Syndrome MGEN

« Le syndrome MGEN est la certitude inébranlable qu’a un patient ou un membre de la famille d’un patient de pouvoir comprendre un phénomène médical souvent complexe, bien mieux que le médecin, sans aucune connaissance préalable physiologique et encore moins pharmacologique, sous prétexte qu’il représente une référence éducative pour sa classe. »

Les signes cliniques associent la diade suivante:

  • Adhérent à la MGEN
  • Flot ininterrompu de questions sans lien logique entre elles, ni progression de la pensée, entrecoupées d’affirmations péremptoires.

La physiopathologie n’en est pas encore totalement élucidée.

Les troubles ne seraient toutefois pas liés à l’adhésion à cette mutuelle particulière, qui est pourtant remarquablement constante, ni à l’achat de mobilier à la CAMIF, puisque si cette structure a disparu, le syndrome persiste.

Il semble que le sujet évacue son angoisse de n’être exceptionnellement plus le dépositaire unique de la connaissance au cours de la consultation.

Note pour la prochaine fois: caser un seul syndrome MGEN par journée de consultation, et à la fin d’une demi-journée (faire prévenir son épouse de garder le repas au chaud).

Précision: je vais rendre à César ce qui est à César, je ne m’attribue pas la paternité du nom de ce syndrome, ni de sa description puisque Trubli0n l’a brillamment évoqué dans cette note (que j’avais déjà beaucoup admirée à l’époque).

 

Médecine 2.0

Vous ne voyez pas à quoi ce terme se rapporte?

Vous ne voyez pas en quoi internet a modifié la relation médecin/malade?

Je vous suggère donc d’écouter le podcast du débat auquel a participé Dominique Dupagne sur France Culture le 22 mai dernier.

C’est ici.

(merci à Dominique de l’héberger sur son serveur, et à Philippe Eveillard de m’avoir permis de le découvrir gràce à ses chroniques dans la Revue du Praticien Médecine Générale)

Un remède pire que le mal.

J’ai lu aujourd’hui deux articles qui illustrent à merveille cette constatation.

Le premier est en fait la découverte tardive d’un article du New Yorker que Stéphane a déjà évoqué il y a quelques temps.

Un de mes lecteurs me l’a signalé ce jour, et j’ai fini par le lire.

Le texte est remarquable, et je vous conseille de le lire, accompagné des commentaires avisés de Stéphane.

L’autre article est issu du New York Times. Il relate la résurgence de la « maladie des rois » aux États-Unis, c’est à dire la goutte.

Quelle solution est proposée en premier?

Sortir une nouvelle molécule hypo-uricémiante à US$4.5 par jour…

La prévention, combien de divisions?


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Disease of Rich Extends Its Pain to Middle Class, by Andrew Pollack. The New York Times. Published: June 13, 2009

Kiva aux EU.

Depuis le10 juin, Kiva permet de prêter de l’argent à des entrepreneurs étasuniens.

La nouvelle m’a surpris, car Kiva agissait jusqu’à présent dans les pays en voie de développement.

Le microcrédit existe depuis longtemps dans les pays développés où tout le monde n’a pas accès au crédit bancaire classique, par exemple l’ADIE en France, ce n’est pas tellement là que réside ma surprise.

Kiva est une organisation humanitaire qui agit via le micro-crédit, qui n’est donc finalement qu’un moyen comme un autre d’aider des personnes en difficulté.

Les dirigeants de Kiva semblent donc avoir constaté que le système bancaire américain excluait dorénavant assez d’entrepreneurs pour qu’il faille développer le microcrédit dans ce qui est (était ?) pourtant le paradis du crédit et des entrepreneurs.

Enfin, je le suppose, car les raisons exposées par Kiva sont peu précises (politiquement correctes ?), Cf. la première note datée du 10 juin du Kiva Blog.

C’est impressionnant, quand même.

La petite communauté des amis de Kiva est plutôt partagée sur cette initiative, comme vous pourrez le constater dans cette discussion.

En tout cas, c’est certain que le profil des entrepreneurs est assez différent de ceux que l’on avait l’habitude de voir jusqu’à présent:

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