Pour une poignée de liens de plus…

En tirant l’extrémité d’une pelote découverte gràce à la série « Connecté » de Martin Vidberg, je suis tombé sur quelques perles.

D’abord deux blogs BD: « Bulleblog » et « Pour quelques moutons de plus« .

Et ensuite un autre artiste, Hubert de Lartigue, qui tient un site et un blog. J’étais déjà passé chez lui il y a très longtemps en suivant un lien menant à ce tutoriel mythique expliquant comment fabriquer un Millenium Falcon avec quatre tickets de métro (jamais essayé). Mais hier, j’ai découvert ses magnifiques femmes. L’hyper-réalisme, on aime ou pas, c’est vrai. Moi j’aime beaucoup.

Je vous conseille notamment de jeter un coup d’oeil aux autres tutoriaux proposés, qui montrent pas à pas la naissance d’une toile.

Le syndrome de l’accent étranger.

Ça doit énerver.

Vous parlez une langue avec un accent parfait, parce que c’est votre langue maternelle, et du jour au lendemain, vous vous retrouvez avec un accent indéfinissable, mais indiscutablement étranger!

Pourtant cette maladie curieuse existe, comme l’atteste ce site universitaire qui lui est dédié, et cette vidéo d’ABC.

(Plein d’autres maladies étranges ici).

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Listening to Patients With Foreign Accent Syndrome.

Jacob Goldstein

The WSJ Health Blog

December 30, 2008.


Juste en passant…

Deux articles intéressants dans la presse étasunienne.

Le premier, dans le NYT parle de la pharmacogénétique, décidément bien en vogue en ce moment (j’en avais parlé ici).

Le second pointe l’échec du programme encourageant l’abstinence sexuelle avant le mariage aux EU. Non seulement 82% des serments d’abstinence sont rompus au bout de 5 ans, mais en plus les jeunes qui prêtent ces serments sont moins enclins à utiliser le préservatif.

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Un anneau de chasteté (j’aime bien la forme…).

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Patient’s DNA May Be Signal to Tailor Medication.

By Andrew Pollack

The New York Times

December 30, 2008

Premarital Abstinence Pledges Ineffective, Study Finds.

By Rob Stein

The Washington Post

Monday, December 29, 2008; Page A02


bœuf 2.0

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Quiconque veut parler du phénomène « web 2.0 », que ce soit pour l’encenser ou pour prédire sa fin prochaine (ou passée) cite le bouquin de James Surowiecki, « La sagesse des foules » (Editions Jean-Claude Lattès), en anglais « The Wisdom of Crowds ».

Je ne vais pas revenir sur le concept qui ne m’intéresse pas plus que cela, mais sur un des exemples de cette sagesse des foules, cité par Surowiecki. L’idée générale est qu’une connaissance ou qu’une décision apportée par un groupe d’individus « lambda », c’est à dire non éduqués, sera toujours meilleure que celle fournie par un seul individu « éduqué », c’est à dire un « expert ».

L’anecdote a été publiée le 7 mars 1907, sous le titre « Vox Populi » dans le très prestigieux magazine Nature, par le non moins prestigieux Francis Galton. Ce dernier a assisté à Plymouth à une foire paysanne, et notamment à un concours au cours duquel il fallait deviner le poids de viande préparée à partir d’un bœuf présenté vivant aux compétiteurs. Le carton coutait 6 pennies, et chaque participant devait y inscrire son nom et le poids qu’il pensait être le plus juste.

Huit cent personnes ont participé à ce concours, Galton a analysé 787 cartons, 13 étants non exploitables.

La médiane des propositions était de 1207 lbs (environ 547 kg), alors que la réponse était 1198 lbs. Soit une erreur tout à fait acceptable. Pourquoi la médiane, et non la moyenne ? Tout simplement car Galton pensait que la médiane était plus « démocratique ». Mais en définitive, dans cet exemple précis, la moyenne des propositions était encore plus proche de la réalité puisque Galton la donne dans une réponse à un commentaire le 28 mars 1907: 1197 lbs (soit une différence de 1 lb, soit environ 450 g)!

Un dénommé FH Perry-Coste pointe tout de même un biais que l’on va retrouver cent ans plus tard dans cette belle notion de sagesse des foules appliquée au web 2.0: la foule qui estime le poids « utile » de l’animal, comme la foule qui va « faire » le web 2.0, que l’on oppose l’une et l’autre à l’opinion des « experts » est en fait composée en partie d’experts! Toute la question repose sur la proportion d’experts au sein de cette foule.

Mais on aura beau dire, malgré leur démocratisation galopante, l’accès aux technologies de la toile filtre déjà une grande partie de la population générale. Par ailleurs, l’accès aux connaissances qu’a cette sous-population est tellement facile, une fois le premier filtre passé, qu’il devient alors difficile de parler de « foule non éduquée ». Je ne crois pas que le nombre fasse la qualité, mais plutôt l’accès aux connaissances d’une population de plus en plus importante. Après, il reste l’épineux problème du tri de la masse d’informations sur la toile, mais cela est une autre histoire…


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Galton F. Vox populi. Nature 75, 450 – 451 (07 Mar 1907)

Galton F. The Ballot-Box. Nature 75, 509 – 509 (28 Mar 1907)

« La Toile change de version et passe au 2.0 » par Philppe Eveillard. (cet article remarquable fait partie d’une série non moins remarquable de textes collectés et parfois écrits par Dominique Dupagne: « Médecine 2.0« )

Les crimes du Dr. Watson.

J’ai reçu ce bouquin pour Noël (merci Laetitia):

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Ce livre vous plonge dans l’atmosphère victorienne, puisqu’il relate une énigme policière arrivée au fameux Dr. Watson, inséparable compagnon de Sherlock Holmes. Mais comme Holmes est à ce moment présumé mort, après une chute dans la cascade de Reichenbach, c’est à vous de résoudre cette énigme, afin de sortir le bon Docteur du fond de sa geôle d’où on l’a jeté pour un crime qu’il n’a pas commis.

Le livre comporte des indices qui vous conduiront à la solution: manchette de journal, billet de théâtre, carte postale…

Vous y trouverez aussi une courte aventure de Sherlock Holmes, écrite par Arthur Conan Doyle lui-même (Le problème final, 1893).

De quoi vous creuser les méninges pendant un bon moment.

Les holmésiens ont plutôt fait bon accueil à ce livre, et en font une critique intéressante.

Conan Doyle était médecin (comme quoi, le dicton « La Médecine mène à tout, à condition d’en sortir » se vérifie encore une fois) et c’est sa rencontre avec un très brillant clinicien, le Dr Joseph Bell (de la même famille que le Bell de la paralysie), qui lui a inspiré le personnage de Holmes. Le Dr Bell avait l’habitude d’étonner ses élèves par des capacités de déduction peu ordinaires qu’il exerçait sur ses patients.

Pour en savoir un peu plus sur le Dr Bell, vous pourrez consulter cet article de Wikipedia.

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Les crimes du Dr. Watson: une énigme Sherlock Holmes interactive

Duane Swierczynski

Editions Tornade

Lyon virtuel

Google Earth est depuis sa création un logiciel à couper le souffle. La modélisation en 3D des bâtiments n’est probablement l’application la plus sophistiquée en terme d’intégration d’informations issues de plusieurs sources (les fameux « mashups »), mais celle que je trouve la plus spectaculaire.

Petite ballade dans le ciel  d’un Lyon virtuel…

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La place Bellecour, avec la statue équestre de Louis XIV, et en arrière plan la basilique de Fourvière. L’ancien Palais de Justice et ses 24 colonnes, normalement non visible de ce point de vue l’est ici car les bâtiments imposants bordant la place n’ont pas été numérisés. Les plus observateurs pourront remarquer une autre omission, et une anomalie, lesquelles?

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Le quartier de Saint-Jean, avec une camionnette blanche garée à l’angle de la rue St-Jean/rue du Palais de Justice.

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L’opéra de Lyon.

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La place du change, la Loge du change (devenu un temple protestant) et la  rue de la Loge.

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Vue aérienne avec une vue partielle de l’ancien Palais de Justice en bas et à gauche.

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Pas de modélisation en 3D, mais mon endroit favori, le jardin du Palais des Beaux-Arts.

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Le « crayon » du quartier de la Part-Dieu à côté de l’auditorium en forme de coquille Saint-Jacques.

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Pour aller beaucoup plus loin, un superbe site de photos, dédié à Lyon.

La Webcam du Grand Lyon, située tout en haut du crayon, et que vous pourrez manoeuvrer vous-même!

Zone

C’est un roman que j’aurais pu aimer, un roman qui raconte le voyage en train d’un homme qui se rend à Rome pour monnayer une mystérieuse valise pleine des massacres du XXème siècle, on apprend au fil du roman que cet homme n’en a pas été que le spectateur, c’est bien écrit, mais la fin du récit en queue de radis, de même que quelques incohérences et zones d’ombre qui ne gagnent rien à y rester gâchent un peu le plaisir que j’ai quand même pris à lire cet écheveau de la folie ordinaire des hommes, normalement, si vous lisez ces lignes avec un minimum d’attention, vous devez vous demander pourquoi je ne termine pas cette phrase interminable, et bien tout simplement parce qu’à l’exception de deux chapitres, qui sont d’ailleurs des extraits d’un roman que lit le narrateur au cours de son voyage ferroviaire, ce récit est totalement dénué de points; ceci déstabilise un peu au début, et on cherche son souffle, ou plutôt par une course en avant, on cherche désespérément à récupérer l’équilibre d’une lecture, rompu par un trébuchement initial, ce procédé, bien qu’assez artificiel rend bien compte de la fuite en avant du narrateur, poursuivi par les milliers de fantômes des milliers de massacres qu’il a collecté fiévreusement dans sa mallette au fil de ses années d’errances dans la « zone », c’est à dire le Bassin Méditerranéen, puis finalement, on s’habitue et on est presque choqué d’être interrompu grossièrement par un point au cours du premier chapitre du livre du héros, enfin, second procédé un peu artificiel, ce roman reprend la découpe en XXIV chants de l’Iliade et pour bien nous faire comprendre qu’il y fait allusion, l’auteur use et abuse d’épithètes homériques tels que « dompteurs de cavale », « nefs noires », « paroles ailées » entre autres, Homère peut continuer à errer en paix dans les Champs Elysées, il ne risque pas de se faire voler la première place par cette Illiade ferroviaire, maintenant, si vous n’avez ni envie de vomir, ni le tournis, ni mal à la tête après la lecture de cette note, vous pouvez éventuellement acquérir « Zone » de Mathias Enard aux éditions Actes Sud (517 pages moins deux chapitres, sans point, c’est quand même une apnée un peu longue, je recommande donc quand même une visite chez son cardiologue le plus proche afin d’évaluer si vous serez capable de la tenir), promis, la prochaine fois j’écris une note sans point et sans e et sans a, mieux que Pérec et Enard réunis!