Hitman Contracts

Très impressionnante la vidéo de la police de Dubaï sur l’assassinat d’un membre du Hamas le 20/01.

Le Monde parle de ce meurtre ici et ici.

Denis Brunetti en parle ici, l’auteur de Police et Cetera ici.

Ceux qui connaissent Hitman seront comme moi, encore plus frappés par la vidéo.

La réalité rejoint la fiction, et c’est terrible.

Attention, ne soyez pas maussades, et ne voyez pas de jugement moral orienté dans cette dernière remarque.

La victime n’était pas innocente.

Le diagnostic initial de « crise cardiaque » m’a quand même fait sourire. Le nombre de cadres jeunes qui se ramasse une « crise cardiaque » est effarant. Stress? Tabac? Mauvaise alimentation? Absence d’exercice physique? C’est aussi à croire qu’ils sont tous suivis par des cardiologues israéliens…

Ajout du 21/02/10: un texte du NYT assez complet ici.

Google Buzz

Ouuuuuh, c’est pénible ce Google Buzz!

Je ne parle pas de son ergonomie ni des soucis de divulgation de données personnelles, ni de la pierre supplémentaire apportée à l’édifice de l’omniprésence de Google sur la toile, ni des petits soucis pointés par David Pogue du NYT.

Le problème est que ça fait un média social de plus, encore un.

J’utilise les médias sociaux comme un focale pour concentrer des informations, plus ou moins pertinentes certes, mais des informations quand même.

De ce point de vue, l’intégration entre les médias sociaux est intéressante. J’aime bien quand une note d’un blog que je suis m’est signalée par Twitter. Ça fait un peu doublon avec Netvibes, mais ça me aussi permet de découvrir des notes de blogs que je ne connais pas via la fonction RT de Twitter.

J’ai donc connecté mon blog et mon compte delicious sur mon compte Twitter.

Mais Google Buzz, c’est encore un média social, encore un, à connecter, à intégrer, à suivre.

On en arrive à des situations ubuesques.

Par exemple, je suis @DrVes, qui soit dit en passant doit avoir des journées de 120h entre le soin aux malades et son activité colossale sur tous les médias sociaux de la toile. Je ne suis pas son voisin, sinon je suis persuadé que je pourrais aussi recevoir des messages par pigeons voyageurs de sa part.

Il y a quelques jours, j’ai remonté un de ses tweets qui m’a conduit sur une note de son Google Buzz qui m’a ramené sur Tweeter, au même point. L’automatisation des taches a créé une ébauche de mouvement social sans fin (de quoi faire rêver la CGT) tout à fait fascinante.

Diffuser l’information, la concentrer, d’accord, mais la diffracter, bof.

C’est d’autant plus paradoxal que les médias sociaux ont largement simplifié la recherche d’informations pertinentes via la mise en place de veilles documentaires (ou non). Mais cette focalisation de données est de plus en plus gênée par cette diffraction (aucun intérêt de lire la même info diffusée sur un blog, Twitter, Facebook, Foursquare, Google Buzz, un message électronique émis par une liste de diffusion, Netvibes, un pigeon voyageur, Delicious, un flux RSS Pubmed, Tic et Tac…) et la perte de focalisation puisqu’il faudrait suivre tous ces médias  (par définition une focale est focalisée).

Ainsi, si vous avez aimé cette note, vous allez pouvoir:

  • la lier
  • la tweeter/re-tweeter
  • la facebooquer
  • la tic-et-taquer
  • la foursquarer
  • la delciouser
  • la buzzer
  • la pigeon-voyageuriser
  • la mailer, la forwarder…

Les solutions pour focaliser les focales se développent, mais attention, ça va brûler l’écran!


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(Mirror Labyrinth, de Jeppe Hein)

Evidence Base Jump

J’ai découvert un article savoureux qui semble être un classique du BMJ via le compte Delicious de Gaétan (du CISMeF).

Il s’agit d’une revue de la littérature qui s’intéresse au niveau de preuve de la recommandation qui prône l’utilisation du parachute au cours du vol libre afin d’éviter morts et traumatismes.

Et bien, il n’y en a pas.

C’est donc une recommandation de niveau C (« Only consensus opinion of experts, case studies, or standard of care »)

La conclusion des auteurs est excellente:

« As with many interventions intended to prevent ill health, the effectiveness of parachutes has not been subjected to rigorous evaluation by using randomised controlled trials. Advocates of evidence based medicine have criticised the adoption of interventions evaluated by using only observational data.We think that everyone might benefit if the most radical protagonists of evidence based medicine organised and participated in a double blind, randomised, placebo controlled, crossover trial of the parachute.« 

(Pour plus de NCBI ROFL, c’est ici, ils ont aussi un compte Twitter)

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Smith GC, Pell JP. Parachute use to prevent death and major trauma related to gravitational challenge: systematic review of randomised controlled trials.BMJ. 2003 Dec 20;327(7429):1459-61.



(Celle-là est vraiment excellente.)

Viens là, cousine…

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L’autopsie de Toutankhamon fait les délices des médias depuis quelques jours.

En fait, l’article qui a tout déclenché a été publié dans le JAMA du jour, joli coup de pub pour la revue.

En résumé, il était terriblement consanguin et est probablement mort du paludisme, et non d’une mauvaise chute, comme on le croyait précédemment.

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Cette histoire milite encore une fois pour aller cueillir des gènes ailleurs que dans sa famille, voire au mieux en dehors de son phénotype.

A force de vouloir garder un « sang pur », notion qui n’a strictement aucun sens, certains hommes n’ont fait que transformer leur lignée en suite heureusement rapidement interrompue de crétins congénitaux maladifs. L’histoire de « Nueva Germania » est tout à fait emblématique.

Mais la consanguinité peut avoir des motifs biens plus prosaïques.

L’arbre de mon épouse qui remonte au 14ème siècle fourmille de mariages entre cousins pour conserver nom, titres et biens « dans la famille ».

Voire, l’isolement géographique aidant, on prenait ce que l’on trouvait, même si c’était une cousine plus ou moins proche.

Ainsi, de mon côté, ça remonte pas bien loin, mais 6 générations au dessus de la mienne, deux Vailloud se sont unis pour le meilleur et le pire. Ils étaient cousins dans un tout petit village de l’Ain, où il y avait (il y a toujours) des tas de Vailloud.

Brrrrrrrrrrrr.

Et c’est vrai que dans ma famille paternelle, il y a quand même eu quelques individus pas trop montrables pendant les fêtes de village.

Ça expliquerait peut-être certaines choses pour moi…

« Ce n’est pas de ma faute, je suis une victime (victimisation: compte triple), je suis un crétin congénital ».

Du côté de mon épouse ça c’est pas bien terminé dans les années 30 et un de ses ancêtres aurait mis en garde le Duc de Guise sur le perron du château de Blois. Quelle curieuse idée…

Mes deux fils n’ont pas l’air trop atteints, ce qui est finalement assez remarquable étant donné les croisements dont ils sont issus.

Là où il y a peu de gènes, il n’y a pas de plaisir.


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Zahi Hawass; Yehia Z. Gad; Somaia Ismail; Rabab Khairat; Dina Fathalla; Naglaa Hasan; Amal Ahmed; Hisham Elleithy; Markus Ball; Fawzi Gaballah; Sally Wasef; Mohamed Fateen; Hany Amer; Paul Gostner; Ashraf Selim; Albert Zink; Carsten M. Pusch. Ancestry and Pathology in King Tutankhamun’s Family. JAMA 2010;303(7):638-647.


Howard Markel. King Tutankhamun, Modern Medical Science, and the Expanding Boundaries of Historical Inquiry. JAMA. 2010;303(7):667-668.