Je vous parle d’un temps…

…que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître!

(hors rediffusion, bien sûr)

Première diffusion en septembre 1986 sur FR3, précise un site qui semble bien au courant.

A l’époque j’avais 14 ans, et je me souviens encore particulièrement bien du générique…

(Pour les fans 😉 , les génériques originaux de la première saison et de la deuxième. Dommage qu’on n’ait pas eu cette dernière version à l’époque!)

Dr House

Je n’ai toujours pas regardé une image de cette série, mais j’ai encore fait « mon Dr House », comme disent les infirmières.

Je vois un patient accompagné de son épouse pour un « deuxième avis » sur une histoire d’anévrysme de l’aorte initiale associée à une valvulopathie aortique congénitale.

Ils m’emmènent les résultats d’un angio-scanner et d’une échographie cardiaque faits par des gens très compétents.

Ils me demandent de refaire l’échographie, car il y avait une discordance de quelques mm entre les deux examens et de dire ce que je pensais de l’indication opératoire. En effet, l’échographie donnait des chiffres plus proches du seuil à partir duquel il faut opérer.

Je leur ai expliqué l’inutilité de refaire l’échographie et surtout, que ces fameux quelques mm de différence ne pouvaient que différer l’intervention de quelques mois, mais que celle-ci était inéluctable, de toute façon. Je leur ai aussi expliqué que l’accroissement du risque de rupture (ou de dissection) avec le temps et la taille de l’anévrysme allait bientôt rendre ce risque lié à l’histoire naturelle de la maladie supérieur au risque opératoire. Je leur ai aussi expliqué que l’intervention était usuelle, et le chirurgien choisi par la consœur, très bien.

C’est difficile de faire comprendre cette notion de balance entre les risques encourus du fait de la maladie et ceux dus à la thérapeutique.

Parce que évidemment, le patient ne voit que ce dernier pourcentage. C’est humain, donc difficile de concevoir le problème « autrement ».

Finalement, ils me « tannent » tellement que j’accepte de faire cette échographie.

Première résurgence du Dr House: « D’accord, d’accord, je vais vous faire cet examen, je ne vais pas non plus cracher sur 95.16 €!« .

Pas la grande classe, mais « nature peinture »…

Je crois que j’en étais alors arrivé au stade où ces gens pourtant très gentils mais dont la conscience des données du problème est partiellement obscurcie par une formidable trouille de la chirurgie, m’ont littéralement usé. La science n’est finalement que de peu d’utilité devant la peur.

Ils continuaient à s’accrocher à leurs mm comme aux branchess d’un arbre (aortique): 46 mm, 49 mm, 46 mm, 49 mm.

Mais qu’importe!

Et ça repartait: chiffres, confiance, chiffres, confiance…

Finalement, on a un peu avançé, mais sans moi, car j’en avais un peu assez.

Le monsieur a posé alors la question qui tue: « Et ces valves [on en était arrivé là], ça tient bien le coup?« .

Le Dr House est alors sorti en trombe: « Non! Au bout de 1 jour elles pètent, et tous les gens meurrent, mais on continue quand même à en poser!« 

Petit silence, puis le monsieur a réalisé que sa question était peut-être un peu idiote, et il a rigolé.

Moi aussi, puis j’ai réalisé que ma réponse n’était peut-être pas beaucoup moins idiote que sa question…

Après, je me suis réinvesti dans la conversation et y ai mis toute l’empathie dont je suis capable en cette fin de journée.

Je crois qu’ils sont partis plutôt satisfaits de la consultation (je ne suis peut-être pas trop objectif, imbibé par la culpabilité), en tout cas, ils sont remontés à bloc pour aller voir le chirurgien. Et ça, ce n’était pas gagné au début…

Je vais quand même peut-être essayer de me faire désenvouter…

Street Anatomy

Street Anatomy est un superbe blog qui, comme son nom l’indique, s’intéresse à l’anatomie quand elle quitte nos livres médicaux, et qu’elle déferle dans les arts graphiques, l’Art, la publicité, en un mot la rue.

Les auteurs de ce blog collectent donc avec amour toutes les images anatomiques « hors contexte ».

J’en ai sélectionnées trois pour vous mettre l’eau à la bouche:


Largo al factotum

« Magical Maestro« . 1952.


Un cartoon de qualité ! En tout cas un de mes préférés.

L’air est le fameux « largo al factotum » du « Barbier de Séville » de Rossini.

On y trouve même une petite allusion à la médecine. En fait plutôt à la chirurgie, car les barbiers étaient aussi chirurgiens si la nécessité s’en faisait sentir.

« Rasori e pettini,
Lancette e forbici,
Al mio comando
Tutto qui sta. »

« Rasoirs et peignes,
Lancettes et ciseaux,
A mon commandement,
Tout est là. »


« Qua la parrucca…
Presto la barba…
Qua la sanguigna…
Presto il biglietto… »

« Là, la perruque…
Vite, la barbe…
Là, la saignée…
Vite, le billet… »

(Le reste des paroles de cet air est disponible ici).

Amusez-vous à remplacer dans cet extrait du livret « barbier », par « chirurgien » et le résultat obtenu est assez drôle et finalement pas tellement éloigné de certaines caricatures, plus contemporaines!

Ici, vous trouverez une version un peu plus « orthodoxe ».

Et ici, une autre interprétation du « Barbier de Séville » par Bugs Bunny.