Le bureau

Aujourd’hui, j’ai réinstallé mon grand bureau, un verre épais posé sur deux tréteaux de bois, acheté chez Habitat au début de mon internat dans une pièce qui sera désormais mon bureau.

bureau

J’ai essuyé les 11 ans de poussières qui s’étaient accumulées sur lui dans le garage.

Depuis 2003, faute de place dans la maison, je me contentais d’un coin de bureau, au sens propre du terme, bricolé astucieusement par les doigts d’or de mon beau-frère. Ce coin suffisait à peine à contenir mon PC et mes flots de paperasse. Il faut bien le dire, même si il m’a bien rendu service toutes ces années, je ne pouvais plus le voir ces derniers temps.

J’ai donc récupéré bien plus qu’une table en verre, une véritable pièce pas très lumineuse, mais qui abritera une bibliothèque qui recueillera elle-même tous mes bouquins, prisonniers eux aussi de cartons depuis 11 ans. Les pierres apparentes dorées des murs me rappellent la maison familiale dans le Dauphiné.

La technologie permet de s’affranchir de l’espace en permettant d’amener son bureau partout.

Au travail, mon bureau virtuel me suit entre deux cliniques, d’ordinateur en ordinateur. Je pourrais sans problème prescrire un traitement à des kilomètres de distance du lit du patient. D’ailleurs, je n’ai jamais examiné un patient autrement que dans un lieu commun. Je lis et réponds à mes messages électroniques sur tablette ou portable. Mes trois ou quatre agendas sont totalement dématérialisés.

A la maison, tout se synchronise avec le reste.

Ma bibliothèque s’est, elle aussi, en partie dissoute dans les nuages. Ce processus est allé au terme de sa logique pour mes livres de médecine. Le Stockley, le Hurst, le Martindale et des dizaines d’autres livres de référence sont à portée de doigt dans mon iPad. Et encore, je ne les balaye même pas du doigt. Le seul endroit où je consulte le Stockley est à l’ANSM, institution totalement imperméable aux réseaux (électromagnétiques). À vrai dire, à quoi bon avoir encore une bibliothèque de médecine chez soi ou au cabinet, hormis pour l’esthétisme? La science avance tous les jours et tout est sur internet. Ce qui était une marque de connaissance scientifique serait presque devenu une marque de sclérose, d’immobilisme.

Cabinet 70

Pourtant, si le fait de ne pas avoir de bureau durant toutes ces années m’a poussé dans les bras des nuages, je suis content de retrouver un espace à moi où le papier et la pierre vont côtoyer le virtuel.

A Playmobil’s Story

Les Vailloud, père et fils sont des fanatiques de Playmobil, ce n’est pas une nouveauté…

Il y a quelques mois, je leur ai fait voir une série de vidéos sur Youtube, un peu comme celle-ci:

Aujourd’hui, nous avons décidé de lancer notre propre production cinématographique 😉

Nous avons donc tourné 3 ou 4 scénettes.

Mais mes enfants sont exigeants, et ils ne se sont pas contenté d’en faire profiter le seul cercle familial. En digne fils de blogueurs, ils m’ont demandé de publier notre production sur Grange Blanche. Twitter ne leur a pas suffit…

J’espère que ça vous plaira; nous, nous nous sommes bien éclatés!

Le bétisier:


Daft Punk ft. Panda Bear – Doin’ It Right

La vie est pleine de connexions, de choses qui rentrent en résonance.

Un objet, et une histoire m’ont marqué aujourd’hui.

Un objet commun avec quelqu’un, à la fois fascinant et inquiétant, avec qui je n’avais justement rien de commun. Un objet, des ressentis communs, un bref instant de communion dont il restera nécessairement quelque chose.

Une histoire commune avec un patient. Autres âges, autres lieux, mais la même histoire, à un objet près, toujours le même. Très impressionnant d’entendre raconter sa vie par quelqu’un d’autre. Je crois que le patient a été aussi impressionné que moi.

Je commence à croire, comme Michel Tournier, que tout est lié, tout se réplique.

De façon statistiquement significative ? (merci @PotardDechaine)

If statistical significance is all you want, just increase your sample size.

Objets inanimés…

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,

Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,

Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?

cartableLes objets ont une âme si ils ont une histoire.

Le cartable de mes 40 ans en avait déjà une quand je suis allé le chercher chez Hermès.

Comme toujours, l’accueil fut impeccable, juste hautain comme il faut.

Malgré 5 ans de désir, je n’avais même pas vraiment réfléchi à sa taille (38 cm ou 40 cm?), au nombre de soufflets (1, 2 ou 3), à la finition de la fermeture (dorée ou palladium), et surtout au cuir et à sa couleur (il y a des milliers de combinaisons possibles). A priori, j’étais plutôt attiré par un cuir de type barenia noir ou beige (ou orange, soyons fous).

Je n’avais donc pas d’idée préconçue quand je me suis adressé au vendeur tiré à 4 épingles. Et ça tombait bien, car ils n’avaient que deux sacs à dépêches 38 cm en stock, et il faut compter 1 an de délai (voire plus) en cas de commande. Le premier était en cuir rigide, minimaliste avec deux soufflets, un point c’est tout.

Le second, en cuir togo très souple, possédait deux soufflets, une pochette et des poches intérieures.

Vous avez bien entendu! Des poches intérieures!

intérieurUn nouveau modèle, m’a soufflé le jeune homme, presque gêné par cette nouveauté apportée à un cartable immuable depuis 1937.

fermetureJ’ai néanmoins été bien aise de constater que Hermès a enfin pris en considération les besoins de l’homme moderne qui se ballade avec des clés/clés USB/cartes/fils de recharge pour téléphones/stylos…

J’ai examiné les cuirs, et je suis tombé sous le charme du modèle souple. Son cuir togo est à la fois épais et souple, et son odeur, son odeur…

J’ai toujours aimé les cartables en cuir, les toucher et les sentir, mais là, je venais clairement de découvrir un autre monde, un autre horizon.

Énorme avantage par rapport à un plus aristocratique cuir barenia, le togo est presque insensible aux éraflures de la vie quotidienne (et il ne demande aucun entretien particulier). Alors que l’on peut marquer le barenia avec un malencontreux coup d’ongle un peu appuyé.

Je souhaitais pouvoir emmener mon cartable partout, sans me soucier des agressions extérieures. Je souhaitais un outil de travail, pas un fragile bibelot.

J’ai donc vite fait mon choix.

Mon cartable ne me quitte presque pas depuis 1 an. Pas une consultation, pas un séjour extra-muros sans qu’il m’accompagne. Il s’est embourgeoisé et a grossi à force de porter mon matériel, mais le toucher du cuir et son aspect extérieur sont toujours aussi fantastiques. Il transporte élégamment ma vie, mon moi.

Il symbolise aussi une chose essentielle à mes yeux: on ne finit jamais d’apprendre. Je serai toujours un écolier, avec mon cartable.

Autre chose fabuleuse, d’une discrétion infinie, il passe absolument partout. Il n’est pas comme d’autres qui arborent de gros monogrammes clamant à l’univers à quel point le propriétaire est fortuné, à défaut d’avoir du goût.

Une fois mon choix fait, le vendeur a souhaité me faire une fleur en me montrant un modèle exceptionnel de sac à dépêches en croco marron, comme celui-ci. Quand on connait la frénésie qui entoure, surtout en Asie, ce type d’articles, j’ai été impressionné. Mais je ne l’ai pas aimé, tellement inadapté à notre sensibilité européenne. Et puis, les crocos, ça doit pouvoir vivre tranquillement en liberté, pas en élevage de sacs à main.

Je conseille aux amateurs de sacs en cuir cet énorme forum qui est essentiellement féminin. Comme beaucoup de fora anglo-saxons, il regorge d’informations et les gens qui le fréquentent sont des passionnés, qui en général, répondront gentiment à vos questions.

Si vous voulez passer dans une autre dimension (vers l’infini et au delà), je vous conseille de parcourir ces sections/discussions:

  • En premier, la section Hermès.
  • Ici, les amatrices éclairées font des photos le plus souvent dérobées de femmes porteuses de Hermès, croisées dans la rue… Puis elles essayent de deviner le modèle/cuir/couleur… Surréaliste, surtout quand la photographiée est une habituée du forum.
  • Le coin des hommes, est très très très très gay.
  • La vie de Lutz, une richissime hong-kongaise. A parcourir, pour découvrir une autre vie.
  • Pour les amateurs de Louis Vuitton, un autre sujet assez surréaliste: ces dames prennent en photo ce qu’il y a dans leur sac…

Souriez, soyez dérangés, indignés, mais ne vous moquez pas.

Toutes ces passionnées pansent notre calamiteux commerce extérieur et permettent de maintenir des emplois chez nous en achetant à des prix fous les quelques rares objets encore fabriqués dans notre pays.