Le retour du fils prodigue.

J’ai eu une petite mésaventure avec mon iPhone.
Mardi dernier, je me suis rendu compte que je ne pouvais ni passer ni répondre à un appel téléphonique. Tout le reste marchait parfaitement, internet compris.
Un iPhone qui ne fait plus téléphone, c’est un iPod Touch, certes, mais bon…
Je l’ai allumé, éteint, remis à zéro, sans résultat.
J’appelle l’assistance de Orange, qui après quelques vérifications me bascule sur une adorable opératrice du service après-vente de Apple qui est situé au Portugal (vive la mondialisation…). La garantie exclut les dommages liés aux accidents et au démontage de l’appareil et les dommages provoqués par l’eau. Dans ce dernier cas, vérifiez bien (de toute façon, on vous demandera de le faire) que les pastilles de détection d’humidité soient bien blanches. Attention, car des tas d’histoires qui tendent à montrer que ces pastilles sont particulièrement sensibles circulent sur les fora.

Il est nécessaire d’appeler d’un fixe ou d’un autre portable, pour pouvoir effectuer des manipulations sur l’iPhone. Le coup de téléphone a duré 57 minutes, attente relativement courte comprise. Si ça vous arrive, téléphonez en ayant du temps devant vous et pas entre deux consultations, ce que j’ai failli faire!
UPS est venu chercher mon téléphone le lendemain, direction Eindhoven (merci le « tracking » d’UPS, qui complète celui d’Apple, au cas où vous soyez très inquiets pour la santé de votre « bébé »).
Retour ce matin d’un iPhone neuf, ce qui est pas mal étant donné le lundi férié et le samedi/dimanche au milieu. J’ai réinstallé toutes les applications sans aucun souci, resynchronisé mes contacts, mes rendez-vous, et mes favoris internet.

Quelques remarques.

  • La première, à la « Mme Michu m’a dit que« : les deux livreurs UPS m’ont dit qu’ils convoyaient « énormément » d’iPhones défectueux, mais que pour l’instant, ils n’étaient jamais allé deux fois chez le même particulier (ouf, touchons du bois!).
  • Orange et le service après vente d’Apple est parfait. Rien à rajouter, si ce n’est que c’est peut-être car ils ont un très gros débit et donc un gros entraînement (remarque un peu perverse)
  • Je suis bien content de l’avoir récupéré, car mes confrères passaient leur temps à me narguer, du genre « T’as vu cette nouvelle application, elle est super! » et à avoir leur nez et leurs doigts collés sur l’écran de leurs iPhones. Même la demoiselle, presque par définition la moins technophile de la bande m’a demandé ce que je faisais avec mon « vieux » Nokia 2610. A la fin, je suis devenu un peu grossier. La super application en question est « CCAM Lite« . On a une chance insolente, car les actes de cardiologie font partie de cette démo gratuite !
  • On se crée des besoins parfaitement futiles sous la pression extérieure, et que tout concourt à péréniser et à amplifier (notamment un service après vente grandiose, digne de la logistique d’une évacuation sanitaire urgente) . L’ultime sagesse serait de pouvoir tourner le dos à son iPhone et entrer dans un Ashram en plein Himalaya, là où aucun réseau ne passe.
  • Pas cohérent avec le point précédent, mais Dominique Dupagne a ouvert il y a quelques temps « Iphomed« , un Yahoo Groupe dédié à l’usage médical que l’on peut faire de son iPhone.

BCB

Je me suis longtemps tâté avant de souscrire à l’abonnement annuel de 72€ (36€ pour les étudiants) pour avoir accès à l’ensemble des fonctionnalités de la BCB sur iPhone.

En France, la BCB (Banque Claude Bernard) est avec le Vidal, les deux principales banques de données sur le médicament (Medic France est encore très récent, et semble en effet pas beaucoup plus évolué qu’une liste de liens d’utilisation expressément non conviviale pour un coût probablement pharaonique. Ils ne connaissent pas Delicious, au ministère?).

Après, c’est un choix, les bleus ou les rouges, PC ou Mac, les Capulets ou les Montaigus, la barbe au dessus ou au dessous de la couverture…

Je n’ai d’affiliation avec aucun des deux, utilise l’un ou l’autre indifféremment (le CHU est rouge, la clinique est bleue, drôle, non?) et pas vraiment de préférence.

Par contre pour l’iPhone, la différence est de taille. Le Vidal ne propose pour l’instant que ses monographies de juin 2008, en ligne, sans aucune interaction possible (http://phone.vidal.fr), mais il semble qu’une application digne de ce nom sorte sous peu.

L’application BCB est bien plus complète, mise à jour régulièrement, et surtout, la banque de données a l’avantage d’être entièrement contenue dans l’appareil, donc disponible hors connexion.

Voici une petite visite:


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On va commencer par « Recherches »

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Les options de recherche sont pratiques et facilement accessibles

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Gros inconvénient de la BCB: si vous oubliez le tiret dans certains médicaments, vous ne les trouverez jamais (essayez donc de chercher Monotildiem)! Le Vidal est bien plus souple et ignore les tirets.

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La monographie est complète, sans fioriture. On tapote sur « Ajouter à l’ordonnance ».

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Je choisis un autre médicament, et je le rajoute à l’ordonnance.

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Soit on regarde d’emblée si il existe une interaction, soit on peut « créer » un patient virtuel pour voir si l’ordonnance lui « convient ». Je ne trouve pas cette dernière possibilité essentielle. Primo, car on doit pouvoir perdre beaucoup de temps à créer un patient polypathologique, secundo, je n’imagine pas que l’on puisse prescrire un médicament sans avoir attentivement lu les contre-indications et les précautions d’emploi dans la monographie. Mais comme je vous fais la visite, on va se créer un patient, une patiente en l’occurrence:

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J’ai pris une femme enceinte à 24 SA…

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… insuffisante rénale (petit clin d’œil à mon néphrologue favori)

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Puis on contrôle l’ordonnance:

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Évidemment, j’ai bien chargé la barque…


J’aime beaucoup l’utilisation des monographies indépendamment d’un accès à internet, et la possibilité de tester les interactions entre plusieurs médicaments. Je trouve inutile la création d’un patient virtuel. Enfin, une interface un tout petit peu moins calviniste serait appréciable. Ah oui, je suis un peu tatillon, mais il y a une coquille à « insuffisance rénale aiguë » qui devient « insuffisance rénale aiguü »

Eucalyptus et Pubmed

Non, non, non, je n’ai pas fait de recherche Pubmed sur les bienfaits de l’eucalyptus (quoique…) ! Ce sont deux choses totalement différentes.

Commençons par le travail!

Dans sa dernière note, Denise Silber précise que la NLM a mis en ligne une page spéciale du Medline pour les téléphones mobiles.

L’adresse en est la suivante: http://pubmedhh.nlm.nih.gov/nlmd/.

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Lorsque l’on tapote sur abstract, on obtient un résumé brut, sans cadre ni lien superflu pour ne pas perdre de temps en chargement de page (c’est très appréciable).

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Si l’on tapote sur full text, on tombe soit directement sur la page de la revue, ou bien sur la page habituelle de Pubmed. Là bien sûr, il faut recadrer et zoomer. Si vous voulez plus d’options pour la recherche avancée, préférez bien sûr la page advanced search habituelle , non optimisée pour les mobiles. La seule petite remarque que je pourrais faire, c’est que cette page pour mobiles ne permet pas d’utiliser la fonctionnalité « My NCBI » qui est quand même très pratique, notamment pour l’enregistrement de l’historique des requêtes. Mais je pense que ces pages optimisées sont par définition faites pour faire des recherches rapides, éventuellement au lit du patient, et non pour monter une bibliographie complète, ce qui est beaucoup plus confortable à faire avec un ordinateur et un grand écran.

Maintenant le plaisir. Un nouveau lecteur est disponible sur iPhone. Il ressemble beaucoup à l’excellent Stanza, notamment car il donne accès aux ouvrages du projet Gutemberg,  mais il est payant (7.99€).

Donc pas vraiment d’intérêt, hormis une certaine élégance d’utilisation que Stanza n’a pas. Mais je voulais surtout vous faire voir la fantastique animation qui explique le fonctionnement de ce lecteur sur le site de son éditeur.

C’est exactement ce que j’aime par dessus tout dans l’iPhone. L’écran est petit et la navigation sur internet peu confortable pour les yeux au bout de quelques minutes de lecture, mais la navigation au doigt est tout à fait géniale. Vivement les écrans tactiles pour ordinateurs de salon, voire pour plus tard les écrans virtuels à la « Minority Report » (le prototype existe déjà).


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Aucun rapport, mais très intéressant aussi, la NHS britanique a ouvert très récemment son moteur de recherche « NHS Evidence« . Le but auto proclamé de ce service est: « The principle aim of NHS Evidence is to provide access to a comprehensive evidence base for everyone in health and social care who makes decisions about treatments or the use of resources. »

Merci à Philippe Eveillard de l’avoir noté dans sa page Delicious (et merci au web 2.0 qui permet le partage de nos ressources, notamment, donc, pour ce service)

Test

Juste pour vérifier si je suis arrivé à me débarrasser d’un satané agrégateur de billets qui récupére toutes mes notes concernant le téléphone à la pomme afin d’augmenter le trafic d’une page pleine de publicités…

J’en profite pour préciser de nouveau, que même si ce blog est écrit sous une licence CC particulièrement permissive, je suis totalement opposé à l’utilisation de mes notes, même citées partiellement, afin de nourir un agrégateur et son administrateur via des publicités.

On va voir si ça marche, donc…

….

Parfait!