Sei Shōnagon, intemporelle

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L’espace-temps, le fil et la fourmi

Je poursuis ma lecture des « Notes de chevet » de Sei Shōnagon. C’est charmant, dirait-elle. Je sens néanmoins que mes abonnés de Twitter/Facebook vont bientôt avoir envie que je termine vite ma lecture ;-).

Sei Shōnagon nous narre un conte ancien pour elle, immémorial pour nous:

Sei fourmiCette histoire de fil et de fourmi m’en a rappelé une autre, très semblable…

Google a aidé ma mémoire défaillante:

Rendu furieux par cette fuite, Minos décida de retrouver Dédale. Il eut alors l’idée de lancer un défi que seul un homme comme Dédale pouvait réussir. Il promit une forte récompense à celui qui réussirait à accrocher un fil au fond d’une coquille d’escargot. Pour relever le défi, Dédale eut l’idée d’accrocher le fil à une fourmi, cette dernière se faufilant ensuite dans la coquille. Sachant qu’une personne avait réussi le défi en Sicile, Minos sut alors que Dédale s’y trouvait.

L’univers est une corde entortillée dont un bout est tiré par une fourmi

(la drogue…).

Tout est perdu fors les honoraires

J’en ai déjà parlé sur Twitter, mais j’ai été très surpris par ce billet d’humeur(s), écrit par un confrère dans le Journal des Médecins Libéraux PACA.

honorairesJe n’ai pas d’avis bien tranché sur le conflit actuel entre les médecins libéraux et le ministère. Je suis un libéral à temps très partiel qui utilise déjà majoritairement le tiers-payant depuis des années, sans inconvénient particulier. Donc la mesure phare tant honnie  du projet de loi  ne me touche pas vraiment. Après, je comprends les craintes des confrères sur l’augmentation de la charge administrative, la course aux remboursements… La bataille contre l’étatisation de la Médecine me paraît par ailleurs être un faux problème.

Mais cette tribune qui ressort du fin fond des siècles (et du Littré) l’étymologie, certes honorable, du mot honoraires me semble terriblement datée … du XIXième qui ne fut pas qu’un siècle des lumières pour notre profession.

Je suis surtout persuadé qu’elle dessert les convictions qu’elle espère soutenir.

Je n’ai certainement pas fait Médecine pour être honoré par des patients qui déposeraient sur mon autel des honoraires en fin de consultation, tel un dieu de l’Antiquité dans son sanctuaire.

Récemment, on m’a demandé ce que je pensais dans le contexte actuel de l’avenir de la cardiologie.

J’ai répondu que quand je considère mon métier, qui est de soigner, je suis optimiste. Par contre, quand je compare les postures des représentants de nos syndicats, je suis particulièrement pessimiste.

Et c’était avant de lire ce texte…

Je suis moche

Juste une petite note pour prévenir les abonnés de la Revue Prescrire (LRP).

Le numéro de février est très particulier puisque sa couverture n’est pas moche.

Le débat fait rage sur Twitter, certains disent « moche mais pas horrible », ce qui me semble aussi assez pertinent.

https://twitter.com/Dr_Stephane/status/561614941980229632

Bref, si comme moi vous repérez de loin les couvertures moches et horribles de LRP à travers leur emballage translucide, ne jetez pas ce numéro par mégarde:

IMG_7971Deux hypothèses:

  • LRP s’est enfin décidé à payer ses dessinateurs.
  • Il n’y a plus de LSD périmé dans la pharmacie de la rédaction, car ils sont enfin arrivés à la fin de leurs gros stocks personnels, millésime 1968.

Sinon, dans ce numéro, un dessin moche (quand même!) et la liste des traitements à éviter en cardiologie:

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