Internet Santé, petite anecdote.

Une petite anecdote récente pour illustrer l’internet santé.

Un jeune patient m’a appelé totalement affolé car un prélèvement nasal réalisé dans le cadre de son travail est revenu positif à cette sympathique bestiole.

Il a fait quelques recherches sur Google, et il est tombé sur d’horribles histoires de microbes quasi immortels qui glacent le sang.

Bon, évidemment, je l’ai rassuré, et expliqué ce qu’étaient le portage sain, et une souche « sauvage », sensible à tout.

Ce qu’il avait, d’ailleurs.

« Parlez-en à votre médecin » n’est pas qu’un critère HON vide de sens.

Mais bon, ce n’est pas un message facile à faire passer, car il faudrait en parler à tous nos patients, et pas seulement aux quelques technophiles avérés.

Ma façon de faire, qui bien entendu ne se veut pas être un exemple est « Creusez, au besoin ça et là, rapportez moi ce que vous avez trouvé, et on en discute ». Je cite souvent Orphanet (les demandes concernent quand même souvent des pathologies peu fréquentes), mais je ne leur parle pas encore de HON.

Un pied dans la tombe

J’ai bien ri en faisant un doppler à un ancien para dont un ou deux doigts sont déjà partis aux baquet du fait d’une artériopathie sévère.

Pour lui faire son doppler, je suis déjà allé le chercher « sur la terrasse » où il finissait une cigarette.

Je m’étonnais qu’il fume encore (c’était un étonnement de pure forme).

« J’ai arrêté longtemps, mais c’est la douleur de mon pied qui m’a fait reprendre ».

Admirable logique, aussi circulaire qu’une scie.

Internet Santé.

Grâce au flux Twitter de Denise Silber, j’ai découvert l’existence d’une émission de Radio France diffusée ce jour sur la Santé sur Internet, et à laquelle elle a participé.

(c’est la première fois que je touche du doigt l’intérêt de Twitter)

Le lien Real Player est ici. Pour s’abonner au podcast, c’est .

Je n’ai pas de commentaire à faire, étant en pleine écoute, mais la présence de Denise Silber la rend d’ores et déjà très intéressante. Pour ceux qui ne connaissent pas son parcours, son blog est ici, et le site de l’AQIS, dont elle est présidente est .

Cette émission qui suit d’assez près la diffusion de celle là montre l’intérêt qui entoure la relation santé et internet.

Vaccination H1N1

Ça y est, j’ai eu ma première famille de patient qui m’a demandé si il fallait que ce dernier, insuffisant cardiaque sévère, se fasse vacciner.

Les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique datées du 07/09/09 (textes disponibles ici), sont les suivantes:

« Il est recommandé de vacciner en priorité,

  • les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent et étroit avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque.
  • Et par ordre de priorité, les groupes de population détaillés dans le tableau suivant :

Photobucket

« 

J’ai un peu botté en touche en direction du médecin référent, car lorsque la question m’a été posée, je ne connaissais pas ce texte. D’un autre côté, heureusement, sinon j’aurais bien été capable de leur demander d’aller m’en acheter un à la pharmacie, lieu de culture antique pour tous les catarrhaux plus ou moins grippés du coin.

Photobucket

Source.

Surtout, je suis archi-prioritaire par rapport à leur papa adoré qui ne vient qu’en dernière position du niveau 3 de priorité. C’est bien la première fois que je vois cela, le cardiologue prioritaire sur le cardiaque concernant l’accès aux soins!

Les deux articles du NEJM du 10 septembre sont plutôt rassurants par rapport aux risques vaccinaux à court terme.

Une enquête dont les résultats ont été publiés dans l’Express montre qu’à l’heure actuelle, la vaccination est encore loin de faire l’unanimité chez les professionnels de santé (9.6% de « nonistes » et 28.6% d’indécis). Mais comme cet article de theheart.org le précise, les professionnels de santé, notamment les spécialistes, sont bien mal placés pour donner des leçons de santé publique même pour une vaccination aussi ancienne, connue et reconnue que celle de la grippe saisonnière. Je me vaccine toutes les années, et j’incite très fortement mes cardiaques à le faire. Là aussi, chaque année, j’en choisis un au hasard dans ma patientèle pour aller m’acheter le vaccin en pharmacie. Je lui donne les sous et ma carte vitale, quand même.

Pour le cas de H1N1, après avoir été indécis, je suis devenu plutôt un « ouiste », bien que je sois encore dubitatif devant l’intérêt d’une vaccination aussi tardive.

Wait and see…

Et vous, qu’en pensez-vous?