Un enterrement de première classe

Un article du WP, découvert via l’excellent blog Corante, raconte comment Astra-Zeneca a enterré une étude peu flatteuse pour un antipsychotique à la fin des années 90. Certes, l’étude est entachée par un taux d’arrêt du traitement testé tout à fait considérable. Mais c’est cela qui aurait justement été intéressant de savoir pour le praticien, ainsi que les principales causes de ces arrêts: des désordres métaboliques, ainsi qu’une prise de poids importante.

A lire, donc.

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Crédit inconnu


Souvenez-vous:

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.


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Shankar Vedantam. A Silenced Drug Study Creates An Uproar. The Washington Post. Wednesday, March 18, 2009; Page A01

Ecritures

J’écris mal, mais là, j’ai trouvé mon maître en écriture.

J’ai anonymisé le nom de la patiente plus par principe que par réelle nécessité.

Heureusement que cette dernière est infirmière et qu’elle est bien consciente de l’illisibilité de son médecin traitant.

Elle a su m’expliquer le pourquoi de sa visite.

Pour la petite histoire, son médecin est gaucher (ce n’est pas une tare).




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Conflits d’intérêts

Cette inter-saison est la période des conflits d’intérêts.

Les scandales, petits ou gros fleurissent presque chaque jour.

Petit florilège.

Le « bon » Dr Joseph Biderman refait parler de lui. Il s’agit de ce psychiatre de l’école de médecine d’Harvard qui défrayé la chronique en novembre dernier pour avoir « oublié » de déclarer une partie de ses liens financiers avec les firmes pharmaceutiques (200000 US$ sur un total de 1.6 millions de US$ entre 2000 et 2007). Maintenant, on lui reproche d’avoir « prédit » à des officiels de Johnson & Johnson les résultats positifs de 2 études cliniques en cours (et ici dans le WSJ Health Blog), dont il avait la responsabilité. Soit il est capable de prédire l’avenir, soit il avait tout fait pour que ces études soient positives. le doute est permis, si l’on en croit l’extrait suivant d’un article du  NYT:

In a contentious Feb. 26 deposition between Dr. Biederman and lawyers for the states, he was asked what rank he held at Harvard.

“Full professor,” he answered.

“What’s after that?” asked a lawyer, Fletch Trammell.

“God,” Dr. Biederman responded.

“Did you say God?” Mr. Trammell asked.

“Yeah,” Dr. Biederman said.

Ensuite, une sombre histoire avec deux protagonistes: d’un côté le prestigieux JAMA, de l’autre le Dr Jonathan Leo. Ce dernier a publié une lettre dans le BMJ stipulant qu’un  auteur d’un article publié dans le JAMA n’avait pas déclaré l’ensemble de ses conflits d’intérêts. Conflits pourtant facilement retrouvés grâce à Google.

Le WSJ Health blog contacte alors la rédactrice en Chef du JAMA pour connaître son opinion, et celle-çi aurait déclaré que le Dr Leo était dans le texte: « This guy is a nobody and a nothing » et « He is trying to make a name for himself. Please call me about something important. »

Évidemment la polémique a pris de l’ampleur, ce qui a permis d’oublier totalement le début de l’histoire, pourtant la seule chose importante, le fait qu’un auteur ait encore oublié de déclarer ses liens avec l’industrie.

Enfin, je ne reviendrai pas sur la nouvelle enquête du Formindep qui met en cause la gestion des conflits d’intérêts au sein de la HAS, puisqu’elle a été très abondamment commentée ailleurs. La HAS a émis une réponse « longue et argumentée » le 21/04. Ce texte n’a toujours pas été rendu public à cette heure car « Le Formindep prend le temps de l’étudier en détail, afin de lui donner les suites qu’il jugera nécessaires au respect de la transparence de l’information médicale« . Donc wait and see

La floraison presque simultanée de ces affaires n’est n’est pas totalement due au hasard.

Les choses bougent beaucoup de l’autre côté de l’Atlantique et encore pas ou bien trop peu chez nous. Mais ça commence.

J’espère que cela n’est que le début d’un mouvement global qui va permettre de nettoyer les écuries d’Augias.

Toutefois, comme toujours, le mieux est l’ennemi du bien et il faut aussi savoir se méfier de la radicalité qui est souvent la voie la plus séduisante.

N’oublions jamais que le seul but à atteindre à l’exclusion de tout autre est de mieux soigner nos patients.

Le temps des désillusions

Le matin, quand je me lève, je consulte mes messages électroniques, ceux qui m’annoncent de nouveaux commentaires et le sommaire des revues auxquelles je suis abonné.

Ce matin, je suis tombé de haut (en fait pas tout à fait, mais c’est pour la rhétorique).

Dans le NEJM du jour, 3 articles ont retenu mon attention.

D’abord les deux sur le dépistage du cancer de la prostate et leur éditorial, puis une « perspective » sur le désengagement de Pfizer de la recherche sur les pathologies cardiovasculaires.

Le dépistage systématique du cancer de la prostate permet de diagnostiquer bien plus de cancer que l’absence de dépistage (encore heureux), mais in fine, ne permet d’améliorer que peu ou pas la mortalité à 10 ans. L’étude européenne est légèrement plus favorable au dépistage, mais à peine. L’éditorial, lui, est finalement le plus favorable, mais ce n’est qu’un éditorial. On pourra discuter sans fin du verre à moitié vide ou à moitié plein, mais permettre au grand maximum d’éviter quelques décès, malgré un taux élevé de diagnostics de cancers de la prostate est déjà une capitulation en rase campagne pour la stratégie de dépistage systématique. Finalement, je vois cela comme une victoire de l’intelligence sur l’obscurantisme du systématique cher à nos technocrates de la santé (et aux groupes sous influence).

En pratique, cela me touche peu, hormis que je suis porteur depuis la naissance d’une prostate. Tout de même, je suis étonné du nombre étonnant de dosages de PSA que je trouve à la fin des ionogrammes sanguins que m’apportent les patients. Beaucoup de généralistes (je ne fréquente pas/peu les urologues) sont accros aux PSA. Et les gynécos, Thétis, le sont-ils aussi ??

Je recommande très chaudement de lire le « Touche pas à ma prostate » de Dominique Dupagne (déclaration de conflit d’intérêts: je lui dois un déjeuner).

Autre sujet, Pfizer se désengage de la recherche et développement dans le domaine cardio-vasculaire.

Là aussi, ce n’est pas une surprise complète, mais plutôt une piqure de rappel sur la colossale hypocrisie des firmes pharmaceutiques qui veulent nous faire  croire à coups de photos de beaux papys souriants et toniques en pull pastel en laine mérinos qu’elles luttent de toutes leurs forces pour le bonheur de l’humanité souffrante. Et bien non.

Autre journal, autre article que je n’ai pas lu entièrement, n’ayant ni les connaissances, ni les outils pour l’interpréter. Mais je pense avoir compris le message général en lisant le résumé. Il s’agit de PLoS One, et d’un article sur l’effet placebo dans le traitement de la dépression sévère. A la fin de l’article, les auteurs  concluent que l’effet placebo est très variable en fonction des études et des caractéristiques de la dépression, ce qui in fine peut « rendre » un traitement étudié actif ou non et proposent de comparer un placebo-comprimé à un placebo-appareillage dans une étude pour faire avancer le schmilblick.

Je crois avoir globalement compris que c’était un nième coup de canif dans l’oreiller des anti-dépresseurs (ici, ici et ici pour lire nos discussions préalables, et ici chez Yann).

Oulàà, c’est compliqué la dépression, je suis content de ne pas être psychiatre. Yann ou les autres, vous pourriez un peu me synthétiser l’article, pour que je m’endorme moins bête ce soir ?

Une prévention qui ne prévient rien, des firmes pharmaceutiques qui ne seraient pas humanistes, un placebo à l’effet tellement variable qu’il devient difficile d’analyser des études d’efficacité et qu’on envisage de le tester contre un autre placebo…

Y a-t’il des choses simples en médecine?

Le Père Noël existe quand même, oui?

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Schroder, Fritz H., Hugosson, Jonas, Roobol, Monique J., Tammela, Teuvo L.J., Ciatto, Stefano, Nelen, Vera, Kwiatkowski, Maciej, Lujan, Marcos, Lilja, Hans, Zappa, Marco, Denis, Louis J., Recker, Franz, Berenguer, Antonio, Maattanen, Liisa, Bangma, Chris H., Aus, Gunnar, Villers, Arnauld, Rebillard, Xavier, van der Kwast, Theodorus, Blijenberg, Bert G., Moss, Sue M., de Koning, Harry J., Auvinen, Anssi, the ERSPC Investigators, Screening and Prostate-Cancer Mortality in a Randomized European Study. N Engl J Med 2009;360:1320-8.


Andriole, Gerald L., Grubb, Robert L., III, Buys, Saundra S., Chia, David, Church, Timothy R., Fouad, Mona N., Gelmann, Edward P., Kvale, Paul A., Reding, Douglas J., Weissfeld, Joel L., Yokochi, Lance A., Crawford, E. David, O’Brien, Barbara, Clapp, Jonathan D., Rathmell, Joshua M., Riley, Thomas L., Hayes, Richard B., Kramer, Barnett S., Izmirlian, Grant, Miller, Anthony B., Pinsky, Paul F., Prorok, Philip C., Gohagan, John K., Berg, Christine D., the PLCO Project Team. Mortality Results from a Randomized Prostate-Cancer Screening Trial. N Engl J Med 2009;360:1310-9.


Barry, Michael J. Screening for Prostate Cancer — The Controversy That Refuses to Die. N Engl J Med 2009;360:1351-1354.


Rob Stein. Prostate Cancer Screening May Not Reduce Deaths Studies Cast Doubt on Usefulness of Common Test for Disease. The Washington Post, Thursday, March 19, 2009; Page A02.


Gina Kolata. Prostate Test Found to Save Few Lives. The New York Times, published March 19, 2009.


Garber, Alan M. An Uncertain Future for Cardiovascular Drug Development? N Engl J Med 2009 360: 1169-1171.


Brunoni AR, Lopes M, Kaptchuk TJ, Fregni F (2009) Placebo Response of Non-Pharmacological and Pharmacological Trials in Major Depression: A Systematic Review and Meta-Analysis. PLoS ONE 4(3): e4824. doi:10.1371/journal.pone.0004824