Nous avons de nouveau pris en charge un de nos « vieux » patients, un insuffisant cardiaque totalement en bout de course. En fait, il n’est que dans sa soixantaine, mais nous le connaissons depuis des années
Il est en bas débit cardiaque quasi ambulatoire (je ne pensais pas que ce soit possible) et chute très régulièrement depuis quelques semaines. A la dernière, il s’est cassé des côtes. Sa famille est exténuée.
L’implantation d’un défibrillateur avec resynchronisation il y a une dizaine de mois a prolongé sa vie, mais à quel prix. A l’époque j’avais poussé à la roue. Une magnifique victoire à la Pyrrhus.
Il nous tutoie et nous appelle par nos prénoms. En fait, on se fait la bise quand il n’est pas trop en bas débit et qu’il nous reconnait.
Il est donc revenu, peut-être pour la dernière fois, mais nous nous le disons à chaque fois.
Mon ami de toujours (co-interne, co-assistant, collègue…) et moi ne pouvons que constater avec tristesse sa déchéance.
Hier il souffrait à cause de ses côtes.
Que lui mettre comme antalgique quand on a plus de cœur, plus beaucoup de rein, plus beaucoup de foie?
On n’a qu’à le morphiner, dis-je.
Mon ami me regarde vivement. Non, quand même!
Mais non, en tout bien tout honneur!
Sourires tristes.
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La loi Léonetti expliquée.
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