A Place Where Cancer Is the Norm

C’est le titre d’un article remarquable et poignant du NYT sur un centre anticancéreux de Houston, Texas.

Le MD Anderson Cancer Center est énorme, au delà de tout ce que l’on peut imaginer: 17000 membres du personnel s’occupent chaque année de 90000 patients au sein d’un complexe de 864000 m².

Mais ce centre qui a la démesure du Texas et des texans recèle aussi une humanité immense, que l’on peut à peine discerner en lisant les quelques histoires racontées par le NYT.

Dans ce lieu, le cancer frappe indifféremment soignés et soignants.

Ceci explique aussi cela.

Cet article sur le cancer me touche, car je pense tous les jours à ma mère qui attend avec terreur la prochaine fois et à une cousine qui vient de commencer la lutte. Je pense aussi à mes deux grands-pères, dont un, jusqu’à la fin, n’a pas su contre quoi il se battait et reculait. Je pense aussi à la seconde épouse de mon grand-père, que je considérais comme ma grand-mère. Je pense aussi parfois à sa première épouse, ma « vraie » grand mère, décédée autour de la trentaine à la fin des années 40, dans des souffrances inimaginables.

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A Place Where Cancer Is the Norm. By Gina Kolata. Published: October 25, 2009. The New York Times.

Lost in Transmission

J’ai trouvé un article assez caustique sur le NEJM de ce jour.

Enfin une causticité feutrée et retenue, à la façon NEJM, qui n’est ni Prescrire, ni le Canard.

Cet article, disponible librement en ligne avant publication, constate dans 3 cas précis que des informations émises par la FDA disparaissent avant d’avoir pu atteindre le public.

Ces informations, contenues dans les dossiers d’AMM, sont synthétisées et condensées pour pouvoir constituer les notices que l’on trouve dans les boites de médicaments.

Le problème, et c’est assez curieux, c’est que ce processus de sélection est confié aux firmes pharmaceutiques, puis après négociation et approbation avec la FDA, la notice est diffusée.

Et là, très curieusement, certaines informations « gênantes » disparaissent au cours de ce processus au nez et à la barbe des experts de la FDA.

Ces informations ne sont pas anodines, puisqu’il s’agit de données de mortalité (dans 1 cas) et d’efficacité (dans les 2 autres cas).

Étonnant, non?


Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

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L.M. Schwartz and S. Woloshin. Lost in Transmission — FDA Drug Information That Never Reaches Clinicians. (10.1056/NEJMp0907708)

Les génériques, c’est pas automatique

Le Canard Enchaîné du jour est assez excellent.

C’est vrai aussi que l’affaire du « Prince Jean » a beaucoup inspiré les dessinateurs et les fines plumes du journal.

(La caricature en une sur l’ascenseur social et celle de la page 3 sur le député UMP qui se confie au époux Balkany sont très bonnes)

Mais ce sont deux articles sur deux sujets très différents qui ont attiré mon attention.

Le premier, « Stats suffit« , en première page, se moque des circonvolutions sémantiques cache-misère d’un communiqué du Ministère de l’Intérieur sur les chiffres de la délinquance du mois de Septembre 2009.

Comme c’est un chef-d’œuvre, voici l’intégralité du fameux communiqué:

« Chiffres de la délinquance du mois de septembre 2009
Mis à jour le : 13/10/2009 17:08
Les chiffres communiqués par l’Observatoire national de la délinquance pour le mois de septembre 2009 démontrent que, si la délinquance avait légèrement augmenté depuis le mois de mars, cette tendance a été globalement cassée en septembre, qu’il s’agisse de la délinquance générale [+0,35% en septembre] ou de la délinquance de proximité [-0,07% en septembre].

Plusieurs évolutions positives doivent être notées :

  • le nombre de cambriolages augmente de manière sensiblement moindre en septembre [+5%] qu’en août [+7,55%] ;

  • le taux d’élucidation est globalement stabilisé : il s’établit à 37,35% au mois de septembre ;

  • la diminution de -5,52% des faits de criminalité organisée, au mois de septembre 2009 ;

  • le recul de -2,35% des infractions économiques et financières et escroqueries, sur le dernier mois ;

  • la diminution des vols d’automobiles de -0,41% au mois de septembre ;

  • un ralentissement de la tendance à la hausse des atteintes volontaires à l’intégrité physique : si celles-ci augmentaient de +4,8% sur 12 mois en août 2009, ce taux a diminué, en un mois, de 0,7 point.

Brice HORTEFEUX a pris acte de cette stabilisation globale de la délinquance et des différentes évolutions enregistrées en septembre.

Cette stabilisation rompt avec l’augmentation générale constatée depuis mars 2009.

A l’occasion des réunions de travail organisées place Beauvau comme lors de ses déplacements sur le terrain, le ministre de l’intérieur a rappelé aux préfets, aux fonctionnaires de la police nationale et aux militaires de la gendarmerie nationale l’objectif commun d’une baisse de la délinquance au cours du dernier trimestre 2009 par rapport à la même période de 2008. »

On dirait presque la conclusion d’une étude négative financée par l’industrie pharmaceutique.

Le second, intitulé sobrement « Les ruses des labos pour piller la Sécu » résume entre autres et en quelques lignes un rapport de la Communauté Européenne daté du 08/07/09 qui s’est intéressé justement aux manœuvres des firmes pharmaceutique pour torpiller le développement de l’industrie du générique.

J’ai parcouru rapidement le résumé de 33 pages du rapport final qui en fait 533.

Rien de bien nouveau sous le soleil (notamment dénigrement des génériques, et vente à prix cassés aux pharmacies des hôpitaux ou des cliniques), mais une mine de faits pour ceux qui sont intéressés par le sujet.

J’ai retenu le paragraphe suivant qui fait écho à une ancienne note sur un article de PLoS:

« Pendant la période 2000-2007, les laboratoires de princeps ont consacré à des activités de R&D menées à l’échelle mondiale en moyenne 17 % du chiffre d’affaires qu’ils ont réalisé avec les médicaments vendus sur ordonnance (environ 1,5 % consacré à de la recherche fondamentale destinée à découvrir de nouveaux médicaments potentiels et 15,5 % consacrés au développement, à l’aide d’essais, des médicaments potentiels identifiés pour en faire des produits suffisamment sûrs et efficaces pour être commercialisés). Pendant cette période, leurs dépenses en opérations de vente et de promotion se sont élevées à 23 % de leur chiffre d’affaires. En 2007, les coûts de fabrication ont représenté 21 % du chiffre d’affaires total des laboratoires de princeps. Ces laboratoires sont tributaires, dans une large mesure, de l’achat de composés auprès de tiers. En 2007, 35 % environ des molécules des laboratoires de princeps qui étaient en attente d’une autorisation de mise sur le marché avaient été achetées ou produites sous licence. Certains de ces tiers sont des petites ou moyennes entreprises, présentes dans le secteur de la biotechnologie par exemple. En 2007, le plus gros poste de dépenses pour les fabricants de génériques était la fabrication (51 %), suivie de la commercialisation (13 %) et des activités de R&D (7 %), ce qui montre bien qu’ils ont une structure de coûts différente. »

Au moins, là, les choses sont claires, l’industrie dépense plus (et pas mal plus) pour vendre ses produits que pour en chercher de nouveaux.

Juste en dessous, un article sur le Secteur Optionnel, mais comme je n’ai pas suivi l’histoire, je n’ai pas d’avis dessus.

Petit papa wordpress…merci, merci, merci…

Les programmeurs de wordpress.com ont bien travaillé, et maintenant l’ensemble des blogs hébergés par eux ont une version iPhone (enfin mobile).

Pour Grange Blanche, ça donne cela:

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