Formations à l’automesure de l’INR, quelques réflexions.

J’avais déjà parlé de cette formation  et des conditions de remboursement il y a quelques mois. J’assure la formation avec une IDE de l’hôpital de jour et nous prenons toujours autant de plaisir à la faire. Pour l’instant, je n’ai que très peu de recul pour me faire une idée définitive, mais j’ai déjà quelques remarques.

La formation qui comporte un exposé sur le traitement anticoagulant et l’utilisation de l’appareil, un petit QCM de vérification des acquis, et enfin l’essai de l’appareil prend bien 1h45 par groupe de 4-6 patients. C’est donc très chronophage, ce qui nous oblige à ne proposer qu’une session par mois.

Les patients sont très motivés de se « libérer » en grande partie de la visite au laboratoire (1 bilan au labo tous les 6 mois est obligatoire). La plupart nous est adressé par leur cardiologue traitant (nous avons fait une  large information par publipostage), mais une patiente est venue de son propre chef. La démarche de cette dernière est intéressante car elle fait partie d’un groupe Facebook dédié à l’automesure de l’INR (petite pensée à Agnès Pelladeau).

Les motivations sont diverses: peur des prélèvements, nombreux voyages, pas le temps d’aller au labo, INR instables… Ce dernier motif est celui qui me pose le plus de problème car l’auto-mesure de l’INR ne rend pas ce dernier plus stable.

Nous nous sommes rendu compte que les patients, même ceux sous AVK depuis des décennies avaient assez souvent des idées erronées sur leur traitement, voire avaient un suivi tout à fait particulier (cf le patient avec une valve mécanique aortique qui se suivait « quand il y pensait »). J’ai l’impression que la partie du topo qui concerne l’apport alimentaire en vitamine K est le plus intéressant. Dans le Sud, c’est la consommation de tomate qui me semble poser le plus de soucis.

Pas mal de patients gèrent très bien leurs INR tous seuls. La législation nous oblige de dire que les patients doivent communiquer leurs résultats à leurs médecins (auto-contrôle), mais nous précisons que nous ne sommes pas contre l’auto-gestion à titre personnel.

Les patients gèrent bien le geste technique de l’auto-piqure. Nous conseillons maintenant l’utilisation d’auto-piqueurs à usage unique pour glycémies, tant l’auto-piqueur fourni par Roche nous semble peu pratique. Sur les 15-20 patients formés, une seule arrive absolument pas à maitriser ce geste technique. Nous la reverrons en entretien individuel.

Pour l’instant, la concordance INR par auto-mesure/INR au labo me paraît tout à fait correcte, le plus souvent nous sommes dans l’intervalle admis de +/- 15%.

La liste des centres formateurs est disponible ici.

Pour terminer, la revue Prescrire consacre ce mois un article sur l’auto-mesure de l’INR:

 

2 Replies to “Formations à l’automesure de l’INR, quelques réflexions.”

  1. Merci pour le temps que vous consacrez à former les patients, à cet article aussi que je ne peux que partager !

    Actuellement beaucoup de porteurs de valve mécanique se trouvent confrontés à une absence de centres référents… Manque de temps, manque de motivation, soucis d’organisation… ? Les patients sont impatients de bénéficier de l’automesure de l’INR !

    Agnès Pelladeau

  2. INR instable: le problème n’est-il pas aussi dans l’absence de choix de dosage des AvK disponibles, notamment la warfarine (en France: 2 dosages disponibles, contre 11 aux USA…) sans parler des autres AvK à couper par 1/4 de cp par des patients qui n’ont pas une acuité visuelle formidable?

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