Deux petites notions sur les études cliniques

Je suis tombé sur deux notes qui apportent un éclairage intéressant  sur les études cliniques.

La première note, tirée du WSJ Health Blog raconte que des firmes pharmaceutiques  se sont alliées pour mener conjointement une étude sur la durée du traitement par leurs antiagrégants plaquettaires pourtant concurrents (clopidogrel et prasugrel) après un syndrome coronarien aigu.

La question à laquelle répondra cette étude, appelée DAPT est « 12 mois ou 30 mois de bithérapie? ». Par bithérapie, on entend clopidogrel + aspirine ou prasugrel + aspirine.

Personnellement, j’espère que le vainqueur sera « 12 mois »…

Mais ce qui a retenu mon attention est le coût prévu de cette étude qui devrait inclure 20000 patients: 100 millions de dollars!

J’imaginais des coûts de quelques millions de dollars, moins d’une dizaine, mais 100! C’est vrai aussi que l’étude est énorme, mais j’en aurais sous-estimé le coût si on m’avait demandé de faire une estimation.

Autre information dans un autre blog, l’excellent « In the Pipeline » de Derek Lowe.

Une équipe italienne a comparé les effets secondaires des placebos de 69 études portant sur trois familles de traitement antimigraineux, les AINS, les triptans et les antiépileptiques.

Les auteurs ont constaté que les placebos avaient grosso modo les mêmes effets secondaires que les molécules pour lesquelles ils servaient de comparateur. Par ailleurs, les placebos des antiépileptiques semblent induire plus d’effets secondaires et plus d’arrêts prématurés de traitement que pour les deux autre groupes de placebo.

Au début de l’essai, le médecin investigateur explique à son patient quels effets secondaires risquent de survenir. Donc bien évidemment, on peut s’attendre à ce soient ces effets qui surviennent dans le groupe placebo. Et on peut aussi s’attendre à ce qu’un investigateur soit rendu plus inquiet par l’utilisation d’antiépileptiques que pour les AINS ou les tryptans.

Logique, en fait, plutôt humain, et fascinant.

Tu as une remarque, Yann ? 😉

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Strange Bedfellows: Rival Medical Firms Launch Joint Stent Study. By Ron Winslow. The WSJ’s Health Blog. Published October 2, 2009.

Placebos Can Work the Other Way, Too. By Derek Lowe. In The Pipeline. Published October 2, 2009.

La voie étincelante de l’avenir radieux

« Cela signifie que nous devons prêter attention à l’aspect quantitatif d’une situation ou d’un problème et faire une analyse quantitative fondamentale. »

« Dès qu’un problème se pose, convoquez une réunion, mettez-le sur le tapis, discutez-le, prenez des décisions, et le problème sera résolu. Si des problèmes existent, mais ne sont pas mis sur le tapis, ils resteront longtemps sans solution, et pourront même traîner des années durant. »

Ces deux extraits pourraient parfaitement être tirés d’un manuel de certification mais ils sont issus du « Petit Livre Rouge » que j’ai parcouru ce matin.

Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas viré communiste durant la nuit, mais j’ai lu quelques articles de Wikipedia sur l’accession de Mao au pouvoir, et j’étais assez curieux de lire quelques lignes de ce qui a été la Bible du communisme chinois.

Certaines maximes m’ont donc irrésistiblement rappelé la certification de la clinique, et celle, en cours, du CHU.

Je vais faire plus synthétique que Mao: « Faisons semblant! ».

Tout est dit.

D’autres m’ont fait penser à cette pauvre rose qui maintenant me fait de la peine car elle est totalement ostracisée. Cette semaine, j’ai donc fait un peu de scapulothérapie.

« Seuls les gens qui ont une vue subjective, unilatérale et superficielle des problèmes se mêlent de donner présomptueusement des ordres ou des instructions dès qu’ils arrivent dans un endroit nouveau, sans s’informer de l’état de la situation, sans chercher à voir les choses dans leur ensemble (leur histoire et leur état présent considéré comme un tout) ni à en pénétrer l’essence même (leur caractère et leur liaison interne); il est inévitable que de telles gens trébuchent. »

Uhmm, je crois que c’est plus grave que ce que je pensais, je commence à voir la vie à travers le regard lumineux du glorieux Président Mao.

Un érythème généralisé fulminant?


PROSPECT

L’étude PROSPECT a été présentée au congrès TCT 2009, et ses résultats sont très intéressants. Vivement leur publication complète. Il s’agit du suivi coronarien et cardiovasculaire sur 3 ans de 700 patients ayant été revascularisés sur 1 ou 2 coronaires pour un syndrome coronaire aigu, en association avec un traitement médical optimal.

Le suivi était clinique, et les auteurs ont réalisé une exploration assez extensive du réseau coronaire.

A bout de 3 ans:

  • toutes lésions confondues, 20.4% des patients ont présenté un évènement cardiovasculaire, c’est à dire: une mort cardiaque, un arrêt cardiaque, un infarctus du myocarde, un angor instable, ou un angor progressif.
  • Ces évènements avaient pour origine la ou les lésions traitée(s) initialement dans 12.9% ou une lésion ailleurs sur le réseau coronaire dans 11.6% des cas.

20.4% à 3 ans, ça peut paraitre beaucoup mais la récurrence d’un évènement se fait dans la grande majorité des cas selon un mode mineur par rapport à l’évènement initial, c’est à dire un angor instable ou progressif.

C’est un peu l’impression que j’en avais. Mais c’est toujours bien d’avoir des chiffres pour appuyer ses explications à des patients toujours inquiets d’être rentrés dans la maladie coronaire.

« Ça peut recommencer, mais ça sera moins grave« .

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Michael O’Riordan. PROSPECT: Vulnerable lesions lead to unstable angina rather than MI or death. theheart.org. [Clinical Conditions > Interventional/Surgery > Interventional/Surgery]; Sep 25, 2009. Accessed at http://www.theheart.org/article/1007873.do on Sep 30, 2009

Traduction française:

Catherine Desmoulins, en collaboration avec Michael O’Riordan. Après angiostenting, 20% des patients feront un nouvel événement coronaire à 3 ans. theheart.org. [International Editions > Édition française > Sections > Actualités > Maladie coronaire/Interventionnel]; 29 sept. 2009. Consulté à http://www.theheart.org/article/1009503.do le 30 sept. 2009

Sidewiki

Google vient de rendre publique Sidewiki, une nouvelle fonctionnalité de sa barre d’outils.

Cette fonctionnalité est disponible pour Firefox 2+ et IE6+, uniquement pour les possesseurs d’un compte Gmail.

Elle permet d’écrire des commentaires sur n’importe quel site web, et éventuellement de les partager sur Facebook, Blogger ou Twitter.

John Mack s’est ainsi amusé avec un site de Pfizer.

TechCrunch en parle un peu plus longuement ici.

Ma première réaction a été de tiquer un peu.

En effet, les commentaires de Sidewiki sont gérés par Google, et échappent totalement aux créateurs du contenu commenté.

Puis, je me suis rappelé que la toile est un système parfaitement ouvert, c’est d’ailleurs ce qui fait sa force, et qu’il est parfaitement illusoire de chercher à contrôler les commentaires des lecteurs. La contrepartie de publier sur la toile est de s’exposer.

Pour l’instant, je ne l’ai jamais regretté.

Néanmoins, cette petite application va probablement provoquer de sérieuses empoignades sur la toile!