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Terrible histoire que celle qui vient d’arriver à cette femme de 65 ans.

Je n’en avais pas parlé à l’époque, mais le NEJM a publié le 14 janvier dernier un article qui recensait une liste de points importants à contrôler avant chaque intervention.

Cette liste, dont les items paraissent pourtant « évidents » a permis de faire passer la mortalité de 1.5% à 0.8% et la morbidité de 11% à 7%.

L’article est en consultation gratuite.


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Haynes AB, et coll. A Surgical Safety Checklist to Reduce Morbidity and Mortality in a Global Population. N Engl J Med 2009;360:491-9.

Ka-Ching

Belle chanson, superbe chanteuse, et paroles prophétiques (album Up! sorti en … 2002), que demander de plus ?

En tout cas bien plus qu’une analyse économique assommante faite par des experts nettement moins attirants, et surtout dont les prévisions sont déjà fausses quand ils les font.

Le clip « officiel » qui se déroule dans un palace sud-américain (?) abandonné est encore plus évocateur, mais je préfère nettement cette version sur scène.


We live in a greedy little world–
that teaches every little boy and girl
To earn as much as they can possibly–
then turn around and
Spend it foolishly
We’ve created us a credit card mess
We spend the money that we don’t possess
Our religion is to go and blow it all
So it’s shoppin’ every Sunday at the mall

All we ever want is more
A lot more than we had before
So take me to the nearest store

[Chorus:]

Can you hear it ring
It makes you wanna sing
It’s such a beautiful thing–Ka-ching!
Lots of diamond rings
The happiness it brings
You’ll live like a king
With lots of money and things

When you’re broke go and get a loan
Take out another mortgage on your home
Consolidate so you can afford
To go and spend some more when
you get bored

All we ever want is more
A lot more than we had before
So take me to the nearest store

[Repeat Chorus]

Let’s swing
Dig deeper in your pocket
Oh, yeah, ha
Come on I know you’ve got it
Dig deeper in your wallet
Oh

All we ever want is more
A lot more than we had before
So take me to the nearest store

[Repeat Chorus]

Can you hear it ring
It makes you wanna sing
You’ll live like a king
With lots of money and things
Ka-ching!

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Ka-Ching!

Robert John « Mutt » Lange,
Shania Twain


ETO 3D

Le Circulation du jour me parait être alléchant avec une très belle iconographie, un article de synthèse sur les prothèses valvulaires, et un éditorial sur l’étude des sous-groupes qui me parait être saignant.

Comme je viens à peine de petit-déjeuner, je n’ai pas eu le temps de tout lire et analyser.

Je voulais quand même vous faire voir cette fabuleuse image, une ETO en 3D d’une prothèse mécanique mitrale en place (une 2 ailettes, une valve ATS).

Image du haut en systole, valve fermée, image du bas en diastole, valve ouverte. Les petites excroissances le long de l’anneau (en fait une tore en dacron qui permet de fixer la valve sur l’anneau mitral fibreux du patient) sont les points du chirurgien!


Photobucket

Rallidis, L. S. et al. Circulation 2009;119:e206-e208

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble une valve ATS, qui est très similaire à une St Jude:


Photobucket

Et ici, un peu plus d’informations.

L’enterrement

Récemment, je suis allé à l’enterrement d’un notable de la région

Comme ma mère qui le connaissait bien ne pouvait pas s’y rendre, je l’ai donc « représentée » à l’église, accompagné de ma grand-mère.

Je regrette la messe, bien trop longue à mon goût, mais pas la représentation sociale à laquelle j’ai assisté.

L’arrivée de la famille derrière le cercueil a donné le ton.

Dans un ordre inconscient de préséance sont apparus la veuve, les enfants et les petits-enfants, tous très dignes et racés, puis une petite dame boulotte trottinant, mal fagotée dans des vêtement noirs dépareillés. Mais c’était aussi la seule qui sanglotait.

J’ai appris plus tard qu’il s’agissait de la « dame de maison ».

Les dix premières rangées sont clairement « fourrures et bijoux » pour les dames, avec notamment de très beaux visons et « agneau retourné et cravate » pour les messieurs

Puis, en se rapprochant de la porte, on passe progressivement aux textiles naturels puis aux vestes indifférenciées en polyester.

Au fil des décennies, les travées du fond viennent se substituer à celles de devant, sauf la première, la plus égalitaire, celle réservée à la famille. De la noblesse de l’Ancien Régime, il ne reste devant le plus souvent qu’un représentant âgé, voire deux. En général, ils suivent assidument la messe et la vie de la Paroisse. Ça les occupe, et ainsi, ils ne voient pas le monde qui avance.  En fait d’ascenseur social, j’imaginais dans cette église plutôt un tapis roulant social avec un mouvement lent mais inéluctable qui dépose les familles au pied du maître-autel, avant de les déverser de nouveau à côté de la porte. Combien de temps les occupants de la dernière rangée vont mettre pour arriver aux premières et passer du polyester au vison, et vice-versa ? Surtout vice-versa.

Bien entendu, comme pour tout enterrement d’un  homme notable qui se respecte, il y avait la dame seule, « inconnue », très-trop-maquillée, habillée très-trop- « porno chic ». En tout cas bien trop pour son âge ovarien.

J’ai demandé à ma grand-mère si c’était « la » maitresse. Elle ne le savait pas, mais ne la « connaissait » pas non plus, ce qui nous a fait conserver une lueur d’intérêt et de schadenfreude.

Finalement, il s’est avéré que cette dame faisait partie de la belle famille du défunt. Peut-être a-t’elle assisté à deux enterrements dans la foulée ? D’un autre côté, en général, la femme seule et « inconnue » se place dans un coin discret, à l’abri des regards accusateurs de la famille, le plus souvent derrière un pilier, et non pas dans les premiers rangs comme ici.

Les élégies ne m’ont pas paru trop élégiaques, justement.

J’ai eu la nette impression qu’au moins une comportait bien plus d’allusions et de sous-entendus sur certains défauts du défunt que n’en aurait souhaité en dire l’auteur en pleine église. Peut-être justement qu’ils ont un peu trop fait les 400 coups ensemble. J’en ai frémi pour la veuve.

Mais en discutant ensuite avec une très ancienne amie de la famille (la mienne et celle du défunt), je me suis rendu compte que, peut-être, c’est le texte lu par la veuve qui a été le plus lourd de sous-entendus. En effet, bien que notable, et ayant eu une digne profession (héritée de son père, qui la tenait lui-même de son  propre père), notre défunt avait la réputation de ne pas avoir inventé l’eau froide. Encore un coup du « syndrome du Guépard »? Quoiqu’il en soit, cela aurait bien entendu désespéré durant des décennies son épouse, bien plus fine et intelligente que lui. Je ne peux pas juger, les connaissant finalement très peu, et je suspecte beaucoup de mauvaise foi et d’intérêts contradictoires non dits chez mon interlocutrice. Cependant, cet éclairage aurait l’intérêt de donner une tout autre connotation à un texte bien banal, bien qu’émouvant pour celui qui ne sait pas.

Au moment de la communion, j’ai poussé ma grand-mère dans la file, pour pouvoir laisser passer les gens à ma gauche qui ont consciencieusement ânonné l’ensemble de la messe. En revenant, ma grand-mère, bientôt 85 ans, m’a confié qu’elle trouvait que les hosties étaient énormes à notre époque, et qu’elle avait eu du mal à l’avaler.Je suspecte probablement un peu d’hyposialie surajoutée…

Le prêtre a 84 ans, je crois. C’est lui qui a marié mes parents et m’a baptisé. Pourtant, faute de vocations, c’est toujours lui qui œuvre. Il est perclus de rhumatismes et se déplace douloureusement. Pourtant il dit encore bien la messe. Il a quand même failli lâcher le goupillon lors de la bénédiction du défunt. La famille et un employé des pompes funèbres ont fait de concert des mouvements brusques pour éviter une chute du goupillon à terre, qui heureusement ne s’est pas produite. L’image aurait été déplorable. Je crois bien qu’il va devoir pré-enregistrer sa propre messe d’enterrement.

Condoléances à la main, à l’ancienne, selon les vœux du défunt, puis nous avons vite regagné nos pénates sous un vent glacial fort peu engageant pour une seconde mi-temps au cimetière, afin de faire un compte-rendu détaillé à ma mère.

Nous n’avons rien raté du spectacle, nous en faisions partie, bien assis au septième rang.