IPP et clopidogrel (4)

Un registre, FAST-MI et une étude randomisée, COGENT semblent montrer que l’association d’omeprazole et clopidogrel n’a aucun impact clinique, contrairement à ce que suggéraient plusieurs études rétrospectives et analyses d’agrégation ex-vivo (Cf. ici).

Par ailleurs, dans COGENT, le groupe clopidogrel seul faisait plus d’évènements gastro-intestinaux que le groupe clopidogrel+omeprazole.

Il s’agit d’une étude scientifiquement solide, avec une allocation aléatoire des traitements, en double aveugle et prospective sur 3627 patients suivis sur 133 jours. Ensuite, les critères étudiés étaient cliniques et pertinents.

Petite particularité quand même, cette étude aurait dû inclure 5000 patients, mais elle a été interrompue à cause de la faillite du promoteur.

Est-ce la fin de la discussion et le retour à la normale, comme avant?


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Pascale Solère. Dans FAST-MI comme dans COGENT la combinaison IPP-clopidogrel n’a pas d’impact clinique. theheart.org. [International Editions > Édition française > Sections > Actualités]; 2 oct. 2009. Consulté à http://www.theheart.org/article/1010139.do le 4 oct. 2009.



Shelley Wood. COGENT: No CV events but significant GI benefits of PPI omeprazole. theheart.org. [Clinical Conditions > Clinical cardiology > Clinical cardiology]; Sep 24, 2009. Accessed at http://www.theheart.org/article/1007145.do on Oct 4, 2009

Prescrire du mois d’octobre

Pas mal de choses dans ce numéro de la revue Prescrire:


  • Une « pas d’accord » mérité pour l’association acide nicotinique+laropiprant dans le traitement des dyslipidémies. Le laropiprant est censé diminuer les bouffées vasomotrices induites par l’acide nicotinique. Le profil d’effets indésirables est médiocre et l’intérêt en terme de morbi-mortalité nul. Encore un traitement que je n’aurais pas de mal à ne pas prescrire. (Rev prescrire 2009;29(312):726-729)


  • L’association hydrochlorothiazide+losartan perd sa place de « traitement initial » dans la stratégie de traitement de l’HTA. Il passe donc en deuxième ligne après une monothérapie bien conduite. Je pense même qu’on devrait dire en troisième ligne après un régime hyposodé, puis une monothérapie biens conduits. (Rev prescrire 2009;29(312):740)


  • Une mise à plat sur la grippe A/H1N1. Je ne vas paraphraser, vous trouverez tout ici, en texte libre.


6 oeufs, du shampooing, une visite médicale et du dentifrice

Un article du NYT revient sur le phénomène pour l’instant très américain des cabinets médicaux ou plutôt paramédicaux situés au sein des supermarchés.

Moins chers, plus rapides pour les petits bobos, ils semblent avoir pas mal d’atouts.

L’article se termine néanmoins sur des réserves et les précautions à prendre pour les usagers de cette médecine « low-cost ».

Je ne sais pas, mais je suis certain que la famille Leclerc y a pensé….

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A Quick Trip to the Store for Milk and a Throat Swab. By Walecia Konrad. Published: October 3, 2009. The New York Times.

Deux petites notions sur les études cliniques

Je suis tombé sur deux notes qui apportent un éclairage intéressant  sur les études cliniques.

La première note, tirée du WSJ Health Blog raconte que des firmes pharmaceutiques  se sont alliées pour mener conjointement une étude sur la durée du traitement par leurs antiagrégants plaquettaires pourtant concurrents (clopidogrel et prasugrel) après un syndrome coronarien aigu.

La question à laquelle répondra cette étude, appelée DAPT est « 12 mois ou 30 mois de bithérapie? ». Par bithérapie, on entend clopidogrel + aspirine ou prasugrel + aspirine.

Personnellement, j’espère que le vainqueur sera « 12 mois »…

Mais ce qui a retenu mon attention est le coût prévu de cette étude qui devrait inclure 20000 patients: 100 millions de dollars!

J’imaginais des coûts de quelques millions de dollars, moins d’une dizaine, mais 100! C’est vrai aussi que l’étude est énorme, mais j’en aurais sous-estimé le coût si on m’avait demandé de faire une estimation.

Autre information dans un autre blog, l’excellent « In the Pipeline » de Derek Lowe.

Une équipe italienne a comparé les effets secondaires des placebos de 69 études portant sur trois familles de traitement antimigraineux, les AINS, les triptans et les antiépileptiques.

Les auteurs ont constaté que les placebos avaient grosso modo les mêmes effets secondaires que les molécules pour lesquelles ils servaient de comparateur. Par ailleurs, les placebos des antiépileptiques semblent induire plus d’effets secondaires et plus d’arrêts prématurés de traitement que pour les deux autre groupes de placebo.

Au début de l’essai, le médecin investigateur explique à son patient quels effets secondaires risquent de survenir. Donc bien évidemment, on peut s’attendre à ce soient ces effets qui surviennent dans le groupe placebo. Et on peut aussi s’attendre à ce qu’un investigateur soit rendu plus inquiet par l’utilisation d’antiépileptiques que pour les AINS ou les tryptans.

Logique, en fait, plutôt humain, et fascinant.

Tu as une remarque, Yann ? 😉

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Strange Bedfellows: Rival Medical Firms Launch Joint Stent Study. By Ron Winslow. The WSJ’s Health Blog. Published October 2, 2009.

Placebos Can Work the Other Way, Too. By Derek Lowe. In The Pipeline. Published October 2, 2009.