Publicités pharmaceutiques des années 70 (3)

J’ai de nouveau feuilleté (précédentes notes ici et ici) les vieilles revues médicales de mon père qui dorment tranquillement dans le grenier familial. Les publicités présentées dans cette notes sont un peu plus récentes que les précédentes, entre 1980 et 1985 grosso modo. J’ai aussi mis quelques publicités de la fin des années 60. Vous pourrez constater que le style est différent.

Désolé pour les reflets et parfois le flou des photos. Cette fois, je n’ai pas eu le cliché très heureux. 

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Celle-là, tout à fait banale en apparence est ma préferée. Essayez de trouver pourquoi. La solution en fin de note.

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J’aime bien celle-là pour l’analogie entre les entrelacs des collants et les entrelacs des varices que ce traitement était supposé faire disparaître.

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Cette dame me fait peur. Brrrr. Si en plus elle n’a pas toute sa tête… Clairement une psychopathe en puissance.

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Cette publicité est elle-aussi vaguement inquiétante. Ultrapénétrant? Un peu trop, non?

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Un petit coup de Nozinan pour ne plus voir tous ces vilains oiseaux?

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D’actualité. La phénylbutazone vient de faire un grand retour sous les projecteurs. maintenant, on la donne aux chevaux

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La dysménorrhée vue par un élève de David Hamilton.

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Et bé, il a pas l’air vif, lui…IMG_3604

Bonne question!

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Le médecin dans les années 70. Enorme bibliothèque qui n’était pas rapidement obsolète, costume-cravate, un homme d’un certain âge. Par contre, la tension, ça se prend couché(e)… On retrouve aussi dans cette publicité une évolution importante, une mention extensive du RCP. C’est moins sexy, mais plus informatif.

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Et ça fait aussi repousser les cheveux?

informatique

Pardon pour la qualité terrible de celle-là. C’était au début des années 80 et la formation médicale continue moderne se faisait sur magnétoscope (que l’on pouvait louer 😉 )…IMG_3632

A l’époque, la première greffe cardiaque de Barnard faisait rêver tout le monde. Pourquoi ne pas apporter un peu de glamour dans le monde trivial des désinfectants cutanés?

IMG_3624Suffisant, nanti, probablement un médecin?

maux croisés

Pas une publicité, mais à l’époque, on trouvait des « jeux de maux » dans les revues médicales. Maintenant, on trouve de la publi-information pour le Procoralan®. En parlant de jeux de maux, connaissez-vous l’émouvante histoire de Araucaria?

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Le Bepanthène marche presque pour tout!IMG_3648

Sacrée mycose…

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J’aime bien cete publicité ajourée.

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Il a bien de la chance!

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Jolie rousse, jolies formes.

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Je ne suis pas rhumato. C’est probablement pour cela que je n’ai pas regardé cette colonne lombo-sacrée de profil.IMG_3651

Pas une publicité, mais en 1969, l’homosexualité était considérée comme une perversion.

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Pas de chapeau melon, mais des bottes de cuir.

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Le Neuleptil donne des troubles de la vision des couleurs?

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J’aime bien cette pub très fin des années 60.

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Toute cette expérimentation animale pour un traitement qui a disparu corps et bien…

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Un anti-hypertenseur de base, pour un médecin de base.

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Encore un autre traitement de base…

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Pas une publicité, mais à l’époque, on faisait encore des voyages ethnographiques de l’autre côté du rideau de fer.

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J’adore le graphisme!

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Cette couverture, c’est pour vous titiller avant la prochaine note 😉

Alors, vous avez la réponse pour la première publicité?

La terfénadine a été retirée en septembre 1998 pour son sur-risque de mort subite par torsade de pointes/allongement QT notamment en cas d’interaction médicamenteuse.

Le pilote traite sa rhinite, 354 morts 😉

The Heart Attack Grill

Le « Heart Attack Grill » (HAG) vient de perdre un de ses clients, des suites d’un infarctus du myocarde. Ce n’était pas n’importe quel client, mais sa mascotte. De quoi assurer une renommée mondiale à un restaurant qui se targue de servir en énorme quantité à ses clients les aliments les moins sains du monde.

Les critiques de Tripadvisor sont quasi unanimes sur l’ambiance qui règne dans le restaurant, un peu moins sur l’intérêt gustatif de ce qu’on y sert, même à l’aune des amateurs de burgers.

J’aime bien le côté transgressif du patron, même si c’est éminemment commercial. J’aime bien aussi son air de médecin.

jonbasso1On dirait un vrai uro-pneumologue, non? Pourtant ce n’est pas un expert mais Jon Basso, le patron du HAG.

Les serveuses sont déguisées en infirmières sexys (un « breastaurant » ) et les cuistots en infirmiers de bloc. On équipe les clients avec une blouse d’hôpital (avec les fesses nues) et un bracelet d’identification .

Les vidéos proposées par le site officiel du HAG sont à regarder (à jeun).

Je ne serais pas surpris d’y voir manger un soir messieurs Even et Debré.

Y pas de mal à se faire du bien, non?

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Pour un bon usage des statines. (HAS 14 février 2013).

Statins for the primary prevention of cardiovascular disease. (Cochrane Library 31/01/13).

Statin use in the secondary prevention of coronary heart disease in primary care: cohort study and comparison of inclusion and outcome with patients in randomised trials. Wei L, Ebrahim S, Bartlett C, Davey PD, Sullivan FM, MacDonald TM. BMJ. 2005 Apr 9;330(7495):821. Epub 2005 Mar 24.

Utilité des statines chez des sujets à risque cardiovasculaire peu élevé. Minerva 2012; 11(4): 43-44

« Le cholestérol ne bouche pas les artères » . LE MONDE | 12.06.2007 à 13h46 • Mis à jour le 15.02.2013 à 15h29. Propos recueillis par Sandrine Blanchard.

La pachole

Grand moment de classe marseillaise ce matin, à l’Hôpital et grand moment rigolo l’après-midi en consultation.

Vous allez voir, tout tourne autour de la même chose…

Ce matin d’abord.

Un interne de chirurgie viscérale souhaite un doppler en urgence pour un de ses patients. C’est la fin de la vacation, l’aide-soignante lui demande de faire descendre le patient par les externes ou lui même, sans passer par les brancardiers. Appeler les brancardiers revient à reporter le transport de pas mal de temps, certainement au delà de la fin de ma vacation.

L’interne lui répond qu’il ne se gratte pas l’anus depuis le début de la matinée et lui raccroche au nez.

L’aide-soignante est furax et me sort: et moi, je me gratte la pachole? En joignant le geste à la parole.

La grande classe. Et encore, je n’arrive pas à vous transcrire son accent marseillais qui pimente le tout.

Finalement le patient avait bien une phlébite. Le courrier médical m’a fait sourire, il était entièrement écrit en majuscules. Définitivement pas un interne fin et raffiné. Probablement un futur orthopédiste.

D’après le wiktionnaire, la pachole est aussi un filet de pêche en forme de poche, destiné à attraper les petits poissons, d’où sa signification imagée.

A Marseille on utilise un autre terme moins vulgaire pour désigner le sexe féminin: moune ou ses dérivations, mounette voire mouninette. Ces termes peuvent être employés comme surnoms affectueux, curieusement, même pour un homme. J’ai été élevé au rang de ma moune/ma mounette par une aide-soignante dans ma clinique de cœur.

Une consultation dans l’après-midi, un couple de 70-75 ans.

Le monsieur se penche sur mon bureau, son épouse est dans la pièce à côté.

Docteur, c’est normal, mais j’ai des problèmes sexuels? Ce sont les médicaments?

Depuis ma dernière expérience malheureuse avec le désert de Gobi, je n’ose plus trop poser de questions.

Comme je rends compte que je ne vous l’avais pas racontée, voici l’histoire du désert de Gobi.

Il y a quelques mois, un couple, autour de 45 ans, vient me voir car Monsieur est hypertendu. Au cours de la discussion initiale je demande à Monsieur si il a des troubles de l’érection. Il se tortille un peu sur sa chaise, et fini par marmonner que non.

Madame prend alors la parole.

Docteur, vous voyez le désert de Gobi ? Et bien, c’est pareil, y a rien qui bouge.

Un troupeau d’anges gênés passe pendant tout le reste de la consultation…

Revenons au couple de 70-75 ans.

J’allais donc répondre prudemment quand son épouse poussa un retentissant:

Mais non, tu n’as pas de problème, tu es très bien!

Et le mari irréprochable qui continue à s’autoflageller:

Je n’ai jamais été un champion même en étant jeune…

Et son épouse de lui remonter le moral: ça me va très bien, tu t’inquiètes, tes copains te montent le bourrichon, mais tu as toujours réussi…

Bon bien sûr, Docteur, il éjacule plus, ça part en arrière depuis sa prostate, mais c’est pas grave!

Le mari de reprendre: quand ça marchera plus, on arrêtera.

Pris dans la conversation, j’agite mes dix doigts devant la patiente: et il reste toujours les doigts!

La patiente: et bien oui, il y a plein de moyens…

Totalement surréaliste.

J’ai donc écrit au généraliste que je ne voyais pas d’inconvénient à une petite aide chimique…

Le trio externenza

Trois externes gantés poussent un lit dans ma salle d’échographie.

Après leur avoir fait remarquer qu’on dirait un congrès de proctologues, je leur demande le pourquoi.

Isolement contact, répondent-ils en coeur.

Pourquoi?

On sait pas, nous sommes les trois premiers externes arrivés ce matin dans le service. (toujours en coeur).

Parfait, vous connaissez la dame?

Non

Ah, c’est un truc qui se termine par -on.

Ah oui! reprennent les deux autres en canon.

Pardon?

Le service nous a dit de nous méfier d’un truc qui se termine par -on.

Je soulève le drap et tombe sur deux redons: un red-on?

Oui! (en coeur).

Vous, vous avez gagné une note sur internet.

Ils me regardent sans comprendre.