Un haut niveau scientifique

Trois agrégés, à la tête de trois entités dont la raison d’être est la lutte scientifique contre l’hypertension ont écrit une jolie petite lettre à notre ministre de la Santé et au Président de la HAS pour protester contre la décision de cette dernière d’avoir rendu un avis défavorable sur l’inscription d’une spécialité, l’Exforge HCT®, sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux (B/30 et B/90) et sur la liste des médicaments agréés à l’usage des collectivités et divers services publics (B/30, B/90, B/56) dans l’indication et les posologies de l’AMM.

En un mot de ne pas approuver son remboursement, ce qui obère très sensiblement ses chances d’être un succès commercial.

L’Exforge HCT® est l’association en 1 comprimé de valsartan+amlodipine+hydrochlorothiazide.

Quels sont les reproches contenus dans cette lettre, et quels sont leurs arguments?

Cette décision grave est la première de cette nature en France dans le domaine des médicaments de la prévention des maladies cardiovasculaires, et va créer une inégalité d’accès aux innovations thérapeutiques dans notre pays : parmi les patients hypertendus les plus gravement atteints et les plus fragiles, seuls les plus aisés pourront accéder à un médicament non remboursé et bénéficier de ce nouveau traitement.

C’est donc grave, premier argument, car les pauvres, les plus démunis, sont encore une fois laissés sur le rebord de la route, dans le caniveau, en ces temps de rigueur et de crise économique mondiale. Ils ne pourront pas bénéficier de l’innovation majeure que représente cette triple association dont la puissance est concentrée dans une pilule.

On en parlait, on la craignait, mais elle vient d’étendre son fendillement jusqu’à nos pieds, la médecine à deux vitesses, qui n’est qu’un des nombreux traits de refend de la fracture sociale

Les associations de médicaments en un seul comprimé représentent pourtant une réelle innovation en matière de prise en charge d’une maladie chronique comme l’hypertension artérielle qui touche plus de 12 millions de sujets aujourd’hui en France. Parmi ces patients, près de 20% sont traités par au moins trois médicaments antihypertenseurs, auxquels il faut ajouter bien souvent les médicaments hypolipémiants, antiplaquettaires, et antidiabétiques.

Cet argument est imparable, et semble aller dans le sens de l’histoire.

En effet, plus le temps avance, et plus il faut empiler les molécules afin de maîtriser le fléau de l’hypertension.

Pourtant, bizarrement, comme je l’ai déjà souligné, l’évolution du génome de l’être humain ne paraît pas être aussi rapide. Peut-être faudrait-il donc insister sur le changement de mode de vie, notamment diminuer les apports sodés plutôt que d’empiler peu utilement des molécules pour le traitement de l’HTA?

Mais c’est un autre débat, revenons à nos moutons.

L’innovation des associations fixes a d’ailleurs été souligné larga manu pour l’Exforge® en 2007.

Je crois me rappeler que le problème de l’HTA n’a pour autant pas été résolu cette année.

Car l’Exforge®, valsartan+amlodipine, existe déjà.

Cette association innovante en 2007 n’avait néanmoins pas fait rêver Prescrire qui ne me semble pourtant pas être une émanation des forces opprimant le peuple hypertendu souffrant:


Photobucket

Rev Prescrire 2007 ; 27 (289) : 811.

 

 

 

A l’époque, l’Exforge® n’avait pas non plus fait rêver la HAS qui l’avait affublé d’une ASMR V le 14 mars 2007:

Ces associations fixes n’ont pas montré d’impact en termes de réduction de la morbimortalité. Ces spécialités sont des médicaments de deuxième intention chez des patients dont la pression artérielle n’est pas suffisamment contrôlée par amlodipine ou valsartan en monothérapie. ll existe de nombreuses alternatives ayant montré un impact en termes de réduction de la morbi-mortalité (diurétiques, bêtabloquants, antagonistes des canaux calciques ou autres antagonistes du système rénine-angiotensine).


EXFORGE est un médicament de deuxième intention dans le traitement médicamenteux de l’hypertension artérielle, prescrit chez des patients dont la pression artérielle n’est pas suffisamment contrôlée par valsartan ou amlodipine seul. L’intérêt de cette association fixe dans la prise en charge des patients par rapport à la prise séparée des deux médicaments n’est pas établi.

La dernière phrase me semble importante.

On va la relire tranquillement.

L’intérêt de cette association fixe dans la prise en charge des patients par rapport à la prise séparée des deux médicaments n’est pas établi.

Autrement dit, aucune étude scientifique disponible.

Je présume que si la firme disposait d’une étude montrant un intérêt même minime d’associer valsartan et amlodipine en un comprimé, elle se serait empressée de la verser au dossier qu’elle a fourni à la HAS, non?

En 2007, donc la HAS était déjà passée à côté de l’innovation thérapeutique que représentait l’Exforge®.

A l’époque, est-ce que nos trois agrégés avaient écrit à la HAS pour dénoncer une telle discrimination envers nos hypertendus fragiles et notamment aux revenus les plus modestes? (L’Exforge® est néanmoins remboursé.)

Mais en 2010, c’est bien plus grave, car l’Exforge HCT® représente une innovation par rapport à l’innovation que représentait l’Exforge®. C’est dire comme c’est innovant, et à quel point la santé publique, notamment celle des plus pauvres, risque de pâtir de l’avis de la HAS.

Comment la HAS peut-elle se justifier devant une erreur d’appréciation aussi manifeste?

Son avis est disponible ici.

Voici un extrait:

La réduction de la morbi-mortalité attribuable à l’hypertension artérielle constitue un besoin de santé publique (priorité identifiée du GTNDO * et de la loi de santé publique). Toutefois, les traitements existants (y compris l’association libre de amlodipine, valsartan et hydrochlorothiazide) participent déjà à la couverture de ce besoin. Il n’y a pas d’argument en faveur d’un bénéfice du traitement par cette association fixe par rapport à l’association libre de ces trois principe actifs (y compris en termes d’observance). En conséquence, il n’est pas attendu d’intérêt de santé publique pour la spécialité EXFORGE HCT dans cette indication.
* GTNDO : Groupe Technique National de Définition.

Dans la prise en charge de l’hypertension artérielle, il est important de pouvoir adapter la posologie des anti-hypertenseurs au regard de la situation clinique de chaque patient et de son évolution potentielle ; EXFORGE HCT, association fixe de 3 antihypertenseurs, ne permet pas de répondre à ce besoin malgré les différents dosages proposés. Les conséquences d’un arrêt de traitement d’une association fixe de 3 antihypertenseurs sont potentiellement plus graves que celles liées à un arrêt de monothérapie ou de bithérapie; ainsi, on peut craindre un rebond hypertensif plus violent à l’arrêt d’une trithérapie. Une dérive de prescription vers les patients avec HTA légère à modérée, qui conduirait à une sur-prescription d’EXFORGE HCT chez ces patients, est à craindre au regard de facilité d’utilisation d’une trithérapie en un seul comprimé. Le risque iatrogène d’EXFORGE HCT est augmenté par rapport aux monothérapies et bithérapies disponibles du fait de l’association fixe de trois principes actifs. Enfin, la mise à disposition d’EXFORGE HCT (association fixe d’amlodipine, valsartan et HCTZ) sous 4 dosages différents alors qu’EXFORGE (association fixe d’amlodipine et valsartan) est déjà disponible sur le marché sous 3 dosages pourrait générer des erreurs de prescription. Il existe de nombreuses alternatives médicamenteuses permettant une adaptation fine des doses.
Compte-tenu de ces données, la Commission de la transparence considère que le mésusage potentiel lié à la mise à disposition d’EXFORGE HCT est supérieur aux avantages attendus.

Là aussi, parmi quelques arguments qui me semblent tenir du bon sens, mais ce n’est pas scientifique, je retiens cette phrase:

Il n’y a pas d’argument en faveur d’un bénéfice du traitement par cette association fixe par rapport à l’association libre de ces trois principe actifs (y compris en termes d’observance).

C’est troublant, parce que nos trois signataires ont bien du la lire, cette étude qui montre cet intérêt?

Car ils déclarent que cette innovation est réelle. Sous-entendu scientifiquement prouvée.

Elle doit donc bien exister? Où est-elle?

Autre argument en faveur de son existence.

Imaginons qu’en 2007 la firme ait été un peu à la bourre pour monter une étude qui montre une supériorité (même une non-infériorité, à la rigueur) de son association fixe par rapport à leur prise séparée. Pourquoi en 2009, une telle étude qui viendrait pourtant étayer une réelle innovation, qui plus est une innovation socialement responsable n’est pas encore disponible?

Si l’un de vous a les références de cette étude perdue, qu’il n’hésite pas à la faire parvenir à la HAS, avec un double pour mon information. Je parle bien évidemment d’une étude sur ces trois principes actifs, et pas de l’intérêt des associations fixes en général. Nous sommes entre scientifiques sérieux…

La seconde partie du courrier déploie un argument majeur qui ouvre par ailleurs un champ encore inexploré du raisonnement scientifique:

Il est heureux que dans le passé, la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé ait donné un avis favorable au remboursement de l’association de trois antirétroviraux pour le traitement des patients atteints par le HIV2. Bien que le contexte soit différent, nous aimerions comprendre ce qui justifie l’opposition complète entre ces deux décisions.

Dans le traitement de l’infection du HIV, la HAS a permis le remboursement d’une tri-thérapie combinée, pourquoi pas dans l’HTA?

Ben, parce que un traitement anti HIV et un traitement anti HTA, c’est pas pareil-pareil.

Non?

Et bien que leur abréviation comporte trois lettres et commence par la même, le HIV et l’HTA, c’est pas pareil-pareil non plus, non?

Le pourquoi pas nous me semble être un argument scientifique majeur et encore trop peu utilisé dans le domaine de la recherche médicale.

De plus, il ouvre des perspectives immenses pour les associations fixes dans le traitement de l’HTA.

Lorsque dans quelques années, la HAS refusera le remboursement d’une icosikaitetrathérapie anti HTA innovante, on pourra réutiliser l’argument:

Il est heureux que dans le passé, la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé ait donné un avis favorable au remboursement de l’association de vingt-quatre principes actifs pour le traitement des patients atteints de dénutrition. Bien que le contexte soit différent, nous aimerions comprendre ce qui justifie l’opposition complète entre ces deux décisions.

[ J’ai pris l’exemple du Perikabiven® 😉 ]

Imparable?

Dernière partie de la lettre:

Devant l’importance des conséquences, pour les hypertendus les plus à risque, de l’avis pris par la Commission de la Transparence sur l’utilisation des combinaisons d’antihypertenseurs, nous sollicitons auprès de la Haute Autorité de Santé, l’organisation d’une mission d’expertise pluridisciplinaire ayant pour objet de définir la place des associations fixes médicamenteuses dans la prise en charge de l’hypertension artérielle.

Ben, il n’y a pas besoin de monter une commission, puisque l’intérêt des combinaisons d’antihypertenseurs est probablement parfaitement démontré au cas par cas par des études scientifiques fiables. Bon, là, pas de chance pour l’Exforge HCT®, on a perdu l’étude, mais pour toutes les autres, il n’y a qu’a envoyer les tirés à part à la HAS…

Non?

Ce courrier m’a bien fait rire.

Rire prolonge la vie (arrivé à ce très très haut niveau scientifique, je me dispense de vous donner une référence, vous n’êtes que des blattes).

Donc la HAS devrait inscrire cette lettre sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux et sur la liste des médicaments agréés à l’usage des collectivités et divers services publics dans l’indication et les posologies de l’AMM.

Parce que si trois c’est remboursable pour le HIV, c’est aussi remboursable pour rire et prolonger la vie.

CQFD.

Morale de ce courrier, par ailleurs parfait petit manuel pour ceux qui n’ont pas d’arguments scientifiques pour étayer leurs opinions:

  • Faites pleurer mémé en parlant des personnes défavorisées, d’injustice sociale, de réchauffement de la planète…
  • Faites des comparaisons entre des choses non comparables, plus c’est gros, plus ça passe.
  • Faites comme si vos opinions étaient démontrées par de nombreux travaux scientifiques, du genre  » c’est tellement évident et il y a tellement d’études…  » Soyez même un peu méprisants, c’est encore mieux, le lecteur se sentira coupable de son inculture.
  • Rassemblez le plus possible de cosignataires, et mettez en avant leurs titres, ça impressionne toujours le gogo.
  • Flattez l’interlocuteur en proposant de faire quelque chose qu’il aime, ici monter une mission d’expertise pluridisciplinaire. Autre intérêt, montrer sa bonne volonté tout en noyant le poisson, car c’est bien connu, en France, on aime par dessus tout faire semblant de résoudre un problème en commission de travail/d’expertise…
  • Faites diffuser le plus largement votre lettre par une agence de presse, même si elle est adressée initialement à deux personnes seulement. C’est une loi fondamentale de la communication : une ânerie devient vérité si on la répète suffisamment souvent (Si si, ils l’ont fait 😉 )

 

 



Merci à qui se reconnait, pour m’avoir transmis cette merveille.

Et avec un diurétique en plus?

Je viens de recevoir au courrier une plaquette m’informant de la mise sur le marché de trois associations fixes d’aliskiren+hydrochlorothiazide:

  • Rasilez HCT® 150 mg/12.5 mg
  • Rasilez HCT® 300 mg/12.5 mg
  • Rasilez HCT® 300 mg/25 mg

Je me suis toujours demandé pourquoi on commercialisait plus ou moins rapidement (ici rapidement) après la sortie d’un nouvel anti-hypertenseur censé révolutionner la prise en charge de la tension artérielle, une ou plusieurs associations fixes avec un diurétique.

Je m’étais déjà fait la remarque pour les ARA2. Ils ont été lancé avec une telle fanfare que j’ai été surpris qu’il puisse encore y avoir des HTA, résistantes sous ARA2, nécessitant l’adjonction d’un diurétique. Je pensais au contraire que les labos allaient plutôt proposer au patients des pantalons anti-G tellement leur efficacité a été vantée.

Treize ans après la première AMM de l’irbésartan (Aprovel® 75 mg), et oui, ça passe vite, est donc sorti le merveilleux aliskiren, puis ses associations fixes.

L’histoire se répète donc, la dernière merveille ne fait pas mieux que les autres et le nombre de patients non stabilisés est suffisant pour justifier la commercialisation d’une association fixe.

Voici un schéma simple pour recadrer le problème:

Photobucket

Ce schéma est tiré de EUROASPIRE et je l’avais déjà évoqué ici.

Que voit-on? Qu’il y a au fil du temps de plus en plus de coronariens (ici européens) traités pour une hypertension, mais sans amélioration sensible sur le contrôle de cette dernière.

Depuis 1995, de plus en plus de patients sont traités avec des molécules censées être de plus en plus efficaces (révolutionnaires). Logiquement, le nombre de patients dont l’HTA est contrôlée devrait être beaucoup plus important, non?

Le problème est ailleurs, probablement en partie au niveau des apports sodés et de l’activité physique.

Ça bouge beaucoup  en ce moment Outre-Atlantique sur ce sujet (ici, ici, ici…).

Bon, cette association n’a pas fait rêver non plus la HAS malgré un prix de vente relativement modéré (24,67€ la boite de 30, tous dosages confondus):

ll existe de nombreuses alternatives médicamenteuses ayant montré un impact en termes de réduction de la morbi-mortalité : diurétiques, bêtabloquants, antagonistes des canaux calciques (dont l’amlodipine) ou autres antagonistes du système rénine-angiotensine.

Le service médical rendu* par RASILEZ HCT est important.

Les spécialités RASILEZ HCT 150 mg /12,5 mg, 150 mg / 25 mg, 300 mg / 12,5 mg et 300 mg / 25 mg, associations fixes d’aliskiren 150 ou 300 mg et d’hydrochlorothiazide 12,5 ou 25 mg, n’apportent pas d’amélioration du service médical rendu** (ASMR V) par rapport à l’utilisation conjointe de chacun de leurs composants pris séparément.

* Le service médical rendu par un médicament (SMR) correspond à son intérêt en fonction notamment de ses performances cliniques et de la gravité de la maladie traitée. La Commission de la transparence de la HAS évalue le SMR, qui peut être important, modéré, faible, ou insuffisant pour que le médicament soit pris en charge par la solidarité nationale.
** L’amélioration du service médical rendu (ASMR) correspond au progrès thérapeutique apporté par un médicament par rapport aux traitements existants.
La Commission de la transparence de la HAS évalue le niveau d’ASMR, cotée de I, majeure, à IV, mineure. Une ASMR de niveau V (équivalent de « pas d’ASMR ») signifie « absence de progrès thérapeutique ».

L’efficacité de l’association aliskiren + HCTZ a été démontrée sur un critère de substitution, la réduction de la pression artérielle diastolique mais elle n’a, à ce jour, pas été démontrée sur un critère clinique de morbimortalité.


Bon, bah, dans ce cas, autant donner à nos patients des conseils hygiéno-diététiques pour diminuer l’apport sodé quotidien, se lever le derrière du canapé et prescrire des médicaments qui ont démontré à ce jour qu’ils prolongent et améliorent la vie, non?

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RASILEZ HCT (aliskiren et hydrochlorothiazide), association d’antihypertenseurs. Pas d’avantage clinique démontré de l’association fixe par rapport à la prise séparée de ses deux composants. (Synthèse de l’avis de la HAS )

Avis de la commission de transparence du 27/05/2009.

Mauvaise étude, mauvais résultats

Je pense que vous n’entendrez jamais parler de l’essai ASPIRE qui a étudié l’adjonction d’aliskiren (Rasilez®) à un IEC ou un ARA2 en post infarctus du myocarde chez des patients plutôt graves.

Le critère principal n’était pas clinique puisqu’il s’agissait de la variation du volume tele-systolique sur une durée de 36 semaines.

L’aliskiren n’améliore rien.

Par contre, il y a plus d’hyperkaliémies et d’hypotensions.

Et la mortalité globale est à 4% dans le groupe aliskiren et 2% dans le groupe placebo avec p=0.16.

Mais il est difficile d’analyser ce résultat étant donné que la mortalité globale n’était pas spécifiquement étudiée…

Idem pour la fonction rénale.

En somme toujours aucun intérêt clinique, et signaux oranges sur des paramètres un peu inquiétants comme la mortalité globale ou la fonction rénale.

Donc pour l’instant, mauvaise étude, mauvais résultats, pas un bon traitement dans cette indication.

Pourtant le « double blocage » et Paris-Match avaient soulevé en moi un tel espoir…

😉

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Une excellente synthèse de theheart.org rédigée par un confrère cardiologue de Béziers:

Dr Jean-Luc Breda. L’aliskiren ne prévient pas le remodelage VG après infarctus. theheart.org. [International Editions > Édition française > Sections > Actualités > Insuffisance cardiaque]; 22 mars 2010. Consulté à http://www.theheart.org/article/1061189.do le 24 mars 2010.

Escalade commerciale

J’ai eu un petit sourire interne récemment en reconstituant l’historique médicamenteux d’un monsieur de 80 ans, hypertendu.

Il a été sous Renitec® (enalapril).

A priori, un médecin (généraliste ou cardio, je ne sais pas) a trouvé que ce n’était pas assez efficace, et il l’a passé sous Micardis® (telmisartan).

Curieux, je ne vois pas trop la logique médicale, la HAS non plus, d’ailleurs.

Détail important, le patient n’a pas toussé sous enalapril.

Visite médicale:1 / HAS:0

Comme ce n’était pas suffisant, on est passé au Micardis plus® (telmisartan+hydrochlorothiazide)

A partir de là, je n’ai pas trop compris, mais finalement, au bout de quelques semaines, le patient se retrouve de nouveau sous Micardis®.

Le généraliste juge que ce n’est pas assez et rajoute du Rasilez® (aliskiren) au Micardis®.

Bon, l’aliskiren, je n’en vois pas trop l’intérêt, la HAS non plus, d’ailleurs.

Quand on rentre ces deux molécules dans la BCB, cette dernière répond un très sobre:« RASILEZ 300MG CPR 28 et MICARDIS 40MG CPR 90 appartiennent à la classe : Médicaments agissant sur le système rénine-angiotensine. »

Autrement dit, c’est une redondance thérapeutique, une aberration (enfin, au jour d’aujourd’hui).

Et le patient n’est toujours pas bien équilibré.

Visite médicale: 2 / HAS: 0

Et si on raisonne en coût journalier pour un résultat, je vous le rappelle, nul pour le patient?

  • enalapril 20: 0.47€ (boite de 30)
  • telmisartan 40: 0.74€ (boite de 30)
  • telmisartan 40+ hydrochlorothiazide: 0.74€ (boite de 30)
  • telmisartan 40+aliskiren (150 ou 300): 0.74+0.82=1.56€ (boite de 28 pour l’aliskiren)

On triple le coût journalier en passant de l’enalapril à l’association telmisartan+aliskiren.

Par an, la facture passe de 171.55€ à 569.40€

Visite médicale (et ignorance crasse du confrère):3 / HAS (et assurance maladie):0

Fin du match.