Epidémique

Ça m’a toujours paru curieux de parler d’épidémie dans le domaine cardiovasculaire, alors que j’imagine très bien qu’un agent pathogène puisse « sauter » d’un individu à l’autre.

Pourtant, des chiffres récents (1999-2006) qui proviennent des États-Unis, ce qui signifie qu’ils sont potentiellement notre futur, sont très impressionnants.

45.1% de la population générale aurait au moins un facteur de risque cardiovasculaire (diabète, hypertension ou dyslipidémie). Parmi ces 45.1%, 28.9% ont 1 facteur de risque, 13.4% 2 et 2.8% 3:

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On se fait un fast food?

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Michael O’Riordan. Almost half of US adults have diabetes, hypertension, or hypercholesterolemia. theheart.org. [Clinical Conditions > Lipid/Metabolic > Lipid/Metabolic]; Apr 28, 2010. Accessed at http://www.theheart.org/article/1071639.do on May 3, 2010.

Hypertension, High Serum Total Cholesterol, and Diabetes: Racial and Ethnic Prevalence Differences in U.S. Adults, 1999–2006. NCHS Data Brief. No. 36. April 2010

My name is Mouloud

Il s’appelle Mouloud (en fait non, mais pour cette note, ce sera Mouloud) et il est arrivé en France en 1964, soit 8 ans avant moi.

Il sort d’une grande structure après un accident coronarien.

Avant d’aller le voir, je lis le courrier.

Le diagnostic d’accident coronarien a été difficile à cause d’un interrogatoire difficile et d’une symptomatologie atypique. Heureusement qu’une troponine à 11 a permis de vite trancher et de ne pas perdre de temps.

Dans les antécédents du patients, on note une gastrectomie sub-totale pour ulcère à la fin des années 70.

La suite du courrier est inquiétante: le patient décrit une dysphagie mixte solides/liquides depuis des mois ce qui motive une consultation gastro-entérologique.

J’imagine la suite, fibroscopie haute puis cancer gastrique sur l’anastomose puis, je vous laisse imaginer la suite.

Je vais voir le Monsieur.

Il n’a pas l’air cachectique.

Je lui demande de me décrire de nouveau cette dysphagie.

Ben ti vois, Misieu, dipuis l’accident, j’ai mal là quand ji mange. Et il me montre sa gorge.

Je repose la question différemment en appuyant mes questions avec des gestes de la main, langage assez universel et en simplifiant ma syntaxe au maximum.

Même réponse.

Ah?

Nouvelle formulation de la même question, même réponse. Il me dit alors qu’il a expliqué aux médecins qu’il ne pouvait pas beaucoup manger à chaque fois, ce qui est compréhensible étant donné ce qui lui reste d’estomac.

Il n’ont pas compris.

Ça en a tout l’air…

Bon, bah, il y a quand même une grande chance pour qu’au pire ce soit une petite irritation oro-pharyngée qui évolue depuis son admission pour son syndrome coronarien, il y a moins de 10 jours. Des pastilles au miel c’est mieux qu’une radiothérapie ou une gastrostomie palliatives, non?

Comme je suis un peu obsessionnel, je demande un coup de main à une aide-soignante d’origine tunisienne. Elle repose ma question en arabe. Il répond en truffant ses phrases de termes français (j’arrive presque à comprendre, c’est dire). L’aide-soignante sourit et on se dit qu’il doit plus souvent parler français qu’arabe.

Sa réponse est toujours la même.

Makach ouelou, tout va bien.

Je vais quand même garder la consultation gastro étant donné l’antécédent de gastrectomie et préciser dans le courrier cette histoire de douleur oro-pharyngée, histoire qu’il ne se prenne quand même pas une fibroscopie pour rien.

Bah, ti vois, ci pas bon di parler franci avec un p’ti accent, parci y a des toubibs, et ben y ti comprennent pas bien.

Ce qui est curieux dans cette histoire est que ce monsieur était parfaitement compréhensible.

Dans certain cas, l’interrogatoire est quasi impossible, même avec la meilleure volonté du monde.

On arrive toujours à trouver des bonnes âmes qui font la traduction parmi le personnel ou au pire parmi les autres patients (tant pis pour la confidentialité, on aura zéro à la certification, mais on saura de quoi souffre le patient!). Pas de souci pour le kabyle, c’est un peu plus difficile pour l’arabe (avec la difficulté supplémentaire d’une langue parlée qui n’est pas homogène).

Pour les autres, Arméniens d’Arménie (qui souvent ne parlent pas le même arménien que les nôtres), ressortissants d’Europe de l’est, Tchétchènes (il y en a beaucoup moins qu’à une certaine époque), Roms… les choses sont toujours beaucoup plus compliquées…

Comme  ma consultation hospitalière est adossée à une consultation PASS, je transpire souvent.

Quand on sait qu’un interrogatoire bien conduit fait souvent 60% du diagnostic, on mesure l’ampleur de la difficulté pour essayer de faire son métier et rendre service.

Thesorimed Mobile

Juste une information en passant, j’ai découvert sur le compte Delicious de Gaétan (vous ne bloguez plus au CISMeF ?) que Thesorimed Mobile, une troisième application exploitant la base de données officielle sur les médicaments était disponible sur iPhone.

J’avais parlé de Vidal iPhone et BCB iPhone ici.

Je n’ai pas essayé Thesorimed, car je ne vais pas acheter chaque application médicale pour vous en faire un compte-rendu!

Je suis un peu étonné du poids de l’application : 168Mo contre 38.4 Mo pour Vidal et 5.6 Mo pour la BCB. Que l’application du Vidal fasse environ 7 fois la taille de la BCB est normal puisque Vidal embarque sur iPhone l’intégralité des notices, alors que la BCB ne reprend qu’un résumé (l’intégralité étant disponible en ligne).

Le Thesorimed semble intégrer une rubrique biologie et biométrie, ce qui explique probablement cet embonpoint.

Le prix d’achat est de 14.99€, et comprend un abonnement pour une année. Malheureusement, le coût additionnel pour les années suivantes n’est pas précisé.

Pour l’instant, et sous réserve d’informations additionnelles, cela en fait donc largement la solution la plus économique en comparaison de la BCB et du Vidal (72 € par an pour la BCB (-50% pour les étudiants) et 29.90€ par an pour le Vidal (en ce moment, offre de lancement à -50%).

Par contre, toujours pas d’analyse d’ordonnance…

Si certains d’entre-vous l’ont essayé, qu’ils n’hésitent pas à laisser un petit commentaire.

Une nouvelle voie d’administration de la TNT

A début, j’ai simplement re-twitté une histoire particulièrement folklorique d’un effet secondaire connu des patchs de TNT, mais dans ce cas sexuellement transmissible, mais je la trouve assez bonne pour vous la raconter ici.

Pour résumer, l’intégralité de cette histoire est ici, une femme, une soixantaine d’années, arrive dans un hôpital américain en hypotension profonde au décours d’un rapport sexuel. Les réanimateurs ne trouvaient pas d’étiologie évidente quand son époux a donné la solution du problème. Depuis des années, impuissant et interdit d’inhibiteurs de la PDE-5, il suivait le conseil de son cardiologue, a priori avec succès, de se coller un de ses patchs de TNT sur le kiki avant chaque rapport.

Là, le problème, c’est que le patch est resté in situ, et avec l’hypervascularisation, l’hyperhémie, le frottement, pour peu qu’il s’agisse d’un patch avec une forte posologie, on imagine sans peine que la dose de trinitrine passée dans le sang de son épouse soit en effet importante et explique le collapsus.

(Si vous avez des soucis et que vous êtes sous pach de TNT, n’allez surtout pas faire un truc pareil après avoir lu cette note!)

Autre cas clinique rapporté je ne vous dirais pas d’où, l’histoire d’un patch de nicotine passé d’une poitrine à l’autre dans les mêmes conditions torrides et qui a provoqué nervosisme, palpitations… chez une non fumeuse.