La possibilité d’un syndrome du défilé

Il est possible, je dis bien possible, que j’ai trouvé une forme veineuse d’un syndrome du défilé.

J’en suis encore tout étonné.

La clinique est plutôt évocatrice, par ailleurs les nombreux médecins consultés s’y cassent les dents depuis un an et demi, ce qui est aussi assez évocateur.

J’ai jeté un coup d’oeil au doppler, et une manœuvre d’Allen à peine esquissée abolissait tout flux veineux. Par ailleurs, un doppler récent était considéré comme normal.

L’angioscanner, récupéré aujourd’hui semble être en faveur d’une compression musculaire, a priori un scalène.

Mais je ne sais pas, je suis encore dubitatif. J’ai notamment l’impression que le radiologue a été assez peu à l’aise dans sa conclusion (je veux dire encore moins qu’un radiologue d’habitude).

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La clinique et le doppler me rendent plutôt confiant. Mais les examens cliniques et paracliniques de ces syndromes qui sont souvent fonctionnels et dynamiques sont toujours aux confins du physiologique et du pathologique, ce qui explique leurs faibles performances individuelles. Et le faisceau de présomption est parfois difficile à réunir.

Demain ou après demain, je montre le CD à un excellent chirurgien du CHU pour voir ce qu’il en pense.

Si c’est bien ça, champagne!

Après, il faut espérer que la rééducation suffise.

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Ici, un très excellent diaporama (qui détaille notamment toutes les manœuvres cliniques).

L’effet papillon.

« Predictability: Does the Flap of a Butterfly’s Wings in Brazil Set off a Tornado in Texas? »

Où la mise en pratique de la théorie du chaos dans le domaine de la recherche médicale et en bout de chaîne dans la rédaction de recommandations nationales.

Un psychiatre américain (dont j’avais parlé ici) se gave de l’argent des laboratoires à Harvard, à l’autre bout du monde, en Australie, des recommandations écrites par des experts sur le traitement des TDA/H  sont repoussées par les autorités sanitaires.

Bon, il faut dire que ça partait quand même bien mal, puisque 7 des 10 experts qui ont planché sur ces recommandations ont des liens financiers avec Novartis qui commercialise la ritaline, justement un traitement des TDA/H.

Histoire découverte sur Twitter (ouarff) via HealthGlobal.

 

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Urgent review to be undertaken of ‘tainted’ ADHD guidelines. Nicola Berkovic From: The Australian November 24, 2009.

 

Twitter, combien de divisions? (2)

De plus en plus d’informations que je trouve « intéressantes » proviennent des quelques 40 comptes Twitter que je suis.

Au début, je ne voyais aucun intérêt à ce système de microblogging, puis, en sélectionnant ces fameux comptes, je me suis rendu compte que j’avais mis en place, sans m’en rendre apercevoir, une veille sanitaire particulièrement efficace.

D’un point de vue quantitatif, puisque ces 40 comptes en drainent eux-même des dizaines, voire des centaines d’autres et que leurs auteurs en extraient les tweets les plus intéressants grâce au système du re-tweet (RT).

Choisir des personnes qui ont les même points d’intérêts que vous, augmente sensiblement la chance de tomber sur des RT utiles/intéressants.

La nécessaire concision des tweets permet par ailleurs aux utilisateurs de tweeter parfois jusqu’à 10 fois par jour.

En conséquence, la masse d’informations ainsi drainée en devient presque handicapante. D’où l’intérêt, encore une fois, de bien choisir les comptes suivis.

Ma cette veille est aussi assez remarquable d’un point de vue qualitatif.

Au départ, je suivais donc des « particuliers » ou des sites d’informations médicales, , de journaux scientifiques ou non, puis je me suis rendu compte que des institutions comme la NHS, la FDA, l’AHA, l’ESC… avaient elles-aussi leur compte twitter. Cette mixité a l’avantage de combiner le point de vue « officiel », et la plus value apportée par les commentaires de cette même information.

Bien entendu, cela sous-entend que Twitter n’a de valeur que par les liens qu’il permet de découvrir.

D’un autre côté, savoir que untel s’est fait exploser un comédon devant la glace ne m’a jamais intéressé, même si il s’agit du comédon d’une célébrité plus ou moins auto proclamée.

J’utilise donc plutôt Twitter comme une antenne réceptrice que je braque vers la toile qui m’intéresse. Cette antenne me semble plus maniable qu’un agrégateur de flux RSS. En tout cas, ces deux types de veille sont très complémentaires.

Pour m’amuser à connecter des réseaux sociaux entre eux, plus que par utilité, j’ai couplé à mon compte ce blog dont chaque nouvelle note est signalée automatiquement par un tweet et mon compte Delicious.

AC/DC

L’étude Heart-mate II et l’éditorial qui l’accompagne ont été publiés sur le site web du NEJM le 17 novembre dernier et ils sont actuellement disponibles gratuitement.

Ce travail compare deux types d’assistance ventriculaire gauche utilisées chez des patients en insuffisance cardiaque terminale, ne pouvant pas bénéficier d’une transplantation cardiaque.

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Slaughter MS. NEJMoa0909938


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Slaughter MS. NEJMoa0909938


Sa conclusion est une victoire sans appel de l’assistance ventriculaire gauche non pulsatile sur la pulsatile, avec une survie à 2 ans de 58%, contre 24%.

Pour donner un peu de relief à ces résultats, REMATCH publiée en 2001, qui comparait la mortalité chez des patients insuffisants cardiaques terminaux traités médicalement, ou par une assistance ventriculaire gauche pulsatile avait montré une survie de 8% à 2 ans dans le groupe traité médicalement.

Comme le signale l’éditorial, la survie de ces patients qui étaient condamnés il y a peu en l’absence de transplantation cardiaque a donc été multipliée par 4 en moins de 10 ans.

Cela permet donc d’envisager l’assistance ventriculaire gauche comme une solution d’attente prolongée à une transplantation cardiaque, voire, si les progrès se poursuivent dans les prochaines années, à une alternative satisfaisante.

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Fang JC. NEJMe0910394


La transplantation cardiaque demeure toutefois à ce jour le traitement de référence, puisque la survie à 1 an et à 3 ans est respectivement de  67.4% et  63.6% (données rapport annuel 2008 de l’Agence de Biomédecine).


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Fang, James C. Rise of the Machines — Left Ventricular Assist Devices as Permanent Therapy for Advanced Heart Failure. N Engl J Med 2009 0: NEJMe0910394


Slaughter, Mark S., Rogers, Joseph G., Milano, Carmelo A., Russell, Stuart D., Conte, John V., Feldman, David, Sun, Benjamin, Tatooles, Antone J., Delgado, Reynolds M., III, Long, James W., Wozniak, Thomas C., Ghumman, Waqas, Farrar, David J., Frazier, O. Howard, the HeartMate II Investigators. Advanced Heart Failure Treated with Continuous-Flow Left Ventricular Assist Device. N Engl J Med 2009 0: NEJMoa0909938


Rose, Eric A., Gelijns, Annetine C., Moskowitz, Alan J., Heitjan, Daniel F., Stevenson, Lynne W., Dembitsky, Walter, Long, James W., Ascheim, Deborah D., Tierney, Anita R., Levitan, Ronald G., Watson, John T., Ronan, Nuala S., Shapiro, Peter A., Lazar, Ronald M., Miller, Leslie W., Gupta, Lopa, Frazier, O. Howard, Desvigne-Nickens, Patrice, Oz, Mehmet C., Poirier, Victor L., Meier, Paul, the Randomized Evaluation of Mechanical Assistance for the Treatment of Congestive Heart Failure (REMATCH) Study Group. Long-Term Use of a Left Ventricular Assist Device for End-Stage Heart Failure. N Engl J Med 2001 345: 1435-1443.


Le Bilan des activités de prélèvement et de greffe en France, rapport 2008. Agence de la biomédecine.