Quizz médico-littéraire

Notre bon Dr Watson au sommet de son art fait un brillant diagnostic, serez-vous capable d’en faire de même?


— Certainement que j’ai beaucoup de choses à dire, répondit tranquillement notre prisonnier. Je désire tout raconter à ces messieurs.

— Ne vaudrait-il pas mieux réserver tout cela pour le jour où vous comparaîtrez devant la cour ? demanda l’inspecteur.

— Peut-être n’y comparaîtrai-je jamais, répondit-il. Oh ! n’ayez pas l’air si inquiet. Je ne songe nullement à me suicider. Mais n’êtes-vous pas médecin, monsieur ? ajouta-t-il en fixant sur moi son œil noir et perçant.

— Effectivement, répondis-je.

— Eh bien alors, mettez votre main là », dit-il avec un sourire, en portant ses poignets enchaînés à hauteur de sa poitrine.

Je fis ce qu’il me demandait et je sentis aussitôt un trouble intérieur extraordinaire accompagné de violents battements. Les parois du thorax semblaient frémir et trembler comme celles d’un mince bâtiment qu’ébranlerait à l’intérieur une puissante machine. Dans le silence de la salle je pouvais percevoir un sourd bourdonnement qui provenait également de la même cause.

« Comment ? m’écriai-je, mais vous avez *** !


Le patient a une bonne cinquantaine d’années, il est fumeur, très actif, et très probablement hypertendu :

Il continuait à reculer pendant que je m’adressais ainsi à lui et je vis qu’il me croyait fou. Ah ! je l’étais en effet, à ce moment. Le sang faisait résonner mon pouls et mes tempes comme un marteau sur une enclume et j’allais certainement avoir une attaque quand, par bonheur, un violent saignement de sang vint me soulager.

Comme tout patient qui se respecte, il a aussi sa petite idée sur l’étiologie de sa maladie:

Il y a tant d’années que cela progresse ! Ce sont les fatigues et les privations que j’ai endurées dans les montagnes du Lac Salé qui m’ont donné cela.

Enfin, après avoir longtemps vécu dans la montagne dans l’Utah, il a fréquenté en dernier lieu les bas-fonds de Londres (dernier travail: conducteur de fiacres).

Alors, une idée? 😉

Les non-médecins ou ceux qui le sont mais qui s’estiment (à juste titre) en vacances, trouveront la solution de cette énigme diagnostique dans le sixième chapitre de la seconde partie d’une Étude en rouge.

PS: Je trouve la VO un peu plus évocatrice:


« I’ve got a good deal to say, » our prisoner said slowly. « I want to tell you gentlemen all about it. »

« Hadn’t you better reserve that for your trial? » asked the inspector.

« I may never be tried, » he answered. « You needn’t look startled. It isn’t suicide I am thinking of. Are you a doctor? » He turned his fierce dark eyes upon me as he asked this last question.

« Yes, I am, » I answered.

« Then put your hand here, » he said, with a smile, motioning with his manacled wrist towards his chest.

I did so; and became at once conscious of an extraordinary throbbing and commotion which was going on inside. The walls of his chest seemed to thrill and quiver as a frail building would do inside when some powerful engine was at work. In the silence of the room I could hear a dull humming and buzzing noise which proceeded from the same source.

« Why, » I cried, « you have *** ! »

Bumper gratuit…

Le malheur des uns… le dicton est bien connu!

A la suite de l’antennagate, Apple a décidé d’offrir des protections aux utilisateurs d’iPhone 4, et de rembourser ceux qui avaient acheté un bumper, actuellement véritable rareté parfaitement introuvable:

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Pour une fois j’ai eu le nez creux en ayant acquis cette protection en même temps que mon iPhone, juste avant que le scandale n’éclate.

Et aujourd’hui, j’ai reçu ce message, presque de Steve:

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Des contacts sur la toile m’ont demandé si j’étais touché par le problème…

Comme j’ai toujours utilisé mon iPhone avec son bumper, et que je n’ai eu aucun souci de réseau, je ne savais pas trop quoi répondre.

Ce soir, j’ai donc enlevé le bumper et j’ai fait à mon téléphone une prise à la Spock en plaçant 3 doigts désignés volontaires sur les joints de la fameuse antenne.

Et en effet, j’arrive à faire tomber à zéro les barres de réception et à couper la connection internet.

Bon, en cessant la prise de la mort, tout revient à la normale, et avec le bumper, il ne se passe rien de particulier.

Donc pas de quoi balancer de pomme sur son médecin…

Arthur Conan Doyle

De façon tout à fait inconsidérée, je suis parti en vacances sans livre.

Je me trouvais donc bien dépourvu quand la plage fut venue.

(je déteste la plage)

Je me suis rappelé que j’avais téléchargé quelques romans sur mon iPhone, plus pour voir comment ça marchait, d’ailleurs qu’avec une vraie intention de les lire.

J’avais quelques doutes sur le confort de lecture.

En fait, il n’en est rien. j’ai lu 2 romans de Arthur Conan Doyle (Le signe des quatre et La vallée de la peur), et j’en suis à mon troisième (Une étude en rouge), et leur lecture a été/est très agréable.

Je ne suis pas un fanatique, mais ça se lit très bien et j’adore la patine des descriptions de la Grande-Bretagne du XIXème.

J’ai un peu relu la biographie de l’auteur qui était donc médecin, et s’est inspiré de Joseph Bell pour son personnage de Sherlock Holmes.

Un passage de l’article de Wikipedia m’a fait sourire:

Au début, le cabinet n’a pas un grand succès ; en attendant les patients il recommence à écrire des histoires. Son premier travail d’importance est Une étude en rouge qui paraît dans le Beeton’s Christmas Annual en 1887 et voit la première apparition de Sherlock Holmes, personnage en partie inspiré par son ancien professeur d’université Joseph Bell, à qui Conan Doyle écrit : « C’est très certainement à vous que je dois Sherlock Holmes. Autour du noyau déduction, inférence et observation que je vous ai entendu enseigner, j’ai essayé de construire un homme »

Combien de carrières littéraires, combien de magnifiques constructions faites de mots ont été tuées dans l’œuf par un cabinet florissant?

La diminution du nombre de médecins dans les prochaines années devrait malheureusement encore accentuer ce phénomène.

Mais bien pire me semble être l’accès à la toile que nous avons tous dans nos cabinets.

Que faisons-nous en attendant le prochain patient?

Nous glandouillons sur internet, pardi!

Entre deux patients, ou avant le premier, en l’occurrence, Arthur Conan Doyle taillait ses plumes et créait le personnage de Sherlock Holmes.

Nous, nous twittons frénétiquement sur l’arrivée imminente du temps bénit où le web santé 2.0 servira enfin effectivement à quelque chose, nous alimentons des notes/commentaires de notes/fora/twits, comme si notre vie en dépendait, nous glandouillons sur santea.com, voire boursorama.com…

Le prochain grand auteur-médecin n’a ou n’aura ni l’ADSL, ni le câble, ni le Wifi.



Quizz, la réponse

Le cliché de la note précédente a donc été pris à Portalban dans le canton de Vaud, sur la rive sud du lac de Neuchâtel.

Chrysante y est arrivée car elle connaît le coin, mais on peut aussi trouver la réponse en jouant à Sherlock Holmes  (nous sommes également passés à 50 km des chutes du Reichenbach…) et faire parler la photo.

Première étape, clic droit et enregistrer la photo sur votre bureau.

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Ensuite ouvrir le fichier avec un logiciel permettant la lecture des fichiers EXIF.

J’utilise irfanView, mais je présume que d’autres le font.

Dans l’onglet Image, cliquez sur Information.

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Vous cliquez ensuite sur EXIF info.

Vous obtenez cela:

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Le fichier comporte tout un tas d’infos, notamment que j’ai pris le cliché avec un iPhone 4 (Back Camera!) à 10h36 le 16 juillet dernier.

Un peu plus loin se trouvent les coordonnées GPS déterminées par l’iPhone. Comble de raffinement, irfanView permet directement de les visualiser sur Google Earth:

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Le cliché a donc bien été pris à Portalban, au nord-est du port de plaisance, chemin des pêcheurs pour ceux qui connaissent ce coin magnifique (la frontière avec le canton de Fribourg est matérialisée par la ligne grise en dessous du nom Portalban)

Bien entendu, on peut parfaitement désactiver la géolocalisation des clichés, mais je voulais vous montrer qu’une  image digitale en dit souvent beaucoup plus qu’elle ne le montre.