R, mon amour… (suite)

Je me suis dit que vous seriez intéressés de connaître quelques prochains MOOC dédiés aux statistiques ou à la méthodologie des essais cliniques (à ce jour):

Ces MOOC donnent droit à une attestation ou un certificat qui ne vaut (encore)… rien ou pas grand chose sur un CV. Il reste néanmoins le plaisir solitaire d’avoir passé la formation et de pouvoir s’imprimer un certificat avec son patronyme en dessous du nom d’une grande école. Il faut bien dire que c’est un des inconvénients des MOOC.

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Suivre l’enseignement de ces grandes écoles américaines ne coûte rien. Les certificats de Harvard, Stanford, Princeton ou de John Hopkins sont gratuits.

Le certificat du MOOC de Berkeley est payant, car l’identité de l’étudiant est censée être vérifiée:

certifverifC’est un moyen détourné de rendre payants les MOOC, ce qui ne me choque pas, sous réserve que la valeur de ces certificats soit mieux définie… Mais cela est une autre histoire, un autre débat…

statscertif25$US, ça fait 18.44€

Maintenant, j’ai l’immense honneur de vous présenter ce qui semble être le premier MOOC français sur les statistiques appliquées:

L’inscription est gratuite.

Chose très intéressante, ce MOOC peut être converti en un DIU qui a donc une valeur quantifiable sur un CV (français), après inscription à l’Université de Lorraine et passage d’un examen à Nancy ou Nice. L’inscription pour le DIU est d’environ 300€.

Mais ce n’est pas là que le génie français s’exprime dans sa totalité.

L’obtention d’un simple certificat, pour celui qui aurait suivi le MOOC sans vouloir passer le DIU, est aussi payante:

COURLIS100€, sinon rien ne prouve qu’on ait suivi l’enseignement!

100€ pour un certificat dont la valeur me paraît encore à définir.

Mettons ces 100€ en perspective, pour bien comprendre!

Un certificat qui atteste que l’on a suivi un MOOC de Harvard, Stanford, Princeton ou John Hopkins, c’est gratuit pour l’instant. Pour Berkeley, c’est 18.44€.

Si vous voulez crâner avec un certificat de la mondialement célèbre Université de Lorraine, c’est 100€.

L’Université de Lorraine (Lorraine University) valorise donc elle-même son certificat au minimum à… environ 5.4 fois celui de Berkeley.

Ce n’est pas merveilleusement tellement français, ça?

BerkeleyNLIl existe des places réservées aux titulaires du Prix Nobel travaillant à Berkeley (source).

Il y en a aussi à Nancy?

R, mon amour…

R, c’est comme Beth, pas facile facile de prime abord..

J’attaque ma troisième semaine de Statistics One, un MOOC de statistiques de Princeton.

Le prof, Andrew Conway est sympa et didactique, et l’amphi est un peu grand, puisque nous sommes 100000 sur les bancs…

Quand je pense que les 15000 étudiants inscrits au MOOC de biostatistiques de Kristin Sainani (j’en avais parlé ici) m’avaient déjà impressionné…

Les cours sont donc plutôt sympas et sont un bon rappel des bases des statistiques.

conway1Par contre, les TP sur R me font blanchir les cheveux…

Et ce que d’autant plus que les quiz hebdomadaires portent essentiellement sur l’utilisation de R.

Pour commencer, R est un logiciel libre de statistiques, en open source.

Cela signifie que R est en perpétuelle évolution, ça c’est bien, mais aussi que l’interface utilisateur est le cadet des soucis de ses développeurs. Donc contrairement à SPSS ou Excel, utiliser R se mérite, vraiment.

Vraiment.

Les TP du MOOC de Kristin Sainani faisaient manier Deducer, qui est une interface utilisateur de R bien plus intuitive que ce dernier. C’était sympa.

Mais à Princeton, on aime le Hardcore, et les lignes de code.

TPRCopie d’écran à 60 secondes du premier TP sur R… Help!

Les TP me semblent totalement inadaptés à ceux, qui comme moi, ont bidouillé des stats sur Excel ou SPSS pour une thèse ou pour s’amuser.

Mais heureusement, j’ai des amis sur Twitter, béni soit son nom, qui m’ont fait découvrir des tas de ressources utiles:

  • Merci à @gabriel440 m’a fait connaître RStudio, qui est une interface moins aride que R, et sur laquelle j’ai bien pris mes marques.

Semaine après semaine, je râle, mais je commence à faire des trucs sympas:

R3Tout cela est bien évidemment à mille lieux de mes préoccupations quotidiennes, et c’est justement ça qui est bien.

Vive(nt) les MOOC (et R…)!

Le CISS, Sanofi, la CPAM et l’ARS sont dans un bateau….

Je ne sais pas trop ce qu’est le CISS, et à quoi ça sert, même après avoir lu leur Qui sommes-nous?, mais on ne peut leur enlever une chose, ils ont beaucoup d’humour.

La Revue Prescrire d’octobre 2013 a mis la main sur une merveilleuse formation sur les génériques qui apparemment a eu lieu le 24/09/13 au CH de Niort.

Parmi les intervenants, un membre du CISS, de l’OMéDIT (un autre « machin » dont je n’ai jamais entendu parler), les ordres des médecins et des pharmaciens, l’ARS, la CPAM, et en vedette américaine, ce qui se fait de mieux dans l’expertise sur les génériques, la crème de la crème, rien de moins que Sanofi!

stupéfiantLes laboratoires Sanofi, sanctionnés par l’Autorité de la Concurrence à hauteur de 40 millions pour avoir dénigré les génériques du Plavix® côte à côte avec la CPAM, l’ARS, ça devait avoir une sacré allure.

Quel merveilleux message pour ceux qui luttent pour l’optimisation des ressources en Santé!

L’invitation destinée à l’Autorité de la Concurrence a été perdue par la Poste?

Prescrire parlait justement de Sanofi et des génériques quelques pages avant.

Je n’arrive pas à trouver une analogie qui puisse arriver à la cheville de cette stupéfiante formation.

Je ne vois vraiment pas…

cahuzac

Anonymat, ou pas?

Quelle est la meilleure option pour un professionnel de santé présent dans les réseaux sociaux: être anonyme ou non?

J’ai été les deux, anonyme entre 2005 et 2010 et à visage découvert depuis.

J’en avais déjà parlé dans cette note en 2011.

Je ne regrette ni ma levée d’anonymat, ni la période d’avant.

J’ai été terrifié quand j’ai jeté le masque, mais il ne s’est strictement rien passé, rien du tout. Pas de rassemblement devant chez moi, le plus souvent que des factures ou de la pub dans ma boite aux lettres, seule nouveauté, parfois des livres!

Rien n’a changé extérieurement, hormis quelques rares demandes de consultations/avis de patients sur ma messagerie, que je refuse toujours poliment.

Des patients me lisent, des confrères avec qui je travaille me lisent, des voisins me lisent, et je n’ai eu que de bons échos. Ils ne sont pas surpris, il n’y a pas de distorsion entre ce que je suis et mon blog. Les gens qui m’apprécient apprécient mon blog (et vice-versa), c’est aussi simple que cela.

Écrire à découvert est très astreignant, j’y reviendrai, mais très agréable. Enfin, on me crédite mes écrits, et on ne m’appelle plus M. Lawrence Passmore dans les endroits où l’on m’invite pour mon blog.

Écrire à découvert ne donne pas plus de respectabilité ou de crédibilité. Personne n’irait dire que Maître Eolas serait plus crédible si son anonymat était levé. Je ne suis pas plus crédible que ne l’était Lawrence Passmore.

Une seule chose change, mais elle est fondamentale. Écrire sous son nom nécessite une discipline de tous les instants pour respecter les règles de déontologie, d’éthique, le devoir de réserve… Écrire sous son nom exclut de raconter des histoires de patients ou de confrères, car il est alors bien trop facile de faire des rapprochements. L’exercice n’est pas facile ; bien qu’expérimenté, j’ai toujours peur de franchir la ligne rouge.

Écrire sous un pseudonyme permet un tout petit peu moins de rigueur. Mais c’est dans ce « un petit peu moins » que réside la pire difficulté de l’exercice. L’anonymat en ligne, d’ailleurs très relatif, ne doit certainement pas permettre d’avoir en ligne un comportement non déontologique, non éthique…

Écrire un blog ou avoir un compte Twitter ne doit pas être un petit secret honteux, comme ce fut longtemps le cas pour moi. Écrire un blog ou avoir un compte Twitter permet surtout d’interagir avec les autres et de progresser. Vous aurez toujours un lecteur plus intelligent que vous, ou tout simplement différent, qui vous montrera une autre façon, peut-être meilleure, de penser ou d’écrire.

Se confronter aux autres est une richesse immense, et il faut considérer comme telle sa présence sur internet. C’est certain que si vous racontez vos beuveries, évitez que tout le service vous lise, surtout si vous comptez y avoir un poste… Mais en dehors de cela, soyez fiers de ce que vous écrivez. Ce blog m’a ouvert des portes et fait connaître des gens, de façon tout à fait inespérée pour un petit cardiologue libéral de province.

À cause de ce blog, je me suis probablement fermé à jamais les portes d’une carrière dans l’industrie pharmaceutique. Tant pis, il ne faut jamais avoir de regret, je crois que je pourrais y survivre.

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