Vidéo trouvée ici.
Comme « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », la référence du titre est ici, à partir de 4’40.

Le blog d'un cardiologue.
Hier au soir, j’ai regardé l’émission « Faut pas rêver » avec Laurent Bignolas.
Dans la série de reportages, celui concernant le culte du cargo m’a fasciné.
Le culte du cargo qui est pratiqué au Vanuatu a pour divinité John Frum, un homme blanc que les anciens affirment avoir rencontré, mais dont la description physique varie selon les récits.
Il est arrivé un jour dans un grand bateau, et a apporté d’immenses richesses. Il a aussi dit aux peuples du Vanuatu de reprendre leurs traditions qui étaient laminées par les missionnaires anglais et français, car à l’époque, le Vanuatu se nommait Nouvelles-Hébrides, et était un condominium franco-anglais.
Puis il est reparti en disant qu’il reviendrait.
Depuis, les adeptes de ce culte l’attendent au sens propre comme le messie.
Il semble en fait que ce dieu homme blanc à l’aspect si variable soit une déification des GIs débarqués aux Nouvelles-Hébrides durant la seconde guerre mondiale avec toute l’intendance de l’armée américaine. Imaginez comme cela a du être impressionnant pour les insulaires de l’époque!
Le nom John Frum viendrait de « John from (America) »: « Je suis John, d’Amérique« .
La croix rouge, vénérée comme symbole principal de ce culte viendrait des croix rouges du service de santé de l’armée américaine. Il vénèrent aussi le drapeau américain et construisent des avions en bois, représentations des véhicules célestes de John Frum. Certains adeptes s’habillent avec un semblant d’uniforme de GI.
Au fil du temps, au Vanuatu et ailleurs le choc originel des cultures s’est modifié, s’est nourri d’autres influences et a évolué vers de véritables cultes avec ses symboles, ses divinités…
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Pour en savoir plus:
– Article « John Frum » et « Cargo Cult » de Wikipédia.
-« In John they trust« , un article du Smithsonian.
-« For us, America is very good, says cult leader« , un article du Telegraph.
-« Cargo cult lives on in South Pacific« , un article sur BBC news.
Superbe dépêche dans Le Monde de ce matin: « Un sédatif très puissant aurait été retrouvé dans la maison de Michael Jackson« .
Lisons la tranquillement, même si le sujet n’est pas très intéressant.
« Un médicament extrêmement puissant, le Propofol, utilisé pour les anesthésies chirurgicales, aurait été retrouvé dans la maison de Michael Jackson après sa mort, affirme mardi le site Internet TMZ.com.«
« Anesthésies chirurgicales », ça ne veut rien dire, ce n’est pas français.
TMZ qui est la source dit: « The drug is used to put people under anesthesia before surgery« . Ce qu’on pourrait traduire par « Ce médicament est utilisé pour l’anesthésie de patients avant une intervention chirurgicale ». C’est déjà plus français.
Continuons.
Le paragraphe suivant est aussi une traduction littérale de TMZ, mais de meilleure qualité.
Continuons encore un peu:
« Plus tôt dans la soirée, une ancienne infirmière de Michael Jackson, Cherilyn Lee, avait assuré sur CNN que la pop star l’avait pressée, sans succès, de lui obtenir du Diprivan, le nom générique du Propofol. »
Ben, pas de chance, car le Diprivan est le nom commercial du propofol. Et le terme « nom générique » ne s’applique pas dans ce contexte. Pour être plus correct, on aurait pu parler de DCI.
Bon, en somme, un article de quelques lignes repris d’une dépêche de l’AFP, qui est une mauvaise traduction d’une information tirée de TMZ qui est l’équivalent internet de la presse de caniveau.
Pas très glorieux pour un journal qui se veut être la référence en France.
Pour avoir la même information, un coup de « Google Translate« , et le résultat n’est pas bien pire (d’ailleurs, on y retrouve le fameux « anesthésie chirurgicale » 😀 )
Après, certains se demandent pourquoi la presse française est en crise.
Des journalistes de la BBC ont échangé l’iPod d’un garçon de 13 ans contre un Walkman.
L’article est irrésistible, avec un humour so british.
Mon passage favori:
« It took me three days to figure out that there was another side to the tape. That was not the only naive mistake that I made; I mistook the metal/normal switch on the Walkman for a genre-specific equaliser, but later I discovered that it was in fact used to switch between two different types of cassette. »
A lire et à déguster ici.