Les affaires reprennent.

Retour aux affaires ce matin après 3 semaines de repos.

Ouff, c’est difficile de reprendre!

Car si j’ai déconnecté pendant tout ce temps, mes patients n’ont pas arrêté d’être malades pour autant.

Une de mes patientes s’est même faite césarisée en urgence, heureusement pas loin du terme. La maman et le petit garçon vont heureusement très bien.

Le reste est plus banal, mais j’ai encore un peu de mal à intégrer tout ce qu’ils me disent et à faire le lien avec ce qui est marqué sur leurs dossiers…

Demain ça ira mieux!


Transparence.

Dans la revue Prescrire du jour, se trouve une enquête intéressante sur le degré de transparence appliqué par l’EMEA, l’agence européenne du médicament.

Prescrire demande régulièrement l’accès aux données, notamment pharmacologiques, que possède l’EMEA, données sur lesquelles se base cette agence pour délivrer l’AMM européenne des médicaments évalués.

En général, l’agence répond de très mauvaise grâce, souvent après plusieurs relances.

Prescrire a mis en ligne le document d’évaluation concernant le rimonabant que l’EMEA a bien voulu lui transmettre.

Ce document est consultable ici.

C’est un véritable foutage de gueule technocratique, puisque seulement 2 pages sur 68 ne sont pas censurées.

L’agence se retranche derrière la notion de secret industriel…

Finalement, il est difficile de savoir ce que l’EMEA a pour but de défendre: les intérêts commerciaux des firmes ou la santé publique des citoyens européens.

Une partie du dossier que consacre Prescrire à ce problème d’opacité est disponible librement ici.

Dans le même numéro, la revue revient aussi brièvement sur l’opacité qui règne au niveau des déclarations des liens d’intérêts des experts de l’HAS et des médecins qui s’expriment dans les médias.

Médecine virtuelle.

Cet article du WSJ parle du développement de la « e-médecine », c’est à dire de la consultation via messagerie électronique ou via un portail internet plus ou moins sophistiqué.

Pour l’instant, cela se passe aux EU.

Tout le monde semble y trouver son compte.

Le patient, qui évite de perdre du temps à aller chez le médecin, ce qui permet aussi de dimunuer sensiblement le délai d’attente pour obtenir la consultation. Par ailleurs, les honoraires demandés pour ces « e-consultations » sont bien moindres, ce qui n’est pas négligeable en temps de crise. Au passage, vous remarquerez qu’une fraction d’honoraires aux EU correspond au total chez nous 😉 .

Le médecin, qui peut en théorie augmenter son débit de consultation, et qui bénéficie d’une logistique « tout numérique » qui permet de diminuer les coûts de fonctionnement de son cabinet.

Et enfin, les assurances privées, qui n’ont donc à rembourser qu’un fraction des honoraires habituels.

En fait, tout le monde y trouve en effet son compte d’un point de vue comptable.

Mais est-ce bon pour la santé?

Ce sytème est parfaitement pervers car il nie purement et simplement ce qui est pourtant la base de notre métier. Base qui est pourtant déjà largement sous évaluée par la tarification de l’assurance publique au détriment des actes techniques, je veux parler de l’examen clinique et dans une large part l’interrogatoire.

L’idée de soigner quelqu’un via un message électronique me semble totalement aberrante: pas d’examen clinique possible, contre-interrogatoire difficile, aucune proximité entre le médecin et son patient…

Pour moi ce n’est tout simplement pas de la médecine.

Je ne suis pas contre les outils d’aide aux soins comme le dossier électronique et la prescription numérique (je rêve de pouvoir envoyer à la pharmacie des ordonnances numérisées que le patient ne pourra pas perdre, ni en oublier le renouvellement), mais notre métier, en tout cas dans le cas des cliniciens est fondamentalement analogique.

Mais comme ça fait faire des économies et que tout le monde semble s’en accomoder, cet ersatz de médecine devrait débarquer chez nous dans quelques années sous la bienveillante pression de ceux qui veulent limiter les dépenses de santé.

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Presque aucun rapport avec ce qui précède.

Le WSJ n’est pas en accès totalement libre, contrairement au NYT et au journal Le Monde (sous réserve que l’article ne passe pas dans les archives). Par contre, il l’est pour ceux qui ont téléchargé l’application WSJ pour iPhone. Non seulement vous pouvez lire l’article sur votre mobile, mais vous pouvez l’envoyer par messagerie électronique à quelqu’un, qui pourra le lire en entier sur son ordinateur. C’est ce que j’ai fait pour cet article et celui sur Steve Jobs.

Boooouuuuh!

Un coronarographiste vient de se prendre 10 ans de prison pour avoir réalisé des actes diagnostiques et thérapeutiques non justifiés, et perçu indumment de l’argent de l’assurance maladie.

Pas de panique, ça s’est passé en Louisiane!

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Michael O’Riordan. Cardiologist gets 10 years for performing unnecessary interventions. theheart.org. [HeartWire > Murmurs]; Jun 26, 2009. Accessed at http://www.theheart.org/article/982403.do on Jun 27, 2009