Larousse médical illustré 1921.

Haha, j’ai de la chance aujourd’hui!

J’ai aussi retrouvé à côté de l’abrégé d’histoire de tout à l’heure l’édition 1921 du Larousse médical illustré.

Il y a très longtemps, je l’avais feuilleté et trouvé quelques « merveilles », telles que des photos de moulages en cire de maladies cutanées horribles et qui me faisaient faire des cauchemars quand j’étais petit (peut-être pour ça que j’ai toujours détesté la dermato…).

Il y a moins longtemps, j’avais aussi trouvé quelques articles fleurant bon le début du XXième.

Extrait du très volumineux article « Conditions et hygiène du cyclisme », paragraphe « Femme »:


– Raisons Favorables.

Les femmes sont fréquemment atteintes d’anémie et de troubles nerveux qui sont la conséquence directe ou indirecte du manque d’exercice et de la sédentarité. Celles qui sont réputées les plus actives se dépensent, en effet, surtout à l’intérieur de la maison et non au grand air.

Un des principaux troubles dont elles souffrent est la constipation:or, la bicyclette est, comme on l’a vu précédemment, un puissant régulateur des fonctions digestives.

Il est à remarquer que les femmes les moins accoutumées à un exercice quelconque deviennent capables d’une résistance fort sérieuse à la fatigue du cycle, après un entrainement très modéré.

– Conditions nécessaires.

La femme doit s’abstenir de monter à bicyclette au moment des congestions ou des troubles quelconques de l’appareil féminin et lorsqu’elle est enceinte. Il est sage, après un accouchement; d’attendre deux mois pour en refaire. Étant nourrice, elle se livrera à cet exercice pendant un temps assez court et à une vitesse modérée pour qu’il n’entraîne pas une sudation abondante qui tarirait, au moins temporairement, la sécrétion du lait. Enfin, il convient de ne pas employer de corset serré, sous peine de congestions pulmonaires graves qu’annoncent du reste un essoufflement rapide et une coloration intense du visage.

– Maximum

Pour la femme et en plaine, 12 à 15 kilomètres à l’heure et 40 à 50 et 60 kilomètres au plus par jour, sans montée sérieuse, sont des chiffres à ne pas dépasser et qui ne doivent être atteints qu’après un entraînement progressif. Les arrêts en route doivent être fréquents.


Diable! J’adore ce ton que l’on trouve uniquement de nos jours dans les manuels de conseils pour l’entretien de nos animaux domestiques!

Un peu plus loin, le Larousse conseille sans trop de restriction le cyclisme chez l’enfant.

Sauf, sauf


– Chez les petites filles, la surveillance doit être particulièrement active à l’époque de la formation, en raison de la congestion possible de la région intéressée. Par contre, lorsque cette formation est trop tardive, il semble indiqué de conseiller l’usage de la bicyclette.


Même remarque que précédemment: 1921, si près, si loin…

Abrégé d’histoire ancienne

Autre découverte assez rigolote dans un rayonnage de la bibliothèque, cette fois: un livre d’histoire publié en 1934:

Il s’agit d’un Abrégé d’histoire ancienne par Ch. Aimond, Editions J. de Gigord, destiné aux classes de sixième.

Comme le précisent les premières pages, cet ouvrage scolaire est conforme au programme officiel du 30 avril 1931 et audogme catholique puisqu’il est revetu d’un « Nihil obstat » et d’un « Imprimatur ».

Ce n’est pas étonnant puisque la couleur est annoncée dès les premières pages:

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La page 2 montre une superbe « Création » avec un Dieu barbu séparant le jour et la nuit. La légende précise que l’illustration est tirée du psautier du Pape Paul III.

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Les aborigènes apprécieront le « race dégenérée ».

1934, ce n’est pourtant pas si loin que ça…


Quizz pharmaceutique

J’ai trouvé cette boite de comprimés dans la pharmacie familiale.

Que pouvez-vous en déduire?


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Lectures

Deux lectures intéressantes sans aucun rapport entre elles ce dimanche matin.

La première, « Fiction as Resistance » un texte publié en 2002 dans « Annals of Internal Medicine« . L’auteur est psychiatre et se nomme Stephen J Bergman, (un peu) plus connu sous son nom de plume, Samuel Shem.

Sameul Shem est l’auteur d’une nouvelle « The House Of God« , publiée à la fin des années 70, et malheureusement non traduite en français.

Je n’ai pas lu cette nouvelle, mais un interne allemand en goguette au CHU me l’avait conseillé quand j’étais assistant.

« The House of God » est le récit de l’apprentissage difficile et parfois traumatisant de la médecine par un jeune homme, Roy Basch.

L’interne allemand m’en avait parlé, notamment pour la première loi des 13 énoncées dans cette nouvelle: « GOMERS don’t die ».

Le texte des « Annals » est intéressant puisqu’il fait un parallèle entre l’écriture et la médecine, et pointe notamment le fait qu’écrire soit une certaine forme de résistance au « système » médical. Il cite notamment Tchekhov dont un autre blogueur médical a récemment parlé.

Le second texte est une « non élégie » du pourtant très malade Edward M Kennedy. Le vieux lion se bat contre son gliome cérébral, et l’ensemble de la classe politique américaine n’en finit pas de lui tresser des lauriers. En soi même, l’article est une élégie. Mais quand on consulte les fichiers multimédias associés à l’article, notamment la chronologie de sa vie, on découvre un portrait très différent d’Edward et incidemment de la famille Kennedy: tricheur, alcool, peut-être drogue, coureur de jupons, une sombre histoire d’accident de voiture au cours duquel une jeune femme a perdu la vie…

Comme toujours, chez les Kennedy, le meilleur côtoie intimement le pire.

A lire pour la qualité de l’article et le portrait d’une famille qui a marqué et l’Amérique depuis les années 30.

Cet article complète à merveille un roman historique que j’adore: « La malédiction d’Edgar » de Marc Dugain, ainsi que la trilogie « Underworld USA » de James Ellroy.


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Shem S. Fiction as Resistance. Ann Intern Med.2002; 137: 934-937


Hold the Eulogies, Kennedy Says

By Marc Leibovich

The New York Times

Published February 22, 2009.