Similitudes

Un article du NYT s’intéresse au devenir de milliers de médecins cubains venus chercher la liberté aux EU. Ces médecins, issus d’une école à l’excellente réputation, à tort ou à raison, je ne sais pas, occupent maintenant des emplois de médecins, d’IDE, ou ont carrément changé de voie.

En France, aussi, le système de santé a besoin de cette main d’oeuvre pour faire tourner cliniques ou hôpitaux. Ayez la curiosité de demander, et vous constaterez que certaines de vos infirmières sont des médecins.

Cela ne va pas sans difficultés ni sans abnégation. Un infirmier avec qui je travail était médecin généraliste à Madagascar. Après plusieurs échecs pour obtenir une équivalence de son diplôme, il a encore échoué plusieurs fois avant d’obtenir son diplôme d’IDE.

Mais est-ce que cela ne vaut pas mieux que d’être un FFI parfois méprisé, souvent taillable et corvéable à merci, notamment pour remplir les trous du tableau de garde ? Une note du tout jeune « Blog d’un aide soignant » y a d’ailleurs fait récemment allusion.

Je ne parle même pas de « l’autre côté », c’est à dire du point de vue des pays qui ont formé des médecins qui, dès que l’occasion se présente, vont rester travailler en occident à l’issue d’un stage


°0°0°0°0°0°0°0°0°0°0°


Doctors in Cuba Start Over in the U.S. The New York Time. By Mirta Ojito. Published: August 4, 2009.

Engagez-vous!

Vous avez toujours rêvé de devenir chirurgien cardiaque?

Voici par où commencer:

Et qui sait, vous laisserez peut-être votre nom à une intervention, vous ferez la une de Time Magazine comme Michael (Debakey, pas Jackson!), voire, summum inespéré d’une carrière, on donnera votre patronyme à un acteur de « Plus belle la vie »!

Photobucket(28 mai 1965)

(Via Healthbolt)

Le mieux et le bien.

C’est compliqué, la médecine.

Imaginez un patient d’une soixantaine d’années qui ne se plaint de rien ou presque.

Pourtant il est porteur d’une cardiopathie congénitale complexe.

Je ne sais plus comment, mais il voit un confrère cardiologue, qui est dubitatif sur la prise en charge.

Ce dernier me téléphone pour savoir si j’ai une idée; pas mieux.

Il appelle le CHU pour avoir l’avis des cardiopédiatres et des chirurgiens.

Finalement, une intervention est décidée collégialement, et le patient l’accepte; pas de gaîté de coeur, vous pouvez bien vous en douter.

En post-opératoire, le résultat obtenu n’est pas parfait, et je crains qu’il ne faille y retourner. Le patient est effondré.

Fallait-il vraiment le faire opérer?

J’ai fait un peu de bibliographie aujourd’hui, mais je n’ai trouvé aucun article très concluant.

La rareté de ce cas rend impossible toute analyse fiable de données, la plupart des articles publiés reportent des cas cliniques ou de petites séries de patients symptomatiques, ce qui change tout, car lui, il ne se plaignait de rien.

Quelquefois, on ne sait pas.

Spontanément, ma nature m’aurait poussé à une surveillance armée, mais je ne suis pas du tout certain que cette attitude soit la meilleure.

Quelquefois, on ne sait pas.

Même en se renseignant, on n’obtient que des avis, et non des données confortables sur lesquelles s’appuyer.

Quelquefois, on ne sait pas.

Mais on ne peut pas passer son tour, car le patient est devant soi, et ne rien faire est déjà prendre une décision. Une complication cardiaque est si vite arrivée.

Quelquefois, on ne sait pas.

Ce cas clinique est spectaculaire, car rare, et c’est de la cardiopédiatrie, spécialité très mystérieuse pour nous, les cardiologues pour adultes. Mais en fait, je ne sais pas presque tous les jours, pour de petites ou de grandes choses.

  • Est-ce que ce patient va tolérer ce médicament?
  • Faut-il le faire opérer?
  • Faut-il dépister une coronaropathie chez ce patient très âgé ou physiologiquement usé?
  • Faut-il lui dire ce que je crois savoir sur son espérance de vie?

Heureusement qu’il y a les amis (ou les connaissances) qui peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Parfois, aussi, ce sont les patients qui décident lorsqu’on leur confie nos doutes.

Mais, in fine, on est toujours seul devant son choix et devant sa conscience.

Le monde à l’envers (2)

Résultat de la coronarographie de ce patient: lésion complexe et très serrée de l’interventriculaire antérieure proximale qui est donc sub-occluse.

Pontage rapide à prévoir.