Lost in Translation (2)

Je viens d’assister à ma troisième rencontre linguistique franco-anglaise (Cf note précédente), et c’est toujours aussi sympa.

L’ami belge était absent, et il m’a un peu manqué. En fait, à la deuxième rencontre, je lui ai demandé de me parler en anglais d’astrolo-psychologie, de ses choix anti-médecine traditionnelle… Comme il est parfaitement bilingue, c’est toujours aussi bizarre, mais au moins, j’écoute et je parle anglais. En fait, j’ai rapidement appris à ouvrir mes chakras (mouhahahaha) et faire abstraction du fond de la conversation pour me concentrer sur la forme. En effet, comme nous nous présentons tous en début de soirée, j’attire assez systématiquement les gens adeptes de régimes plus ou moins bizarres et de médecines parallèles, voire franchement perpendiculaires. Après un premier temps de recul (marre d’entendre des âneries, et de parler médecine après une semaine de 5×11-12h de travail), je suis passé au-delà (si j’ose dire), et les conversations sont finalement très agréables. J’ai appris des tas de choses sur le régime cétogène dans le cancer (ne me posez pas de question, je n’ai pas d’avis dessus), les régimes veggies/vegan/low-carb, la prédiction des SCA par l’astrologie…

Hier, c’était un peu plus scientifique. J’avais à ma gauche une ingénieure française qui travaille dans le pétrole aux Pays-Bas, et devant moi une spécialiste des risques en milieu industriel et nucléaire. Nous avons parlé bioéthique et fin de vie.

L’amie brésilienne, prof de yoga (et vous l’aurez deviné, veggie, almost vegan) va retourner chez elle aux US pour l’hiver. Je suis un peu triste, car elle était plutôt sympa. Son road-trip sur les chemins de Compostelle était excellent. J’ai aussi appris des tas de choses sur les space-cakes (pour rassurer mes proches, je ne compte pas en consommer). 

Finalement, contrairement à ce que je pensais, ce groupe n’a pas d’habitués réguliers. Les gens se connaissent, font même des sorties dans d’autres groupes Meetup (j’y reviendrai), mais viennent très irrégulièrement aux réunions.

Cela me fait irrésistiblement penser à la chanson « San Francisco ».

Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux

Finalement, la culture internet, par son absence de frontières et sa quasi absence de barrières sociales (on peut en discuter, mais le vouvoiement est atypique sur la toile) permet des rencontres IRL à l’identique, « globales ». Et ça me convient parfaitement car cela me change des interactions très hautement protocolaires/protocolisées de ma vie professionnelle.

Ces discussions me font aussi beaucoup penser au Twitter « d’avant », quand il n’y avait pas agressivité. Chacun vient et respecte l’autre. Il ya des grandes gueules et des gens +/- étranges (comme sur Twitter), mais pour l’instant, les échanges se déroulent sereinement. Cela vient aussi probablement du fait que les convives viennent d’horizons très divers, de façon presque aléatoire, je ne retrouve notamment pas de communautarisme « professionnel » (pros de santé vs patients…). Presque, car on retrouve à table environ 50% de français et 50% d’expatriés, avec le plus souvent , ce qui est attendu, une grande ouverture vers l’international (et vers l’autre), et un niveau élevé d’éducation.

Comme je l’ai déjà dit, les conversations se font en anglais ou en français, avec comme seule règle que deux deux personnes ayant la même langue maternelle ne peuvent pas parler avec cet idiome. Certains français sont assez pénibles avec cette règle, ils n’ont pas tort, mais parfois ils interrompent un peu sèchement une conversation pour la faire respecter. En général, en fin de soirée, la fatigue aidant, on parle français pour nos amis expatriés désireux de pratiquer notre langue.

Nous appartenons presque tous à plusieurs groupes Meetup. Meetup est un site et une application permettant de trouver autour de soi des gens ayant les mêmes centres d’intérêt afin de se rencontrer. Première constatation, Aix est beaucoup plus riche que Marseille en terme de nombre de groupes et de diversité, et cela, malgré une population bien moindre. Pas grave, j’aime beaucoup Aix. Seconde constatation, il y a beaucoup de groupes polyglottes, ça tombe bien aussi. Je me suis inscrit  à plusieurs. J’ai quand même testé un repas chez de parfaits inconnus (avec des convives inconnus), malheureusement, c’est tombé à l’eau (ce n’est que partie remise). Comme dans la gnole des Tonton Flingueurs, il n’y a pas que de la pomme dans Meetup, il y a quand même des groupes étranges, voire franchement pas nets:

Halloween, mais en vrai…


???(on dirait un néologisme de Ségolène)


Sans commentaire…

Le Da Vinci Code, mais en vrai.


Mais que vient faire ce groupe d’innocents cyclistes dans cette liste? Ceux qui connaissent Marseille savent qu’il faut être fada pour faire du vélo dans la ville…

 

Dédicace spéciale aux pharmaciens de Twitter  😉

Lost in Translation

Depuis des années, mon niveau d’anglais me désespère.

Je lis assez facilement le NYT (je m’y suis abonné quand Trump est arrivé au pouvoir), et je comprends une conversation simple (ou le journal TV). Mais je suis quasi incapable de parler, et encore moins de lire de la littérature en anglais (je parle de la vraie littérature, pas des articles dans les revues médicales qui sont écrits en anglais de cuisine). Je me suis aussi dit que ma vie non-professionnelle était désertique et qu’il fallait que je me bouge un peu pour sortir de ma caverne, ma zone de confort, comme on dit dans les magazines branchés.

Je me suis donc inscrit à une rencontre polyglotte qui a régulièrement lieu dans un café sur Aix. Cela n’a pas été si simple. Déjà, aller au devant de gens représente un gros effort pour moi, mais en plus en anglais… Bref, une fois le bouton « je m’inscris » appuyé, le plus difficile était fait.

Je suis arrivé sur Aix 2h en avance, afin de revoir la superbe collection Planque à La Chapelle des Pénitents Blancs, et visiter l’expo « Cézanne at Home » au Musée Granet.

Sympa, la déco de la chambre à coucher de Jean Planque, non? Devinez qui agonise dans ce marbre?

Vous avez 1 an pour aller voir ce Cézanne, après, il regagnera la Collection Pearlman.

Après, je me suis rendu à l’heure dite dans un café bien connu de Aix. J’ai rencontré un astro-psychologue belge très sympa mais un peu  étrange. À un moment, j’ai quand même cherché la caméra invisible. Anti-vaccin, anti médicament, il a prédit la date de son second accident coronaire (je n’ai vraiment pas de chance…), ce qui lui a permis d’envoyer à l’avance tout son dossier médical au médecin qui allait le prendre en charge (pratique, mieux que le DMP). Il aime la France car elle s’inscrit dans un triangle maçonnique fait de signes d’air (probablement approximatif, j’ai décroché au bout de quelques temps), l’Amérique va s’effondrer en 2022 et l’Europe 13 ans après, et j’oubliais, ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui empoisonnent sciemment les médicaments pour encore plus s’enrichir (notamment les statines, vous l’aurez deviné…). Le pire est que nous parlions (plutôt il parlait) en français… Le reste de la soirée a été une discussion très sympa, en anglais avec 2 français (ça, c’est surréaliste, aussi), 1 brésilienne, 1 irlandaise et 1 japonaise.

Bref, ça m’a bien plu, je me suis inscrit à la prochaine rencontre.

Je suis certain que vous ne me croyez pas pour l’astropsycho belge… Heureusement, il m’a donné sa carte:

 

À travers le miroir

Pour moi, l’art, notamment contemporain est un miroir tenu à bout de bras par l’artiste, et dans lequel nous nous reflétons, ce qui nous permet en retour de… réfléchir. Une œuvre va autant nous enrichir que nous l’enrichissons. Si il n’y a rien à refléter, et bien… on ne voit rien.

L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire.

Pierre Soulages

J’ai vu passer récemment deux séries photographiques qui illustrent cela de façon humoristique.

La première, People matching Artworks, est du photographe Stefan Draschan. La seconde est une sorte d’oeuvre collective de gens qui se sont trouvés des jumeaux dans des oeuvres d’art.

Parfois, aussi, c’est le créateur qui ne fait qu’un avec ses créations…

(Source)

Les rencontres de rythmologie de Beauregard

La rythmologie n’est pas trop ma tasse de thé (comme « l’hypertensiologie »), et je n’aime pas trop « sortir », mais comme j’aime beaucoup l’équipe qui a organisé ce congrès, je me suis rendu aux secondes Rencontres de rythmologie de Beauregard qui se sont tenues à Avignon. J’en profite aussi pour les remercier de m’avoir invité.

Je trouve difficile de faire des compliments publics sur des confrères avec qui je travaille depuis des années, sans prendre le risque d’être taxé de complaisance et de faire du copinage, mais depuis que je les connais, je me dis que ce sont des gens bien.

Ce petit congrès a confirmé mon impression. Il y avait l’industrie, bien sûr, comment faire autrement, mais pas n’importe qui, et aucune présentation  leur servait la soupe. J’ai apprécié la décontraction sérieuse, et aussi la durée exceptionnellement longue laissée à chaque orateur, permettant un véritable dialogue avec la salle, et pas uniquement le 3-questions-pas-plus-on-est-déjà-en-retard habituel.

Parfois, je me suis dit que je ne savais pas lire un ECG, ce qui est rapidement vrai quand on commence à creuser.

D’autre fois, ça ressemblait aussi à Star Wars (l’ablation d’ACFA…). Les présentations de Cazeau (pour ceux qui ne connaissent pas) et de Daubert  étaient fabuleuses.

Le coeur virtuel de Dassault Systems m’a beaucoup impressionné, et je pense m’en servir pour plus tard… Et puis, il y avait aussi Robert Grolleau, un des derniers géants de la rythmologie française. Nous avons tous fait la queue, à la pause, comme des écoliers, pour qu’il nous dédicace son bouquin.

Vivement les troisièmes rencontres…