Ça fait des points pour la certification…

C’est avec ce seul viatique, et justificatif, que je suis allé assister à la conférence de Jean Léonetti qui s’est déroulée ce 5 décembre à l’Hôpital Saint Joseph. C’était aussi une bonne occasion de retourner entre les murs de cette vénérable institution marseillaise, où j’ai fait tant de gardes.

leonettiJe m’attendais à un exposé formel et aride d’une loi (la fameuse loi Léonetti) que j’avais encore un peu de mal à intégrer, malgré les 8 ans écoulés depuis son adoption.

Le discours introductif très convenu d’un hiérarque de Saint Joseph (Monsieur le Ministre, souvenez-vous que nous avons pris l’hélicoptère(ou l’avion) présidentiel ensemble…) m’a d’ailleurs initialement fait peur.

Puis Jean Léonetti a pris la parole.

1h45 plus tard, j’étais sous le charme.

Loin d’une liste de points et de prérequis, il a expliqué l’esprit de la Loi avec des termes simples et des exemples éclairants.

Vous trouverez l’esprit de son intervention dans ce verbatim d’une conférence antérieure. J’espère que l’Hôpital Saint Joseph publiera rapidement celui de cette conférence.

J’ai retenu trois idées fortes qui prennent de faux airs de Verbe:

Je ne t’abandonnerai pas.

Je ne te laisserai pas souffrir.

Je ne te prolongerai pas de manière anormale.

La présence dans la salle d’un représentant de l’ADMD, avec qui le débat a été courtois, et d’un illuminé de je ne sais pas quel coin de la galaxie, ainsi  que les je ne sais pas scandés par Jean Léonetti montrent que les questions posées par la fin de vie sont loin d’être caduques.

Et c’est pour cela qu’il faut en parler de façon ouverte.

Un cœur en automne

Divine surprise ce matin à la visite:

Une dame de 83 ans avec une… Starr mitrale.

Je n’ai eu qu’à poser le micro de mon iPhone sur son thorax pour receuillir ce joli battement de plus en plus rare (en sinusal, en plus!).

Ce cœur a fait ma journée.  

La loi de Benford

Je remonte donc doucement mais surement le cours des articles de Significance.

J’ai encore du travail, J’ai lu 2013-2012, il me reste encore 2011-2004…

En décembre 2011, Christopher Weir et Gordon Murray (que je ne connais ne d’Adam ni d’Ève) ont fait publier un excellent petit article: Fraud in clinical trials. Les deux auteurs jouent pour nous aux statisticiens Sherlock Holmes, afin de dépister les fraudes dans les essais cliniques.

L’analyse de la masse considérable de données issues d’un essai clinique (si il est de taille respectable) va permettre d’en déterminer la tendance centrale, la variance, et ainsi de repérer les données aberrantes. De même, des données trop normales doivent éveiller la suspicion. Les auteurs donnent ainsi l’exemple d’un suivi clinique qui aurait lieu tous les lundis de la semaine durant 6 mois. Les aléas de la vie, les vacances… rendent peu probable que chaque patient d’un centre puisse se rendre au jour dit donner leurs données 😉 de façon métronomique. Idem si les intervalles de visites sont invariants.

Les auteurs donnent une foule de petits indices permettant de repérer une fraude.

L’article est excellent, surtout si vous avez déjà participé à un gros essai multi-centrique avec une ARC tatillonne sur les talons (la mienne était biélorusse), et d’interminables séries de données aberrantes (pour le clinicien) à collecter (par exemple, la température d’un frigo neuf, régulier et exact comme une fréquence de quartz, où étaient entreposés les médicaments de l’essai).

Vous voyez ce que je veux dire…

L’article touche au sublime, pour un béotien comme moi, quand il me fait découvrir l’extraordinaire loi de Benford, qui peut permettre de suspecter que des données aient été inventées.

Un chercheur (non statisticien) qui souhaite inventer une donnée, quelle qu’elle soit, va inscrire des nombres « au hasard » dans les petites cases. Ce « hasard » signifie implicitement que chaque nombre de 1 à 9 à la même probabilité probabilité qu’un autre (1/9 ou 11.1.%) d’avoir sa place en première position, en seconde position… de la donnée.

Ben, en fait non!

Le 1 a 30.1% d’apparaître en premier, le 2 17.6%, le 3, 12.5%. Après le troisième chiffre, les probabilités ont tendance à s’égaliser…

Pour en savoir plus sur la loi de Benford:

Moi aussi, j’ai voulu jouer…

Mais je n’ai pas de données en grand nombre à la maison.

J’ai quand même deux bases de ma vraie vie pas trop petites: le nombre de visites sur 499 de mes billets les plus lus et le nombre de visiteurs amenés par mes 424 plus importants adresseurs.

(Merci WordPress pour ces statistiques…)

Si je prends chacun des premiers chiffres du nombre de visites de mes 499 billets les plus lus, j’obtiens la distribution suivante:

billetsbilletspcentPareil pour les adresseurs:

adradrpcentÇa colle pas trop mal à la loi de Benford, étant donné la petite taille de mes séries, non ?

Nous sommes grognons, très grognons!

Nous, cardiologues libéraux, sommes grognons, très grognons!

Vous allez voir ce que vous allez voir, scrogneugneu! Liliane, Liliane, va me chercher mon bonnet en Pashmînâ écarlate!

Je vous laisse déguster ces quelques pages du numéro d’octobre de la revue du SNSMCV, « Le Cardiologue », qui sont dans leur genre un chef d’œuvre qui sera difficilement surpassable (en tout cas jusqu’au prochain numéro).

(Clic gauche sur les images pour les agrandir)

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