Nouveau mot

Aujourd’hui, j’ai eu la chance de tomber sur un amateur de champignons, 78 ans, bon pied et bon œil qui court les collines pour satisfaire sa passion.

Je ne connais rien aux champignons, par goût et aussi car contrairement aux pharmaciens, notre formation est totalement muette sur le sujet.

On parlait d’une intoxication dramatique qui est survenue dans la région en début d’année et nous avons un peu dévié sur les effets toxiques de certaines espèces.

Il m’a alors parlé du « Syndrome coprinien » qu’il a expérimenté un jour, il y a bien longtemps.

A l’époque, pour impressionner sa belle qui l’avait pourtant mis en garde, il avait consommé un verre de cognac après avoir dégusté (il m’a dit que c’est très bon) un coprin.

Il m’a dit qu’il avait alors regretté amèrement et m’a décrit un magnifique effet antabuse.

Ce qui est fascinant dans cette histoire, c’est que ce coprin est bon et parfaitement sans danger, à moins de consommer de l’alcool, même de 3 à 5 jours après l’ingestion.

Après son départ, j’ai fait quelques recherches, et j’ai découvert le monde merveilleux de la mycotoxicologie. Cela ne m’a pas particulièrement donné envie de manger des champignons, mais quel sujet passionnant!

(j’ai toujours aimé la toxicologie pendant mes stages aux urgences et à l’époque, j’adorais ce bouquin…).

Sortie de Toussaint

Le retour de l’Ukiyo-e

Télémédecine

Ce pont de la Toussaint a été interminable: femme et enfants au loin et d’astreinte avec 2 patients « chauds » à la clinique.

J’en ai d’ailleurs évacué un.

L’autre avait un souci de rythme cardiaque, une fibrillation auriculaire très rapide, ce qui était très inopportun étant donné par ailleurs la sévérité de son état cardiaque.

Malgré la présence d’un médecin sur place, je me demandais comment pouvoir surveiller le rythme de mon patient sans traverser la ville à chaque fois.

C’est une infirmière qui a eu le déclic: on va lui faire un ECG, matin et soir, le prendre en photo et te l’envoyer par MMS!

Aussitôt dit, aussitôt fait!

En plus, je riais dans ma barbe en pensant au débat qui enflamme le web sur la #télémédecine depuis quelques jours.

Et bien, j’allais en faire!

Après 24 heures, son rythme revient en sinusal, mais la surveillance se poursuit consciencieusement:

Photobucket

Ce n’est qu’un fragment de la photo envoyée. Sa taille réelle étant de 1064*768 pixels, ce qui couvre l’ensemble du tracé.

Comme vous pouvez le constater sur cet échantillon, on peut très bien analyser l’ECG. Bien entendu, j’appelais la clinique et les infirmières me donnaient aussi une foultitude d’autres détails cliniques capitaux. C’est un truisme, mais il n’en a que plus de valeur: la confiance mutuelle IDE/médecin est un bien totalement et définitivement inestimable.

Hier soir, je n’étais plus inquiet du tout, et heureusement, car l’équipe a changé, et le moins que l’on puisse dire est que le téléphone portable de la nouvelle équipe est légèrement sub-optimal en ce qui concerne son appareil photo:

Photobucket

Taille réelle. Mouhahahahaha

Bon, hier au soir, au téléphone, cette photo nous a valu bien 5 minutes de fou-rire parfaitement incontrôlable avant de pouvoir parler de choses sérieuses.

Ce matin, le patient se porte comme un charme.

Vive la télémédecine!

(enfin, surtout vive les infirmières)