Le complot contre l’Amérique

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J’ai terminé ce vaste roman uchronique de Philip Roth, et j’ai été un peu déçu par la fin (que je ne raconterai pas).

Pour résumer, il s’agit de la chronique de la vie d’une famille juive de Newark, les Roth,  dans le New-Jersey durant la seconde guerre mondiale. Comme le roman est uchronique, Roosevelt a perdu l’élection présidentielle de 1940 au profit de Lindbergh qui est isolationniste et plutôt pro-nazi. Les Etats-Unis signent un pacte de non agression avec l’Allemagne nazie et le Japon, et reste en dehors de la guerre mondiale.

Le roman met en scène la montée d’un antisémitisme étatique, d’abord tellement subtil qu’on se pose la question de son existence, puis clairement affiché avec la survenue de pogroms dans de grandes villes américaines.

La description minutieuse et subtile de la montée de la peur dans la famille Roth et ses conséquences sur les comportements des différents membres de la famille me parait exceptionnelle de finesse.

Une question essentielle se pose aussi en filigrane tout au long du roman: c’est quoi, un « autre »?

Par contre, j’ai été déçu par le décor politique, surtout la fin qui m’a paru vraiment tirée par les cheveux.

Je vois Philip Roth ciseler méticuleusement la peur de l’avenir et la perte de repères d’une famille sur des centaines de pages, puis avoir subitement envie de faire autre chose et envoyer balader la fin en une dizaine de pages peu crédibles, même pour une uchronie.

Je suis donc un peu déçu, mais que cela ne vous empêche pas de découvrir ce formidable roman du génial Philip Roth.

Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde.

Quiz pharmaco, une réponse

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Il y a pas mal de choses à dire sur cette ordonnance. Je suis certain de ne pas être exhaustif.

Faisons d’abord un sort aux aérosols. « L’asthme » constaté est probablement cardiaque, la patiente n’étant pas une asthmatique connue. Donc pas besoin d’aérosols qui peuvent, en plus majorer une fréquence cardiaque de toute évidence mal contrôlée puisque du Procoralan® a été rajouté (j’y reviendrai à la fin).

Colchimax® à 84 ans, avec une clairance à 37, et un peu limite d’un point de vue cardiaque, nécessitant donc à terme une majoration des diurétiques, cela me semble en effet un peu chaud. Colchimax® et Préviscan®, c’est une précaution d’emploi avec une majoration du risque hémorragique (toujours à 84 ans…). Mais ce n’est pas fini…

Pour rendre les choses encore plus drôle, le prescripteur a associé le Colchimax® à du vérapamil. Or, cette association est déconseillée par l’ANSM car le vérapamil augmente la concentration plasmatique de la colchicine. Double effet Kiss Cool!

Allopurinol mis pour une hyperuricémie secondaire à un traitement musclé (et temporaire) par Lasilix® probablement initialement IV, ça me parait moyen. Allopurinol et insuffisance rénale, ça ne fait pas très bon ménage non plus.

Hydroxyzine, anticholinergique, et personne âgée, ce n’est pas bien (l’ipratropium est aussi un anticholinergique, d’ailleurs).

Venlafaxine, je n’ai pas d’opinion bien nette.

Mais le pompon, pour un cardiologue, c’est, c’est… le Procoralan®. Dans cette ordonnance, et chez cette patiente, le Procoralan® est à la fois contre-indiqué et non-indiqué, ce qui m’est apparu à la fois remarquable et beau. Contre-indiqué pour son association avec le vérapamil, et non indiqué car la patiente est en fibrillation auriculaire chronique.

Car, le Procoralan®

[L’ivabradine] agit en réduisant uniquement la fréquence cardiaque, par inhibition sélective et spécifique du courant pacemaker If qui contrôle la dépolarisation diastolique spontanée au niveau du nœud sinusal et régule la fréquence cardiaque.

Les effets cardiaques sont spécifiques du nœud sinusal, sans effet sur les temps de conduction intra-auriculaires, auriculo-ventriculaires ou intra-ventriculaires, sur la contractilité myocardique ou sur la repolarisation ventriculaire.

Vous imaginez donc à quel point une fibrillation auriculaire rapide doit se pisser dessus de rire quand on l’inonde d’une molécule qui agit exclusivement sur un nœud sinusal totalement dépassé par les évènements…

Mouhahahahahahahahaha…

Bref, bienvenue en 2015, où la pharmacologie, même de base, reste largement une terra incognita pour bon nombre des prescripteurs. Ce qui, vous en conviendrez, est bien dommageable pour cette dame en particulier et les patients en général.

Quiz pharmaco

Petite analyse pharmaco-clinique marrante (et simple):

Femme de 84 ans, admise pour une poussée d’insuffisance cardiaque droite sur une insuffisance tricuspide massive. Cardiopathie valvulaire probablement rhumatismale avec IT massive, insuffisances aortique et mitrale minimes. Fibrillation auriculaire chronique. La patiente est encore dyspnéique, à l’issue de mon examen clinique, je souhaite majorer ses diurétiques.

Je regarde sa biologie: sa clearance MDRD est à 37.

Je regarde son traitement, et je tombe sur cela:

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Le Colchimax® a été mis récemment pour une poussée inflammatoire d’une arthropathie des mains.

L’Allopurinol® a lui aussi été instauré récemment pour une hyperuricémie secondaire au traitement diurétique majoré en phase aiguë.

Idem pour le Procoralan®, prescription récente, pour ralentir la fibrillation auriculaire.

Que vous inspire cette ordonnance? Changeriez-vous quelque chose?

(Petite note pour les dubitatifs, ce cas est un vrai cas clinique, découvert ce matin)

Fin de cycle, nouvelle Yaris…

Comme tous les trois ans, depuis pffff, une éternité, j’ai échangé ma « vieille » Yaris contre une flambant neuve. Comme il y  a trois ans, j’ai repris une hybride, finition Style.

La motorisation est identique, mais Toyota a amélioré en trois ans tout un tas de petits détails, qui font que j’éprouve un plaisir renouvelé à la conduire.

L’insonorisation, qui est bien meilleure, permet d’amortir le bruit de moulin à café que fait le moteur thermique quand on le sollicite un peu. Les rétros qui se rétractent automatiquement ou à la demande sont parfaits.

L’intérieur a été revu, et Toyota a enfin fait un sort à l’horrible pommeau de levier de vitesse bleu. Ce n’est pas encore le petit joystick qui me plait tant sur certaines Auris et les Prius, mais c’est déjà nettement mieux. Les finitions sont enfin acceptables, notamment il n’y a plus de jour entre la boite à gants et son couvercle!

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Par contre, je trouve les sièges bien moins chatoyants au regard, pas bien grave…

L’écran tactile est nettement meilleur que le précédent en terme de sensibilité et de luminosité.

Je n’ai pas encore testé la consommation qui devrait être la même que l’ancien modèle. Je faisais du 5,1 l/100 en ville, avec un record à 4,9. Malgré ma conduite de sénateur, je suis donc très très très loin des 3.8 annoncés fièrement par Toyota. 3,8, c’est sur glace, en descente avec vent arrière, toutes voiles dehors et tracté par 8 chiens Husky sibériens dopés à l’EPO. Mais à Marseille, c’est 5,1, ni plus ni moins.

Malgré la motorisation identique, je la trouve un poil plus nerveuse. Je ris rien que d’avoir écrit cette phrase. Comme je l’ai déjà dit, la Yaris Hybride est une voiture très hypothyroïdienne. J’ai eu une fois du mal à dépasser des cyclistes du dimanche dans une pente un peu raide (vers le Castellet pour les connaisseurs). 

C’est en ville à plat, que cette voiture est une pure merveille. Cela tombe bien, c’est mon utilisation principale. Petite, elle se glisse silencieusement  dans la circulation, et ce silence permet d’apprécier Fade Out Lines sur son excellente sono, ou les plus subtiles variations harmoniques des insultes fleuries que se lancent parfois les automobilistes marseillais dont la courtoisie et le flegme sont légendaires.

J’ai hâte de l’essayer sur un Marseille-Lyon. La précédente étant déjà très bien, je ne devrai pas avoir de mauvaise surprise.