 jours ses 894 pages avec une frénésie que je n’avais pas connue depuis des années.

C’est un roman terrible, et éprouvant, mais captivant. Je n’ai pas ressenti la sécheresse de la nomenclature bureaucratique  qui m’avait tant rebutée à l’époque. Parfois, l’auteur abuse un peu, mais rien d’insurmontable. La relecture m’a ouvert des portes que j’avais négligées à l’époque, rien de transcendant mais quelques échappées intéressantes. Je suis totalement incapable de faire une exégèse de ce roman immense. Vous trouverez plein de critiques sur la toile, et je vous conseille l’excellente page de Wikipedia qui lui est consacrée.

Pour lire un livre, il faut être deux, le livre et soi-même. Et comme pour une relation entre deux êtres humains, rien n’est jamais fixé ou absolu.

Le Dieu des Ondes

Le ciel était un camaïeu tourmenté de gris qui annonce habituellement la descente de la divinité dans les vieux films américains. Plus prosaïquement, la douce pluie quasi continuelle qui lave ce petit bout de côte normande allait se muer en gros orage dans la nuit.

Un homme habillé tout de noir, détonnant un peu parmi les touristes en bermudas bigarrés et dépareillés, semblait prier, collé devant le mur d’un bâtiment, plus précisément une fenêtre.

Prier ou pisser, telle était la question, car s’il était légèrement penché en avant, il n’était animé d’aucun mouvement oratoire. Argument mictionnel supplémentaire, il jetait régulièrement de petits regards par dessus son épaule. Mais comme des familles passaient devant lui pour leur promenade digestive le long du front de mer sans s’en offusquer, il ne devait probablement pas pisser.

Priait-il donc, en définitive?

Dans un sens, oui.

Il priait, comme tous les jours depuis le début de ses congés, pour avoir accès au nuage.

Un minime changement de point de vue aurait en effet montré qu’il tapotait frénétiquement du bout des doigts sur un tout petit ordinateur portable posé sur le rebord de la fenêtre de l’office du tourisme, fermé à cette heure tardive.

Un panneau affiché sur la porte vitrée de l’entrée explique aux heures d’ouverture ce mystère loin d’être religieux: Free Wi-Fi.

Comment vendre des AOD après l’étude ANSM/CNAMTS?

Je présume que ça doit mouliner dur dans les services commerciaux des labos qui commercialisent les AOD, afin de prendre en compte l’étude ANSM/CNAMTS.

Mais en fait, à la réflexion, cet article du QDM reflète probablement ce qui va se faire:

AOD QDM

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Il faut prescrire des AOD, la révolution thérapeutique des dernières années dans le domaine de la thrombose car ils n’augmentent pas le risque hémorragique par rapport aux AVK, notamment après un changement, ni le risque de thrombose. Et puis pas besoin d’INR. Bisous.

Nous sommes quand même un peu loin de l’immense supériorité des AOD/AVK, vantée urbi et orbi depuis des années…

dabigatran(Source de ces 2 diapos. 09/12/2011)