Le piège

Le syndrome de « Pierre et le loup » est un piège terrible en médecine. Mais j’y suis encore tombé récemment, alors que je m’étais pourtant déjà promis plusieurs fois de ne jamais refaire la bêtise.

Je me croyais à l’abri, et bien non.

Un patient plus ou moins chronique, plutôt pénible, en tout cas que l’ensemble du personnel souhaite voir partir (en fait, un confrère!), plusieurs choses à gérer en même temps, et j’ai de nouveau sauté à pieds joints dans la trappe.

Pourtant je me répète souvent le mantra: oublier ses a priori, respirer, oublier ses a priori, ouvrir la porte, oublier ses a priori, questionner, oublier ses a priori, examiner, oublier ses a priori, faire la synthèse, oublier ses a priori….

J’ai traité assez cavalièrement une nième plainte qui s’est avérée, en définitive, justifiée. En fait, je n’y croyais pas, et suis allé voir tardivement le patient avec lequel j’ai été  assez désagréable.

C’est tout juste si je ne l’ai pas applaudi bruyamment pour son interprétation magistrale de la scène finale du troisième acte. Braaaavo!

Bon, il n’y a pas eu de conséquences, car j’ai été assez méthodique pour ne pas négliger de demander un bilan biologique qui a révélé le problème.

Le lendemain, je suis allé à Canossa, en fait dans sa chambre, avec une volonté flageolante de m’excuser.

Finalement, je ne l’ai pas fait.

Il faut dire aussi qu’il ne semblait n’avoir aucun souvenir de l’épisode de la veille.

La maladie a du bon, parfois.

La Wally

Petite réminiscence de « Diva« , un air de l’opéra « La Wally » de Alfredo Catalani.

Allaitement, grossesse et médicaments

Une femme enceinte ou allaitante, c’est toujours difficile à traiter.

Le Vidal ou la BCB permettent au moindre doute de vérifier les précautions d’emploi ou les contre-indications, mais il me manquait une base de données fiable et ordonnée afin d’avoir une vision plus globale des choses.

Grâce à une lectrice, que j’embrasserais volontiers si elle était devant moi, depuis ce matin, j’en connais une: Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) qui est tenue par une équipe de l’hôpital Trousseau.

Plusieurs modes de recherche permettent d’obtenir rapidement l’information voulue, et il existe même des pages synthétiques en fonction des pathologies, comme ici pour l’hypertension artérielle.

Bref, le rêve…

Le sel beuuuurrrrkkkk!

Bon, le message est simpliste, mais il a le mérite d’être court.

Je dois présenter un petit diaporama au public potentiel qui se présentera à la journée portes ouvertes de la clinique où je travaille.

Comme je suis en phase maniaque en ce moment, je l’ai fait dans la foulée de l’autre, et vous pourrez le consulter ici.

La diapo 12 comportera un film publicitaire bien connu pour le jambon cité dans lequel joue une mignonne petite fille. Je compte exploiter sans vergogne la réaction outragée de la foule que ne manquera pas de susciter l’information glaçante qui suit: si elle mange les 4 tranches du paquet de 120g elle va se prendre 4.56 g de sel dans la tête.

(alors que ce jambon est 25% moins salé que les autres, justement pour les enfants)

A vos fourches!

J’ai vidé les placards de la cuisine et une partie du frigo pour lire avec fébrilité la composition en sel de tout ce qui me tombait sous la main en marmonnant le chiffre magique « 2.54 ».

Bref, un grand fou, malgré la tranquille et belle journée de dimanche.

Ce soir, il y a de la soupe au pistou hyposodée faite maison .

Miamm!