J’ai trouvé ce matin un petit texte intéressant dans le NYT. Une interniste semble y redécouvrir la valeur du toucher au cours d »une consultation médicale.
J’ai quand même trouvé étonnant qu’elle ait à s’interroger sur ce sujet, tant il me paraît naturel et fondamental de toucher un patient au cours d’une consultation.
Elle a raison de souligner que le toucher est encore ce qui différencie les soignants de la plupart des autres professions. C’est même ce qui la rend si humaine.
Le toucher est tellement proscrit dans nos sociétés, parce que c’est sale, c’est équivoque, malsain, que de toucher un patient au cours d’une consultation, indique au médecin, comme au patient, attention, cette parenthèse qui s’ouvre au sein de nos relations sociales respectives est unique et rare, on touche du doigt, encore le toucher, cela n’est pas un hasard, l’humanité profonde.
On arrange tellement de choses en tenant une main.
Qui touche-on à part son amoureuse, et ses enfants?
Ses patients.
En cardiologie, ne pas toucher me semblerait aussi aberrant que de ne pas écouter.
Comment apprécier la consistance d’un œdème, la solidité d’une sternotomie récente, la nature d’un silence auscultatoire pulmonaire, la froideur d’un doigt de pied blanc, ou l’engorgement d’un foie sans le toucher?
Ce matin, chez une patiente, je n’ai pas retrouvé d’œdème, mais un pli cutané, et un appui ferme sur le foie ne m’a pas permis de dévoiler de turgescence jugulaire. J’ai jeté un coup d’œil en échographie par facilité, mais cet examen ne m’a rien apporté de plus, strictement rien par rapport au toucher et au reste de mon examen.
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