Les Forbans de Cuba

Je viens de terminer un bon bouquin bien dépaysant, « Les Forbans de Cuba » de Dan Simmons. Cet auteur, que je ne connaissais pas semble plutôt spécialisé en SF.

Là, c’est de l’espionnage durant la seconde guerre mondiale avec des tas d’espions méchants (nazis) ou gentils (les forbans) ou troubles (FBI), et bien entendu des agents doubles et des beautés troublantes et exotiques. L’action se passe à Cuba, comme son nom l’indique et donne lieu à de belles descriptions. « L’originalité » de ce roman de fiction est d’être véridique à 95%, selon l’auteur. De fait, le personnage central est le romancier américain Hemingway, entouré de sa famille, d’amis célèbres, de ses chats…

Parfois, ça fait un peu « Franck, chasseur de fauves », mais l’écriture de cette histoire d’espionnage classique est agréable. L’auteur semble avoir pris beaucoup de plaisir et son récit est de toute évidence très documenté. De fait, ce bouquin m’a donné envie d’en savoir plus sur Hemingway.

Vous pourrez lire d’autres critiques ici.


La SNCF, ces grands geeks…

Parfois, la SNCF est désarçonnante de modernité, voire même de geekitude. Tout cela contraste avec ses rouages qui sont parfois incroyablement archaïques (une belle-famille de cheminots!).

J’adore le billet virtuel, appelé de façon très originale e-billet. Il s’agit d’un code QR situé au dos d’une carte grand voyageur ou qui s’affiche directement sur son iPhone grâce à l’application iDTGV. Je n’utilise pas cette application, mais la description parle aussi de la possibilité d’un chat avec d’autres voyageurs du même train. Quelqu’un a essayé?

J’avoue que la première utilisation du e-billet est assez anxiogène, et si le lecteur du contrôleur ne marchait pas? La dématérialisation des choses enlève une part de certitude. Heureusement, depuis que je l’utilise, aucun souci. La veille du départ, la SNCF nous envoie un SMS de confirmation avec les données essentielles du voyage.

J’utilise SNCF Direct qui permet de visualiser sur son mobile les infos annoncées en gare sur les panneaux électroniques. Pratique quand on n’est pas encore arrivé à la gare, qu’on est un peu juste et que l’on souhaite connaitre par anticipation son quai, j’en ai fait l’expérience. On peut aussi déclencher une alerte dès que le quai est annoncé. En pratique, l’alerte survient après l’annonce en gare, elle n’est donc que de peu d’utilité. Si vous ne savez pas où se trouve votre gare, l’application peut vous y conduire en utilisant l’application native Google Map.

L’application voyages-sncf.com ne me servait pas beaucoup jusqu’à sa mise à jour de début décembre. Ses fonctionnalités ont alors englobé celles du compagnon, dont je me servais beaucoup et qui devrait à terme disparaître. Maintenant, on peut presque tout faire avec cette application: acheter un billet, l’échanger, consulter ses détails, les incidents éventuels, programmer une alarme pour l’annonce du quai (toujours avec le même bémol que supra). On peut aussi « partager » son billet, clamer au monde des réseaux sociaux (Facebook et Twitter) que l’on va se rendre à Trifouillis-les-oies telle date à telle heure. Aucun intérêt, mais c’est rigolo. On peut aussi automatiquement ou non ajouter à son agenda l’ensemble des infos du trajet, pratique en cas d’agenda partagé.

Finalement, peut-être que cela arrivera, il faudrait que la SNCF fusionne toutes ces applications en une seule, en améliorant au passage un peu l’ergonomie, et tout serait parfait dans un monde de geeks.

Peu après avoir eu l’idée de cette note, je suis tombé sur ce titre du Canard de la semaine:

Aucun rapport, mais la coïncidence est drôle..

La dame de chez Hermès.

J’avais décidé d’offrir une écharpe en cachemire à Madame afin qu’elle ait bien chaud cet hiver.

Comme je ne suis pas insensible au luxe, surtout si il est discret, et que j’avais une idée derrière la tête, je suis allé chez Hermès la semaine dernière.

Le long magasin de la rue Paradis bruissait d’animation.

J’ai lutté contre mon horreur de la foule et je me suis engouffré dans le magasin, aspiré par la lourde porte ouverte par un vigile.

J’ai un peu tourné dans les rayons épurés pour trouver ce que je cherchais. Un autre vigile m’a alors opportunément renseigné avant de remettre en position un chandail, afin qu’il soit bien orthogonal au bord de son rayonnage.

Il restait fort peu de choix, heureusement une écharpe rouge vif m’a fait de l’œil.

Toutes les vendeuses étaient occupées, jusqu’à ce que l’une d’elle soit discrètement dirigée vers moi par le vigile aimant la rectitude.

Elle a avait un certain âge, aucune trace d’accent marseillais, ce qui en soit même est signe de distinction insigne ici. Mais elle avait en plus le je ne sais quoi de délicieusement méprisant qui fait tout.

Peut-être la cadette d’une frêle et vénérable famille de l’Ancien Régime?

Avant, les cadettes étaient destinées au couvent, maintenant, pourquoi ne pas imaginer qu’elles rentrent chez Hermès?

A son cou pendait une loupe gainée d’un cuir orange vif spécifique de la marque. Pour mieux faire observer les grains des différents cuirs?

J’ai commis un impair stigmatisant en m’interrogeant sur l’utilité d’une étole.

– C’est pour mettre sur le dos?

– Les épaules, Monsieur, les épaules…

Elle m’a écrasé d’un regard plein d’indulgence. L’esprit de Noël…

Heureusement que je ne lui ai pas mentionné que j’ai suivi des heures et des heures d’anatomie à la fac….

Bref, j’ai pris l’écharpe rouge.

C’est alors que j’ai sorti de derrière ma tête l’idée qui s’y cachait, m’enquérir de leurs sacs à dépêches.

Ceux qui me connaissent savent que je pense à m’offrir un tel sac depuis pffffffffff 2007.

Et l’année 2012 étant l’année de mes 40 ans, et comme il faut bien trouver un alibi à la hauteur d’une telle dépense somptuaire, je commence à y penser de nouveau sérieusement.

Elle a un peu douché mon espoir de faire un achat impulsif réfléchi, un jour de grande déprime ou de gain substantiel au Loto.

Si ils n’ont pas le modèle que je souhaite en magasin, et ils en ont un ou deux, pas plus, il leur faudra le demander à d’autres magasins en France, et en cas de recherche infructueuse le commander à Paris, c’est à dire commencer une attente d’environ 11 mois.

Le vrai luxe est le luxe qui ne se voit pas, se dit pas, et surtout se rend peu accessible, même à l’argent.

Elle s’est poliment enquise (beau participe passé, n’est-il pas?) de la date de mon anniversaire et sembla navrée que juillet fut si proche du mois de décembre de l’année d’avant.

Cinquante ans est un chiffre rond encore plus marquant, non?

En quittant la boutique, j’ai croisé dans l’encadrement de la porte un confrère cardiologue d’un certain âge avec sa jeune épouse. Un ennui écrasant se lisait sur son visage mal rasé. Il n’a pas levé les yeux en me remerciant de leur avoir donné la préséance.

Finalement, j’ai offert l’écharpe à Madame qui l’a regardée, m’a regardé, a fait semblant d’être ravie avant de préciser que je n’aurais pas dû dépenser tant d’argent.

Elle a tellement fait semblant d’être ravie ce soir là, que le lendemain, par manque de concentration, probablement, elle en a oublié l’écharpe rouge dans un triste tiroir alors que nous devions partir pour le froid Dauphiné. Nous serions partis pour les Bahamas, je n’aurais tiré aucune interprétation de cet oubli, mais là…

La prochaine fois, je prendrais un peu plus en compte un concept fondamental du cadeau, qu’il soit de Noël ou de n’importe quel jour: son choix devrait être en premier dicté par les goûts de celui qui reçoit, et non de celui qui offre.

Bonnes fêtes de fin d’année!

C’est pas tout ça, mais les fêtes de fin d’année pointent leur nez, et je pense qu’il est grand temps de souhaiter plein de bonnes choses à tous ceux qui passent par ici (et aux autres).

Passez de bonnes fêtes, et profitez-en bien!